Environnement à Mostaganem. Dix ans après, les déblais des démolitions continuent à enlaidir la ville

Beaucoup de citoyens exaspérés ne s’expliquent toujours par sur la façon dont leur commune est gérée. Quelques fois bruyantes sur les réseaux sociaux, des interventions rejaillissent pour manifester leurs préoccupations relatives tantôt sur des problèmes de voirie, tantôt sur ceux de la circulation, tantôt ceux du commerce informel, tantôt le transport et surtout ceux ayant trait à l’hygiène et la salubrité qui impactent négativement l’environnement. Pour mieux l’indiquer, il s’agit-là des quartiers ayant été touchés par l’anarchique de la démolition d’il y a une dizaine d’années. A Derb, Tobbana, Plato, Tigditt, Souika Tahtanya, Beymouth et Hai Amirouche où sont passés des pelleteuses et des engins démolissant des demeures, laissant derrière une «hécatombe» écologique.
Depuis 2018, début des opérations, l’APC n’est plus revenue pour nettoyer ni même sécuriser les sites détruits. A quelques encablures du centre-ville, un problème qui perdure et qui nuit à la sécurité des riverains. Les citoyens ont assez dit sur les démolitions et sur la profanation de l’environnement et ont espéré que les opérations du RHP (Résorption de l’habitat précaire) puissent s’achever dans des conditions autres que celles laissées par les responsables. Ces derniers se sont acquittés, pêle-mêle, d’une opération dont les conséquences écologiques et de sécurité bafouillent toujours le cadre de vie des citoyens. Les restes des démolitions sont nombreux et constituent l’autre face de Mostaganem. Une face cachée qui n’honore guère la stratégie de l’embellissement préconisée par les autorités de la wilaya. Face aux décombres proliférant des menaces, certains citoyens s’inquiètent du fait que le chef de daïra, le maire et les élus tournent le dos à une réelle problématique de l’environnement. Les exemples de Tobbana, démoli depuis déjà un demi-siècle, démontrent l’indifférence. On a saigné la ville et on a occasionné une catastrophe écologique mais sur certains sites, on a vu leur patrimoine profané. Tobbana qui était un lieu d’histoire, aujourd’hui, ne ressemble à rien ou plutôt à un vaste urbicide qui ne dit pas son nom. Le pire, c’est l’aveuglement des élus et surtout les délégués qui roulent avec des bandeaux sur les yeux et qui laissent les citoyens face à un décor préjudiciable. Si les responsables circulaient à travers ces quartiers, ils se rendraient compte de leurs défaillances mais cela ne risque pas d’arriver. Les pouvoirs publics qui œuvrent pour donner à Mostaganem de l’attractivité touristique, doivent aussi veiller à achever le travail de la démolition. Cette face cachée existe à travers plusieurs quartiers, surtout ceux qui sont loin de l’itinéraire des autorités et de ce fait, beaucoup de maisons «torpillées» sont restées là comme des fantômes. Enfin, les citoyens incommodés par un tel décor indésirable, interpellent le wali et les autres pour mettre fin à leur calvaire.


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