Crise de la propreté à Oran. Plusieurs quartiers désertés par les balayeurs

La propreté urbaine à Oran est aujourd’hui confrontée à une réalité alarmante. Le manque flagrant de balayeurs se fait ressentir dans presque tous les quartiers de la ville, avec des conséquences visibles sur l’environnement, la santé publique et le cadre de vie des citoyens. Rues jonchées de déchets, trottoirs envahis par les ordures et bacs débordants sont devenus des scènes ordinaires, traduisant une organisation à bout de souffle. Dans les quartiers de Sananes et de Boulanger, la situation illustre parfaitement l’ampleur du problème. À eux seuls, ces deux quartiers sont pris en charge par seulement sept balayeurs. Un effectif largement insuffisant au regard de l’étendue des zones à couvrir, de la densité de population et du volume quotidien de déchets générés. En réalité, le nombre d’agents présents sur le terrain est souvent inférieur à ce chiffre, en raison des absences liées aux congés, aux maladies ou aux jours de repos réglementaires. Cette réduction quasi permanente des effectifs rend la mission des agents restants extrêmement difficile. Contraints de couvrir de vastes périmètres, ils travaillent dans des conditions éprouvantes, sans pouvoir assurer un nettoyage régulier et efficace. Le résultat est sans appel : certaines artères ne sont nettoyées que de manière sporadique, tandis que d’autres sont tout simplement délaissées pendant plusieurs jours. Ce déficit en ressources humaines ne relève pas d’un manque de volonté de l’administration communale, mais plutôt d’un problème structurel persistant. L’absence de recrutement depuis plusieurs années, combinée à la non-approbation d’un plan de gestion adapté, a progressivement fragilisé le service de nettoyage urbain. Une situation qui touche d’ailleurs l’ensemble des quartiers de la ville et pas uniquement Sananes et Boulanger. À cela s’ajoute le comportement incivique de certains citoyens, qui complique davantage la tâche des balayeurs. Dépôts sauvages, sacs d’ordures jetés hors des bacs et déchets abandonnés contribuent à détériorer davantage l’image de la ville. Un effort collectif s’impose, mais il ne peut porter ses fruits sans un renforcement sérieux des moyens humains et matériels. Face à cette situation préoccupante, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler les autorités locales à agir en urgence. Le renforcement des effectifs, la validation d’un plan de gestion efficace et une meilleure organisation du travail apparaissent aujour-d’hui comme des priorités absolues. Sans mesures concrètes et durables, la ville d’Oran continuera de subir les conséquences d’un service public essentiel affaibli, au détriment du bien-être de ses habitants et de l’image de la cité.


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