Par la voix du ministre Noureddine Ouadah, l’exécutif réaffirme sa volonté de briser le plafond de verre entre l’académie et l'industrie. Lors de la rencontre régionale «Algeria Disrupt», la mutation du savoir en actif stratégique s'est imposée comme le nouveau paradigme de la croissance nationale. Le jeudi après-midi à l’université «Djilali Liabès» de Sidi Bel-Abbès, la rencontre n'était pas qu'une simple formalité protocolaire. En inaugurant la conférence «Algeria Disrupt»,un programme national et une série de conférences de haut niveau lancée par le gouvernement algérien pour dynamiser l'écosystème des startups et de l'innovation dans le pays visant à transformer l'économie algérienne en s'appuyant sur la connaissance et la technologie, le ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, a acté une rupture épistémologique majeure, l’université n’étant plus seulement le sanctuaire de la transmission encyclopédique, elle devient le creuset de la valeur ajoutée technologique. En présence du premier responsable de l’exécutif: Kamel Hadji, du P/APW, du recteur de l'université: le professeur Merahi Bouziani et devant un parterre d’universitaires, de décideurs et de néo-entrepreneurs, issus de huit wilayas de l’Ouest, le message était clair, l’innovation n’est plus une option de prestige mais le moteur d’une souveraineté économique en pleine reconfiguration. Le discours du représentant du gouvernement a mis en exergue la transition d'un écosystème d'émergence vers un écosystème de maturation. L’annonce phare de l’année 2026 réside dans l’introduction du label «Scale-Up» (entreprise accélérée). Si le «Label Start-up» validait jusqu'ici l'idée et le potentiel, le «Scale-Up» vient couronner la capacité de passage à l'échelle industrielle et l'exportabilité du modèle. Cette architecture incitative s'appuie sur un triptyque institutionnel robuste, à savoir la reconnaissance symbolique à travers l’institution du prix du Président de la République pour la meilleure start-up, le levier fiscal par l'activation des dispositions de la loi de finances, transformant la pression fiscale en un moteur d'investissement et la dématérialisation par une simplification drastique des procédures administratives pour libérer l'énergie créatrice du carcan bureaucratique. Les chiffres avancés par Chamseddine Bamoussat, directeur des start-up au Centre d’appui du ministère, témoignent d’une dynamique quantifiable. Avec 1.100 labels Start-up et 3.250 labels de projets innovants enregistrés entre 2020 et fin 2025, la masse critique est désormais atteinte. L’objectif pour l’exercice 2026 est ambitieux : identifier et propulser entre 15 et 20 entreprises au rang de «Scale-Up». Ce passage de la quantité à la qualité témoigne d'une volonté de voir émerger des champions nationaux capables de peser sur le PIB. L’événement s’est conclu par une immersion concrète dans la réalité du terrain. Les ateliers thématiques sur le financement et l'incubation ont permis une confrontation fertile entre l’ingéniosité des jeunes porteurs de projets et le pragmatisme des gestionnaires de fonds. En visitant l’exposition dédiée aux start-up et auto-entrepreneurs, le ministre Ouadah a pu observer la traduction matérielle de cette politique : des solutions innovantes qui, au-delà de la théorie, répondent déjà aux défis industriels et sociaux de l'Algérie de demain. À Sidi Bel-Abbès, la ville de l'électronique par excellence, l'avenir semble avoir trouvé son ancrage, celui d'une économie où l'intelligence est la première des matières.
L’Université algérienne au cœur de la catharsis économique. Le Plaidoyer de Sidi Bel-Abbès
- par Mohamed Nouar
- Le 13 Février 2026
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