Sidi Bel Abbès. Le Marché de Solidarité comme Rempart contre l’Inflation

Au cœur du quartier Sakia Hamra, l’ancien centre commercial Assil s’est mué, ce lundi, en un épicentre de régulation socio-économique. L’ouverture de ce souk de solidarité, sous l’égide des autorités de la wilaya, marque le coup d’envoi d’une stratégie de proximité visant à sanctuariser le pouvoir d’achat des citoyens face aux velléités spéculatives du mois de Ramadhan. L’initiative ne se limite pas à une simple foire commerciale; elle incarne une volonté de court-circuiter les réseaux d'intermédiation excessifs. En mobilisant 70 opérateurs allant des géants publics tels qu’Agrodiv, Giplait Tessala, Oravio et le CCLS, jusqu’aux coopératives agricoles et grossistes privés, la direction du Commerce instaure un modèle de «circuit court» à grande échelle. La Directrice du secteur l’a souligné avec clarté "l’objectif est d'offrir des produits de large consommation (semoule, huiles, viandes rouges d'importation, produits laitiers) à des prix de gros". Il s'agit d'une réponse structurelle à la cherté de la vie, permettant aux ménages, et plus particulièrement aux bourses moyennes, d'aborder la période pascale avec une sérénité budgétaire retrouvée. Loin d’être un événement isolé, ce marché s’inscrit dans un maillage territorial dense. Avec 18 marchés de proximité et une multitude de points de vente disséminés à travers les communes de la wilaya (notamment grâce au déploiement massif d’Agrodiv et de Giplait), l’administration s'engage sur la voie de la pérennité de l’offre. Le premier responsable de l’exécutif, Kamel Hadji, lors de sa visite inaugurale, a d'ailleurs insisté sur une exigence capitale "la fluidité de l’approvisionnement". L’enjeu n’est pas seulement l’ouverture, mais la lutte contre les ruptures de stocks, garantissant ainsi une disponibilité constante des denrées essentielles durant les trente jours de jeûne. L’édition 2026 de ce souk se distingue également par sa dimension pédagogique. En parallèle de l’activité marchande, le chef de l’exécutif a lancé une campagne de sensibilisation pluridisciplinaire. Impliquant les secteurs de la santé, des affaires religieuses et de l'environnement, cette initiative vise à promouvoir la rationalisation des dépenses pour contrer la frénésie acheteuse, la lutte contre le gaspillage alimentaire, fléau paradoxal de ce mois de piété et le respect rigoureux des normes d’hygiène et de conservation. Pour sécuriser cette architecture de solidarité, la direction du commerce a déployé 62 brigades de contrôle. Ces vigies ont pour mission de veiller à l’orthodoxie des prix et à la salubrité des produits, assurant que la solidarité ne se fasse jamais au détriment de la santé publique ou de l'équité commerciale. Alors que les allées de l’ex-Assil grouillent déjà d’une foule en quête de justes prix, Sidi Bel Abbès démontre que la régulation du marché repose sur un équilibre subtil entre interventionnisme étatique, engagement des opérateurs économiques et civisme du consommateur.


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