Bientôt une autonomie stratégique dans l'industrie pharmaceutique. L'Algérie leader continental incontestable

L’Algérie a franchi des étapes décisives dans le domaine du renforcement de la production pharmaceutique. Cette performance lui a valu la reconnaissance de l’OMS pour qui l’Algérie est un pôle régional important de médicaments pour l’approvisionnement du continent africain outre son rôle garantissant l’autonomie de production nationale afin de satisfaire ses besoins. Autant dire que la production pharmaceutique algérienne a connu un saut qualitatif ces dernières années, la facture d’importation de médicaments ayant passé de 1,25 milliard de dollars en 2022, à 718 millions de dollars en 2023 puis à 515 millions de dollars en 2024 sachant que cette régression devait se poursuivre également pour 2025. Peut-on alors évoquer d’ores et déjà une autonomie stratégique de l’industrie pharmaceutique ? Tout porte à le croire au regard de plusieurs indicateurs au vert du secteur pharmaceutique en Algérie. D’abord la hausse de production puis la satisfaction du marché local en produits pharmaceutiques en passant par la sérialisation et la numérisation globale de l’industrie pharmaceutique jusqu’à la concurrence de produits médicaments de laboratoires étrangers, l’Algérie est incontestablement devenue un leader continental avec déjà un taux de couverture des besoins nationaux de 83 % et bravant la filière des exportations, l’Algérie s’impose comme un acteur régional et continental d’importance. Avec une politique d’exportation dont la valeur avait doublé soit passant de 6,12 millions de dollars en 2023 à 23,15 millions de dollars en 2024 ce qui signifie une croissance de 300% ? L'Algérie a clairement défini ses objectifs et ses perspectives de production d’avenir. Pourquoi ne pas approvisionner les marchés européen ou américain ? Entre production locale d’insuline et lutte contre le cancer, le pays franchit des étapes décisives vers une autonomie stratégique. Invitée ce dimanche de l’émission «Invité de la matinale» sur la Chaîne 1 de la Radio nationale, le Dr. Khadija Bouguerra, chargée de la gestion de la qualité au sein de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), a dressé un bilan plus que positif. Selon elle, le pays a réalisé un «saut qualitatif» majeur ces dernières années. L’Algérie compte aujourd’hui 233 unités de production et usines pharmaceutiques. Et ce n’est pas tout. Ce parc industriel est appelé à s’agrandir avec 100 nouveaux projets actuellement en cours de réalisation. À lui seul, ce tissu industriel représente désormais un tiers des usines de médicaments sur l’ensemble du continent africain. L’infrastructure nationale dispose de plus de 780 lignes de production couvrant diverses classes thérapeutiques, y compris des traitements complexes. Le Dr Bouguerra a mis en avant deux réussites majeures : L’Algérie est l’unique pays d’Afrique et du monde arabe à produire des stylos d’insuline à 100% localement et sur les 200 médicaments anticancéreux répertoriés dans la nomenclature nationale, 54 sont déjà fabriqués sur le sol algérien. L’avenir du secteur s’articule autour de l’innovation. Outre la création d’emplois attendue, les nouvelles licences concernent des médicaments innovants. Parmi les chantiers phares, on note la création d’un centre de recherche biologique dédié à la production de vaccins, un partenariat stratégique avec le groupe Saidal dans le domaine de la thérapie cellulaire. Que signifie le niveau de Maturité 3 (ML3) de l’OMS ? Sur le plan réglementaire, l’Algérie vise le «niveau de maturité 3» de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Des experts de l’organisation sont actuellement en visite sur le terrain pour évaluer le système de régulation national, lequel repose sur quatre piliers : le ministère de la Santé, le ministère de l’Industrie pharmaceutique, l’ANPP et le Centre national de pharmacovigilance. Après une auto-évaluation en juin dernier, l’Algérie a déjà mis en œuvre plus de 78 % des recommandations de l’OMS portant sur l’enregistrement, l’inspection et les essais cliniques. L’obtention de cette certification internationale constituera un levier majeur pour stabiliser le marché national et surtout, booster les opportunités d’exportation et de partenariats internationaux.


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