Modernisation de la ligne ferroviaire et achèvement de la pénétrante autoroutière à Béjaia. Deux projets structurants qui avancent en parallèle

Dans la wilaya de Béjaïa, deux chantiers majeurs du secteur des transports progressent désormais de manière simultanée. Il s’agit de la modernisation de la ligne ferroviaire reliant Béjaïa à Beni Mansour et l’achèvement progressif de la pénétrante autoroutière à l’autoroute Est-Ouest. Deux infrastructures complémentaires appelées à redessiner durablement les flux de circulation des voyageurs et des marchandises. Le projet ferroviaire, long de 87 kilomètres, vise le dédoublement et la modernisation complète de la voie. Relancé après une période de gel budgétaire, il s’inscrit dans une logique de renforcement de la capacité logistique du port notamment dans la perspective de l’exploitation du gisement de zinc et de plomb d’Amizour. Le rail devra assurer l’acheminement régulier du minerai, tout en améliorant l’offre de transport pour les usagers. Afin de lever les obstacles qui avaient freiné l’avancement du chantier, le tracé a été révisé pour limiter les expropriations, particulièrement dans les communes d’Akbou, Sidi Aïch et El Kseur. Les travaux avancent à mesure que les emprises sont libérées, avec le déplacement des réseaux de Sonelgaz et la mobilisation des équipes de Cosider. À terme, la ligne comptera 13 nouvelles gares et deux tunnels, dont l’un à Semaoun. Des trains, circulant jusqu’à 160 km/h, devraient placer Béjaïa à moins de deux heures d’Alger. Parallèlement, la pénétrante autoroutière de 100 kilomètres poursuit son déploiement. Réalisée par le groupement CRCC et SAPTA, cette infrastructure en deux fois trois voies comprend un tunnel bitube à Sidi Aïch, plusieurs viaducs et des échangeurs stratégiques. À ce jour, 89 kilomètres sont déjà mis en service. La livraison annoncée du tronçon PK16–PK11 permettra une jonction avec la RN12 via l’échangeur d’Oued Ghir, contribuant au désengorgement de l’entrée de la ville et à l’amélioration de l’accès au port. Les travaux se concentrent désormais entre Oued Ghir et Tala Hamza, segment techniquement complexe en raison des contraintes du relief et de la proximité de l’oued Soummam. L’échangeur de Tala Hamza jouera un rôle déterminant dans la desserte de la zone industrielle et du futur projet minier tandis qu’un autre échangeur, situé à l’entrée du port, permettra de dévier le trafic lourd hors du centre urbain. En avançant en parallèle, ces deux projets traduisent une volonté de coordination des infrastructures de transport. Rail modernisé et axe autoroutier renforcé forment ainsi les deux piliers d’une stratégie visant à fluidifier les déplacements, soutenir l’activité économique et consolider la place de Béjaïa comme pôle logistique majeur du nord du pays.


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