Cantine scolaire. Des marchés publics mal structurés au détriment des élèves

Dans plusieurs établissements scolaires, la cantine n’a toujours pas repris depuis plus d’un mois et demi. Si l’administration invoque l’infructuosité des marchés publics, la persistance de cette situation révèle surtout une mauvaise organisation des procédures qui pénalisent directement les élèves et leurs familles. La cantine scolaire, pilier essentiel de l’action sociale de l’État, reste à l’arrêt dans de nombreuses écoles, relevant de certaines délégations communales.
Une situation qui dure et qui soulève de sérieuses interrogations quant à la gestion des marchés publics, liés à l’approvisionnement alimentaire des établissements scolaires. Selon les explications avancées par une source, les retards seraient dus à l’infructuosité des appels d’offres. Pourtant, sur le terrain, cette justification peine à convaincre. La méthode actuellement adoptée par la commission des marchés consiste à attribuer un lot distinct pour chaque produit: pain, légumes, fruits, desserts ou produits laitiers. Cette fragmentation excessive multiplie les procédures administratives et accroît considérablement le risque d’échec. En effet, il suffit qu’un seul lot soit déclaré infructueux pour que l’ensemble du fonctionnement de la cantine se retrouve bloqué. Cette situation entraîne des retards répétés et prive les élèves d’un service essentiel, sans qu’une solution rapide ne soit mise en œuvre. Pourtant, une alternative existe et mérite d’être sérieusement envisagée. De nombreux spécialistes estiment qu’il serait plus judicieux de regrouper plusieurs produits dans un même lot, comprenant par exemple le pain, les desserts, les fruits et légumes et les produits laitiers. Une telle approche permettrait de simplifier les démarches, de réduire le nombre d’appels d’offres et de limiter les cas d’infructuosité. Le regroupement des produits offrirait également une meilleure stabilité dans l’approvisionnement et éviterait que la cantine scolaire soit prise en otage par des dysfonctionnements administratifs. Il faciliterait en outre le suivi et le contrôle des prestations, tout en garantissant une continuité du service au bénéfice des élèves. Pendant ce temps, les conséquences sur les élèves et leurs familles sont bien réelles. Pour de nombreux enfants, notamment issus de milieux modestes, le repas de la cantine représente un apport nutritionnel indispensable. L’interruption prolongée de ce service accentue les difficultés sociales et met en lumière un manque d’anticipation dans la gestion d’un dossier pourtant prioritaire. La crise actuelle de la cantine scolaire ne peut être résolue sans une remise en question profonde des méthodes de travail de la commission des marchés. En repensant la structuration des lots et en optant pour le regroupement de plusieurs produits dans un seul marché, il serait possible d’éviter les blocages à répétition et d’assurer la continuité d’un service public fondamental. À défaut, les élèves continueront de subir les conséquences de choix administratifs inadaptés. Par ailleurs, on croit savoir qu’un avis d’appel d’offres a été lancé récemment et sera publié dans un quotidien national dans les prochains jours.


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