Pétitions, polémiques, hypocrisie et faux débat en France. L'extrême droite s'attaque au «Halal»

Quel est le poids économique de Halal en France? Pourquoi tant de haine et de représailles propagandistes contre ce filon? Le marché économique Halal est dynamique et est en progression constante en France. Il génère en moyenne un chiffre d’affaires annuel, estimé entre 5,5 et 6 milliards d’euros. En 2024 déjà, les ventes de produits Halal en distribution ont augmenté franchement de 12 %, soit nettement supérieur à l’ensemble des segments des secteurs agroalimentaires de quoi, en fait, faire mouche chez les économistes français et faire brandir à la fois la menace de l’expansion du marché Halal en 2026. À l’approche du Ramadhan, l’extrême droite, connue par ses hostilités quand il s’agit de parts de marché en France, reconquis par la communauté de l’immigration particulièrement algérienne, tente de tirer les ficelles dès lors que la question du Halal commence à susciter à nouveau de sérieux remous. Les poseurs de communiqués dans les face book dont des vétérinaires, se posant l’absurde question de savoir pourquoi le Halal n’existe seulement qu’en France et en Europe et pas en Algérie ou dans les pays musulmans, les bouchers d’immigrés craignent ainsi la probabilité de faire l’objet de mesures ou de restrictions à la liberté de leur activité. Les tirs de flèche à répétition, nourris de polémiques de certains cercles politiques mais aussi d’acteurs économiques contre la progression notable du filon Halal, cachent mal les desseins inavoués de l’extrême droite afin de porter un coup de revers à l’immigration algérienne. Un acte indélébile de plus qui s’inscrit dans la propagande anti Algérie, véhiculée sans cesse par ce parti raciste farouche aux idéaux et aux principes de la France socialiste fraternelle et rassembleuse. Tout compte fait, les récentes initiatives de grandes enseignes comme KFC qui teste une offre Halal dans 24 points de vente et Carrefour qui communique sur ses nouvelles boucheries dédiées, ont remis le sujet sous les projecteurs. Normal quand on sait que de telles stratégies n’ont autre objectif que de répondre à une demande croissante qui s’appuie principalement sur la qualité des produits durant le Ramadhan, mois où la consommation des viandes est au pic sauf qu’aux yeux des semeurs de polémiques, elles engendrent également des réactions de déni et de désaveu, sans pour autant se fonder sur du concret. Un état de fait, fortement illustré par le lancement de pétitions «contre le Halal». Que reproche-t-on en fait au Halal dont se nourrissent même des Français de confession musulmane ? Une chose est certaine. La marge d’expansion du marché Halal ne fait pas l’unanimité en France. Si cette offre croissante répond aux besoins de la communauté musulmane, elle suscite de vives oppositions chez d’autres citoyens. C’est le cas de Bruno, l’initiateur d’une pétition intitulée «Attention, danger: généralisation du Halal en France». Ce mouvement de contestation n’a pas trouvé mieux pour se soucier de leurs poches que d’ajuster leurs tirs sur les produits Halal vendus en vogue dans toute la France et trouver un certain stratagème, comme l’a rapporté Romain Désarbre, lors de la matinale de CNews le 23 janvier 2026, le texte ayant déjà recueilli plus de 16.000 signatures. Bruno précise que son mécontentement ne vise pas directement les produits Halal, mais plutôt le manque d’information des consommateurs. La dernière bourde de ces «polémiqueurs» sympathisants de l’extrême droite a été de se poser la question si ce Halal est vraiment Halal? De quoi faire déborder le verre. Tout a commencé par une «déception culinaire»: alors c’est parti d’une anecdote qui m’a fait constater qu’on pouvait acheter de la viande Halal sans le savoir. J’ai cuisiné un gigot d’agneau un soir et, de l’avis de tout le monde, il était moins goûteux et plus sec que d’habitude. Et, un des invités musulmans nous a confirmé qu’il s’agissait plus que très probablement d’un gigot Halal, raconte-t-il. Pour le lanceur de la pétition, la démarche ne révèle pas d’une hostilité de principe envers les produits Halal, mais d’une question de «transparence»: «J’ai regardé évidemment un petit peu sur internet et j’ai constaté, sauf erreur, qu’il n’y avait aucune législation qui obligeait la distribution, tout comme visiblement les fast-foods, puisque c’est en plein dans l’actualité, de mentionner qu’il s’agit de viande Halal ou pas». Le lancement de cette pétition intervient également après une campagne haineuse visant l’enseigne de grande distribution Carrefour. L’annonce sur TikTok de l’ouverture d’une boucherie Halal au Carrefour de Sartrouville (Yvelines) a déclenché un déferlement de haine sur les réseaux sociaux, marqué par des commentaires racistes et des fausses informations. Cette stratégie n’est pas nouvelle: l’enseigne est présente sur ce marché depuis 2010 avec sa propre marque et le marché Halal est d’ailleurs strictement encadré par les législations, française et européenne, tant les viandes vendues bénéficient de certifications officielles, garantissant leur conformité du point de vue d’hygiène et de respect des normes d’abattage. Carrefour n’est pas un cas isolé, puisque la plupart des grandes enseignes de distribution proposent également ces produits depuis de nombreuses années. Bien que le secteur du Halal connaisse une croissance notable en France, il ne représente qu’une part minime des ventes globales de la grande distribution française. Selon les données de l’Institut Circana, révélées par 20 Minutes, les volumes de produits Halal ont progressé de 0,9 % en 2025. Certaines catégories se distinguent par leur dynamisme: le jambon Halal a vu ses ventes bondir de 15,2 % (occupant 16,8 % du marché du jambon), tandis que la charcuterie de volaille Halal domine largement son segment avec 69,3 % de parts de marché. Cette vitalité s’explique par une offre plus diversifiée en rayon et une demande soutenue. Toutefois, le ministère de l’Agriculture invite à la mesure: si le Halal peut représenter jusqu’à 3,5 % du chiffre d’affaires total des entreprises agroalimentaires, il ne pèse en réalité que 0,14 % des ventes alimentaires en grandes et moyennes surfaces (GMS).


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