Pourquoi l’Afrique ne siège pas au Conseil de sécurité de l’ONU? Guterres juge en effet «inacceptable» l’absence de sièges africains dans cette prestigieuse organisation internationale. «C’est inadmissible», révèle-t-il ouvertement. Cependant, l’Afrique a dit son mot au dernier Sommet de l’UA. Le continent plaide, officiellement, en faveur de la reconnaissance de l’esclavage, de la déportation et du colonialisme comme «crimes contre l’humanité». L’appel à la reconnaissance officielle et unanime des crimes coloniaux est une action sérieuse pour leur inscription dans le registre de la criminalisation internationale.
L’Algérie a déployé, depuis des années, des démarches en vue de contraindre les ex-puissances coloniales dont la France, à reconnaître leurs crimes commis sur des territoires souverains occupés, du fait que la colonisation de ces pays a plutôt conduit aux désastres humanitaires. Le continent africain serait, à ce titre, l’une des régions du monde qui a subi le plus d’atrocités coloniales entre esclavage, tueries, disparitions, mutilations, spoliations de richesses, essais nucléaires, disparitions, crimes, atteintes et destructions des symboles identitaires culturels ou religieux, imposition de langues et de cultes étrangers… Les contentieux sont visiblement lourds. Poursuivant jusqu’à ce jour leurs auteurs et leurs instigateurs, ces crimes sont désormais la hantise des pays coloniaux concernés. Seulement voilà, pour arriver à reconnaître officiellement de tels crimes, il faut préalablement entreprendre une démarche commune collective pour pouvoir l’inscrire devant les instances internationales pénales habilitées ou de compétences requises. Le Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA), tenu à Addis-Abeba les 14 et 15 février, a adopté, dimanche, une résolution qualifiant l'esclavage, la déportation et le colonialisme de crimes contre l'humanité et de génocides contre les peuples d'Afrique et a salué les efforts de l'Algérie en la matière. L’Algérie demeure un exemple concret des actions pénales et diplomatiques engagées en faveur de la cause juste des pays africains opprimés par le colonialisme. Et, elle ne cesse de le faire concernant la Palestine et le Sahara occidental. Lors de la deuxième et dernière journée de sa 39e session ordinaire, l'UA a décidé que ses Etats membres œuvreraient ensemble, dans un esprit de solidarité et de manière collective, en faveur de la reconnaissance de ces crimes en tant que tels au niveau international, tout en décidant de maintenir cette question sous observation. La résolution salue les progrès accomplis par les Etats membres et la Commission de l'UA, dans la mise en œuvre de la décision 934, notamment l'organisation par l'Algérie de la Conférence internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique qui s'est tenue à Alger les 30 novembre et 1er décembre 2025. Le projet de résolution qualifiant l'esclavage, la déportation et le colonialisme de crimes contre l'humanité et de génocide contre les peuples d'Afrique, a été présenté par la République du Togo. Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Antonio Guterres, a dans ce contexte jugé, samedi, «inadmissible» l'absence de l'Afrique au Conseil de sécurité, appelant à y remédier. Dans son allocution à l'ouverture des travaux de la 39e session ordinaire du Sommet de l'Union africaine (UA), M. Guterres a indiqué qu'il est «inadmissible» que l'Afrique ne dispose pas de sièges permanents au Conseil de sécurité, soulignant que «l'Afrique doit siéger et participer à toutes les résolutions liées au continent». Ces priorités s'inscrivent dans le «Pacte pour l'avenir», élaboré par les dirigeants africains, a-t-il précisé, mettant en avant ses trois axes principaux, à savoir la paix, l'action économique et le climat. Concernant l'instauration de la paix dans la région, M. Guterres a mis l'accent sur la nécessité d'un engagement à cesser immédiatement les hostilités au Soudan, à soutenir le dialogue politique au Soudan du Sud et à respecter le cessez-le-feu et l'intégrité territoriale en République démocratique du Congo. Il a également souligné la nécessité de consolider les acquis politiques et sécuritaires en République centrafricaine, de promouvoir le processus politique en Libye avec l'appui de l'ONU, de mettre fin à la violence en Afrique de l'Ouest et au Sahel, et d'assurer un financement pérenne à la Mission de soutien et de stabilisation de l'UA en Somalie (AUSSOM). Le Secrétaire général a, par ailleurs, indiqué que l'Union africaine constitue un exemple de pluralisme, soulignant que le partenariat entre l'ONU et l'UA, depuis le début de son mandat, repose sur le respect, le dialogue et la solidarité. Il a précisé que la coopération entre les deux organisations a atteint de nouveaux horizons au cours de la dernière décennie avec l'adoption de cadres communs relatifs à la paix, à la sécurité, au développement durable et aux Droits de l'Homme et l'établissement de nouveaux partenariats.
L'UA adopte une résolution sur l'esclavage, la déportation et le colonialisme. Des crimes contre l'humanité
- par B. Habib
- Le 15 Février 2026
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