Explosions nucléaires françaises en Algérie. Crime infâme contre l'humanité

Un crime qui revient comme une litanie et tache d’huile nuisant encore aux relations entre les deux pays et à la mémoire collective et un lourd contentieux que la France a du mal à reconnaître à mots couverts tellement sa responsabilité est aujourd’hui chose avérée. L’histoire de l’humanité retient qu’il s’agit-là de la plus atroce et la plus macabre œuvre coloniale de tous les temps perpétrée en Algérie. Un lourd fardeau sur la conscience des français qui peinent toujours à en admettre les conséquences. A l’heure où l'Algérie intensifie ses efforts de dépollution et de décontamination des sites touchés par les essais nucléaires français de Reggane et In Iker au grand Sahara, la question cruciale de la reconnaissance et de responsabilisation de la France au regard des conséquences désastreuses sur la population et l’environnement reviennent une nouvelle fois sur la scène dénotant ainsi de l’horrible héritage colonial dont a été victime l’Algérie durant 132 ans d’occupation. Pas seulement, ces explosions s’ajoutent aux archives, aux Mines anti personnelles coloniales, aux richesses dilapidées, aux crimes et violences commis, aux disparitions et déportations, spoliations… autant de contentieux qu’il va falloir défricher et rafraîchir la mémoire de la France coloniale quant à sa lourde implication dans ce qui est arrivé en Algérie pendant sa colonisation barbare et abjecte. L’Algérie a commémoré vendredi 13 février, le 66e anniversaire des explosions nucléaires françaises en Algérie. Des actes constituant un crime contre l'humanité imprescriptible qui demeure une plaie béante dans la mémoire collective de l'Etat français. L’ampleur de la tragédie liée à l’impact de telles explosions qui ont eu lieu en Algérie sur des sites habités non protégés et utilisant des «cobayes» humains, reflète le caractère absurde et criminel de la France coloniale qui se revendique aujourd’hui comme pays de civilisation, des droits humains et de démocratie. Le peuple algérien a commémoré ces explosions en signe d'hommage et de fidélité à la mémoire des victimes fauchées par la première explosion nucléaire à Reggane (wilaya d'Adrar), le 13 février 1960. Une commémoration qui intervient dans un contexte politique marqué par de vives tensions entre l’Algérie et la France. Il est vrai que l'Algérie poursuit sa marche sur la voie du progrès et aspire à une plus grande prospérité, sans pour autant faire marche arrière ou faire des concessions sur le dossier choc de la mémoire collective pour que ce dossier ne soit pas sujet à l'oubli et au déni, comme l'a fermement souligné, à maintes reprises, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. Remémorant les images choquantes et dévastatrices des explosions dont l’impact a été indélébile et flagrant sur la population de Reggane suite au lancement de l’opération baptisée "Gerboise bleue", les Algériens remettent également au-devant de la scène, la série d'explosions atomiques (près de 57 explosions nucléaires), au moment où la France s'entête à nier ses crimes, refusant obstinément de fournir les données techniques, les plans et les documents d'archives relatifs aux sites d'enfouissement des déchets radioactifs. Face à cet entêtement arbitraire, l'Algérie réaffirme sa détermination à inscrire la consolidation de la mémoire nationale dans un dispositif juridique et ancrée dans la conscience collective de la Nation. Une loi criminalisant le colonialisme français en Algérie a, ainsi, été promulguée. Elle constitue un "droit historique non sujet à l'oubli ni à la renonciation". Le texte de loi portant criminalisation du colonialisme français en Algérie demeure un choix national clair et assumé, porté par le président de la République. M Tebboune a en effet hissé la mémoire au rang de "question souveraine non négociable". Dans cette même perspective, des juristes et des experts poursuivent leurs efforts de documentation pour réunir les preuves et les témoignages attestant que les essais nucléaires dans le sud algérien ont affecté une large population civile, contrairement aux allégations françaises. Si la voie judiciaire et militante s'annonce longue, incluant les actions en justice intentées contre l'Etat français dans ce dossier, elle n'en constitue pas moins une pression effective contraignant progressivement la France à reconnaître ses crimes et ses actes. Quand bien même la France tarderait à reconnaître sa responsabilité historique, juridique et morale face aux crimes barbares qu'elle a commis contre le peuple algérien durant des décennies, elle ne parviendra jamais à effacer les stigmates de son forfait. L'histoire retiendra que la France, en quête d’accession au rang des puissances nucléaires mondiales, n'a pas hésité à commettre en Algérie des crimes abjects contre l'humanité, disséminant sur son passage une contamination radioactive massive issue de ces explosions, dont les populations locales subissent encore les graves séquelles, dont des cancers, malformations congénitales et génétiques, ainsi que des troubles endocriniens ayant entraîné une propagation de la stérilité dans la région. Ces conséquences étaient à la mesure de la bombe larguée à Reggane, dont la puissance atteignait 70 mille tonnes, un chiffre effroyable excédant le cumul des essais nucléaires alors réalisés par les Etats dotés de l'arme atomique. Il est certain que la commémoration de cette douloureuse mémoire par le peuple algérien constituera la pierre angulaire faisant échouer les manœuvres françaises visant à occulter l'histoire de ses crimes en Algérie. Et quand bien même la France n'aurait toujours pas divulgué les archives et le dossier complet qu'elle retient sur les essais nucléaires au sud algérien, permettant d'évaluer l'ampleur des dommages et d'y remédier, l'histoire transmettra aux générations futures l'horreur et les atrocités qu'elle a perpétrées contre l'homme et la nature, constituant un crime dans toute sa définition juridique, imprescriptible.


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