Sidi Bel Abbès. Une odyssée spirituelle et solidaire pour le Ramadhan

Orchestré par la Direction des Affaires Religieuses et des Wakfs, la cité de la Mekerra s’apprête à vivre un mois de Ramadhan placé sous le signe de l’excellence liturgique et de la cohésion sociale. Entre érudition coranique et impératifs éthiques, le programme de cette année dessine les contours d’une piété résolument inclusive. Loin d’être une simple succession de rites, le programme décliné par la direction des affaires religieuses locales s’articule autour d’une architecture intellectuelle rigoureuse. Le Directeur du secteur a ainsi dévoilé une stratégie multidimensionnelle visant à réinvestir l’espace public par le savoir. Conférences thématiques, séminaires de réflexion et joutes oratoires radiophoniques ne constituent que la partie émergée d’un dispositif ancré dans la transmission du patrimoine sacré. L’accent mis sur la mémorisation des Hadiths et des «Quarante Nawawi» témoigne d'une volonté de dépasser la simple psalmodie pour toucher à l’essence de l’éthique prophétique. Il s’agit de cultiver, chez le fidèle, une conscience aiguë des textes, liant le dogme à la pratique quotidienne. La véritable singularité de cette édition réside dans sa dimension humaniste. Le concours « Ne sois pas inconscient et apprends un Hizb», qui entre dans sa cinquième année, transcende le cadre individuel pour s’inviter au foyer des familles, transformant chaque maison en une cellule d’apprentissage. Plus remarquable encore est la pérennisation de l'ouverture aux franges les plus vulnérables de la société. Après le succès de l’initiative en faveur des sourds-muets à la mosquée Chouhada, le champ des compétitions s'élargit cette année aux enfants aux besoins spécifiques issus d'établissements spécialisés. Cette démarche ne se contente pas d’intégrer, elle réhabilite la dignité spirituelle de chaque citoyen, indépendamment de ses facultés physiques. Le partenariat avec la radio locale confère à ce programme une résonance particulière.
Le concours du meilleur" ADANE" muezzin, dont le lauréat aura le privilège de porter l'appel à la prière sur les ondes pendant une année, illustre cette volonté de célébrer l'esthétique de la foi. Parallèlement, la diffusion de trente leçons quotidiennes et l'usage des réseaux sociaux par le Conseil Scientifique permettent de porter un discours de régulation sociale. En s'attaquant de front aux déviances contemporaines telles que la spéculation, l’inflation injustifiée et le gaspillage alimentaire, l’institution religieuse assume son rôle de boussole morale, rappelant que le jeûne est indissociable d'une gestion éthique des ressources.
Enfin, la métaphysique rejoint la praxis à travers l'action de l'association Souboul El Khayrate. Avec plus de 3 100 familles bénéficiaires de la caisse de la Zakat, Sidi Bel Abbès s'impose comme un modèle de gestion caritative, se classant en tête des wilayas de sa cohorte. Entre la distribution de 2 500 colis alimentaires et l'ouverture des restaurants de la Rahma, la solidarité ne se donne pas seulement à voir, elle s’organise avec une précision chirurgicale pour qu'aucun citoyen ne soit laissé à la marge de la table commune. Le mois sacré du Ramadhan 2026 à Sidi Bel Abbès s'annonce comme une synthèse réussie entre la rigueur de l'apprentissage et la chaleur de l'entraide, réaffirmant le rôle de la mosquée et de ses institutions annexes comme vecteurs de progrès social et d'élévation spirituelle.


ads