Contrôler le marché durant le mois sacré du Ramadhan qui arrive à grands pas, ce n’est autre qu’imposer une présence dissuasive des pouvoirs publics sur le terrain, voire une forte étreinte sur le marché national. Pourquoi? Parce que tout ce qui arrive sur le marché comme dépassements forcenés de la part de ces «opérateurs», serait exclusivement dû à une absence, parfois curieuse, autrefois mystérieuse et souvent complice des pouvoirs publics de la scène économique. Rien n’est inexplicable quand des réseaux de la spéculation et de l’économie parallèle, fortement implantés, au su et au vu de tout le monde, s’accaparent-ils injustement, des tenants et des aboutissants du marché … Cela se pratique à un inquiétant degré, où l’on aura -parfois- cette impression que ces barons de la spéculation ne seraient-ils pas peut-être plus forts que l’Etat lui-même. Et ce, en dépit de ses administrations républicaines modernes, ses services de sécurité et son corps de justice. Pour les barons de la spéculation et du marché -hors circuit officiel- dit marché parallèle, le Ramadhan est le mois «sacré» de la clémence, de l’indulgence, de la généricité et de la charité… Pour ces gens, ce mois, c’est l’occasion qui se présente à eux, une seule fois, dans l’année où l’on profite à volonté, en vue de réaliser des affaires juteuses. Et bien oui! C’est ça! …L’on n’a pas toujours dit et redit que: «Le malheur des uns fait le bonheur des autres». Faudrait-il, par la même occasion, rappeler que l’Etat ne saurait imposer sa volonté «constitutionnelle», alors que le terrain est dangereusement miné par la corruption, les passe-droits et tous genres de maux que l’on rencontre souvent, dans tous les niveaux, en amont et en aval, de l’administration algérienne. L’on pourrait dire franchement, que les pouvoirs publics, chez nous, seraient dépassés par ce qui se passe sur le tas… «La présence physique» de ces pouvoirs publics, par le truchement des services de contrôle et de la répression de la fraude, existe bel et bien. Toutefois, ce qui est affreusement absent, c’est bien, une présence effective et efficace dont l’on peut facilement y constater les résultats concrets. Chaque début de Ramadhan, les médias nous informent que la Direction du Commerce avait mobilisé une armada de contrôleurs des prix, de la fraude, de la qualité …et j’en passe. Cela serait plus ostentatoire qu’effectif et concret… Il faudrait plutôt s’attaquer, à la racine du mal, aux mastodontes qui font marcher le marché, selon les exigences de leurs gros intérêts, toujours inassouvis…



