Huit jours pour les commerçants pour s'équiper de TPE. La mise en demeure du ministère

Les commerçants sont désormais sommés d’adopter le paiement électronique. Un appareil dit «TPE» est mis à leur disposition lequel leur permet d’effectuer un paiement électronique d’une manière sécurisée. C’est du moins ce que stipule la dernière mise en demeure adressée par le ministère du Commerce. Décidemment, la tutelle passe à l’action et contraint commerçants et opérateurs économiques, dédiés à l’activité commerciale, à s’astreindre à la nouvelle réglementation. Pour donner du sens concret à son instruction, le ministère du Commerce enjoint ces derniers à procéder vite et sans délais à installer des terminaux de paiement électronique, au sein de leurs établissements, au risque de s’exposer à des complications ou à d’autres mesures. Pour la tutelle, le temps est venu pour les commerçants de se moderniser et de professionnaliser davantage leur activités. Dans un élan offensif, le ministère veut accélérer la numérisation des transactions des commerçants. C’est en effet plus sûr et plus avantageux en matière de sécurisation des transactions. Ce qui permet entre autres de prémunir les transactions et les activités financières du risque de blanchiment ou de falsification de déclarations et barrer la route aux transactions informelles et illicites. Pour cela, un ultimatum de huit jours a été lancé aux opérateurs économiques pour s’équiper en terminaux de paiement électronique (TPE) ou justifier de leurs démarches. Le ministère du Commerce est décidé à asseoir la transparence des transactions commerciales pour renforcer la sécurité financière du secteur économique national. Il a adressé une mise en demeure formelle aux commerçants, les enjoignant de procéder sans délai à l’installation de moyens de paiement électronique au sein de leurs établissements. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’application rigoureuse de l’article 111 de la loi de finances 2018 (loi n°17-11 du 27 décembre 2017). Le texte de la mise en demeure précise que les commerçants sont tenus de se rapprocher immédiatement de leurs agences bancaires pour obtenir un terminal de paiement. Les autorités accordent un délai de huit jours, à compter de la date de réception de la notification, pour régulariser leur situation. Toutefois, consciente des délais administratifs potentiels, la tutelle prévoit une alternative: dans l’impossibilité d’obtenir l’équipement dans le temps imparti, le commerçant devra impérativement présenter un récépissé de dépôt de dossier, dûment visé par l’organisme financier concerné. Les commerçants devraient dans ce cas précis se munir du récépissé de dépôt en attendant que le terminal leur soit délivré par l’institution bancaire concernée. D’ailleurs, le ministère se veut ferme quant au respect de cette directive. En cas de non-conformité à l’issue de cet ultimatum, les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par la législation en vigueur. Les commerçants, contrevenant aux présentes dispositions, devraient être confrontés à des sanctions prévues par la législation. En effet, conformément à l’article 111 susmentionné, les récalcitrants risquent des amendes financières conséquentes, voire d’autres mesures administratives coercitives. Cette accélération du calendrier vise à réduire la circulation du cash et à moderniser le secteur commercial national, un chantier prioritaire pour le gouvernement. L’offensive déclenchée par la Banque d’Algérie et le ministère du Commerce marque une rupture historique. En restreignant les flux de liquidités et en imposant le paiement électronique, l’État s’attaque au cœur de l’économie informelle. L’injonction est claire: le temps de la pédagogie est révolu. En limitant drastiquement les dépôts d’espèces sur les comptes commerciaux, les autorités imposent une thérapie de choc pour normaliser les circuits financiers. Pour Mustapha Zebdi, président de l’Apoce, cette coercition est l’ultime levier face à l’immobilisme: «Seule la contrainte semble désormais capable de briser les résistances culturelles et structurelles qui freinent notre modernisation», analyse-t-il. Si la volonté politique est affichée, la réalité logistique pose question. La ruée actuelle sur les terminaux de paiement électronique (TPE) met à nu les limites du parc monétique national. Avec moins de 80.000 appareils pour un gisement de plus de deux millions de commerçants, le déficit est vertigineux. Face au risque de pénurie d’équipements physiques, l’alternative du paiement mobile par QR Code apparaît comme une solution de secours stratégique, plus souple et moins coûteuse, pour tenir les délais réglementaires. Au-delà de l’équipement des boutiques, c’est une véritable révolution de la transparence qui se dessine. En basculant vers le numérique, chaque transaction devient une empreinte fiscale indélébile, réduisant de facto les marges de manœuvre de l’évasion fiscale. Pour le citoyen, si le changement d’habitude est brutal, les bénéfices à terme sont réels: sécurisation des fonds et fluidité des achats. L’enjeu est désormais de savoir si cette accélération suffira à ancrer durablement l’Algérie dans l’économie digitale dès 2026.


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