Ségolène Royal plaide pour un dépassement des postures politiques. Timing compliqué pour une visite

Ségolène Royal a insisté lors de ce séjour marathonien à Alger, qui sera clôturé demain vendredi, sur la nécessité pour la France de restituer les archives et les biens culturels, considérant toutefois que la reconnaissance des violences coloniales par la France comme un droit. Selon elle, «la première étape que la France doit faire et qu'elle aurait dû faire depuis longtemps, c'est la restitution des biens culturels et des archives, entre autres, les effets de l'Emir Abdelkader et des autres personnalités algériennes, puis les restes de tous les martyrs conservés au Musée de l'Homme, à Paris, pour une inhumation dans la dignité, comme l'a dit le Président Abdelmadjid Tebboune», sans oublier les archives conservées à Aix-en-Provence en France, dont une partie a été numérisée et peut être rendue rapidement, ainsi que le canon algérien Baba Merzoug, situé à Brest». Elle est une figure de proue de l'échiquier politique français, ayant milité au sein du parti socialiste français et marqué l'écologie en tant que ministre de l'Environnement (1992-1993) puis de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie (2014-2017). Elle a notamment porté la Loi de transition énergétique en France de 2015. Ségolène Royal rencontrera aujourd'hui les jeunes créateurs de Start Up et porteurs de projets innovants au pôle technologique de la nouvelle ville de Sidi Abdellah à l'Ouest d'Alger. La France, selon Ségolène Royal, présidente de l'AFA «a une dette morale envers l'Algérie liée à l'histoire coloniale". La crise est profonde», dit-elle et "l'association France-Algérie est venue me chercher en connaissant ma liberté de parole et la solidité de mes convictions et prises de positions». En effet, Ségolène Royal, de par son parcours de politicienne avérée, a rencontré après son arrivée lundi soir à Alger, au siège de la Présidence de la République, le président Abdelmadjid Tebboune, mardi matin, pour plaider en faveur d'un apaisement des relations bilatérales entre nos deux pays suffisamment laminés ces derniers temps. Ce plaidoyer pour un retour à la normalisation des relations, selon la présidente de l'AFA, est axé essentiellement sur la vérité historique. Cette visite n'est pas fortuite puisqu'elle intervient après l'adoption par l'APN du projet de loi sur la criminalisation du colonialisme. Après l'échec du ballet des vas et vient incessants des officiels français pour apaiser les tensions entre les deux pays, Ségolène Royal maîtrise parfaitement le cheminement des relations bilatérales entre Alger et Paris. Elle est venue après les tirs croisés sur l'Algérie par l'extrême droite française pour une visite de 03 jours pour prôner un dialogue renforcé entre créateurs, étudiants et chercheurs pour bâtir un avenir commun. La présidente de l'Association France-Algérie propose un plan de sortie ou plutôt de secours pour désamorcer la crise entre l'Algérie et la France. Parmi ses propositions lues après sa sortie de la présidence, «bâtir des passerelles par le dialogue, libérer la vérité historique et engager des projets communs sur une base d'égalité". Sur le plan culturel, puisque reçue notamment par la ministre de la culture, Malika Bendouda, au siège de la Présidence, elle a visité des musées à Alger, notamment le Bastion 23 et Ali la Pointe, et prévoit de revenir pour des événements culturels. Elle a abordé plusieurs questions d'intérêt commun avec le président Tebboune notamment le dossier des essais nucléaires au Sahara. Cette rencontre avec le président Tebboune témoigne, selon elle, de sa volonté de dialogue, dès lors que le respect et la considération sont mutuels». «Je suis venue pour écouter et aborder deux domaines essentiels : l'innovation économique et la culture, pour construire ces perspectives communes, et elles sont nombreuses, comme j'ai pu le constater auprès des entrepreneurs qui m'ont fait part des immenses potentialités que représente le haut niveau de formation des travailleurs et cadres de ce pays, ainsi que de leur enthousiasme et de leur désir d'innover et de réussir», a-t-elle dit. Elle reste, néanmoins, convaincue qu'il faut reconstruire l'amitié entre l’Algérie et la France car «c'est un devoir envers les jeunes générations des deux rives de la Méditerranée, qui ne cherchent qu'à développer leurs projets ensemble.


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