«Le Centre hospitalier universitaire d’Oran, censé être un sanctuaire de soins et d’urgence, est aujourd’hui détourné de sa mission première. Transformé en parking anarchique, il voit ses accès saturés par des véhicules sans lien avec l’hôpital, au mépris des malades, des urgences et des ambulances". Le CHU d’Oran n’est plus un hôpital au sens noble du terme. Il est devenu, au fil des années, un vaste parking sauvage où se mêlent voitures de simples citoyens, de commerçants, de visiteurs sans lien avec les services hospitaliers, et parfois même de personnes venues simplement «se garer tranquille» avant d’aller régler leurs affaires ailleurs. Un détournement grave de la vocation d’un espace censé sauver des vies. Chaque jour, des dizaines de véhicules occupent anarchiquement les accès, les allées et les abords immédiats des services sensibles. Résultat : des ambulances bloquées, contraintes d’attendre ou de manœuvrer dans un chaos indigne d’un centre hospitalier universitaire. Des malades transférés dans l’urgence perdent de précieuses minutes, parfois vitales, pendant que des voitures stationnent sans droit ni raison. La question qui dérange mérite d’être posée sans détour: comment une telle situation peut-elle perdurer sans complicités? Comment expliquer que ce squat permanent ne soit jamais sérieusement endigué ? Y a-t-il un laisser-faire organisé, un réseau informel de privilèges, ou simplement une abdication totale de l’autorité et de la responsabilité ? Le CHU n’est pas un parking public, encore moins une extension du centre-ville pour automobilistes pressés. Il s’agit d’un établissement stratégique, où l’accès doit être strictement réservé aux urgences, aux patients et aux professionnels de santé en service. L’absence de contrôle, de barrières, de régulation claire pose un problème de gouvernance, mais surtout un problème moral. Quand une ambulance ne trouve pas de place, ce n’est pas un simple désordre urbain : c’est un échec collectif. Quand la voiture d’un citoyen ou d’un commerçant passe avant la vie d’un malade, c’est toute la hiérarchie des priorités qui est inversée. Le CHU d’Oran mérite mieux que ce désordre chronique. Il mérite une gestion ferme, des décisions courageuses et une tolérance zéro envers l’occupation illégitime de ses espaces. La santé publique ne peut être sacrifiée sur l’autel du confort automobile et du laisser-aller administratif. À défaut d’agir, les responsables devront assumer une vérité lourde: le silence et l’inaction peuvent, eux aussi, tuer.
CHU d’Oran. L'hôpital pris en otage par le stationnement anarchique
- par Youcef. Chaibi
- Le 02 Février 2026
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