Orchestré par le professeur Douaji N., le service d’ophtalmologie du CHU «Abdelkader Hassani» a transformé la place du 1er Novembre 1954, en un bastion de prévention clinique.
Du 8 au 14 mars 2026, à l’unisson de la Semaine mondiale du glaucome, cette initiative de proximité transcende le simple acte médical pour s’inscrire dans une véritable démarche de pédagogie citoyenne. Le glaucome ne prévient pas; il s'installe. Qualifiée à juste titre de «voleur silencieux de la vue», cette neuropathie optique chronique se caractérise par une atrophie progressive des fibres nerveuses, souvent corrélée à une hypertension intraoculaire. Le drame de cette pathologie réside dans son caractère asymptomatique aux stades initiaux: l'acuité visuelle centrale demeure intacte tandis que le champ périphérique s'érode irrémédiablement. Comme l’ont rappelé les praticiens mobilisés sur site, le dommage causé au nerf optique est une sentence définitive. Sans une intervention précoce, l'évolution naturelle conduit inexorablement à une cécité irréversible, transformant un enjeu individuel en une problématique majeure de santé publique. L'affluence constatée, dès les premières heures du rassemblement, témoigne d'une prise de conscience croissante, mais encore fragile, de la population. Le dispositif mis en place ne se contente pas de distribuer un savoir théorique via des brochures; il offre une réponse technique immédiate. Le protocole déployé combine deux piliers du diagnostic ophtalmologique, à savoir mesure de la pression intraoculaire pour identifier les sujets à risque et l’analyse structurelle de la papille optique pour détecter les signes d’excavation pathologique.
Pour les cas suspects, le continuum de soins est assuré par une orientation directe vers les structures spécialisées du CHU, garantissant ainsi que le dépistage ne soit pas un diagnostic sans lendemain, mais le premier pas d'un parcours thérapeutique salvateur.
Au-delà de l’événement ponctuel, le message porté par les professionnels de santé résonne comme un appel à un changement de paradigme. L’invitation est claire, passé le cap de la quarantaine, le contrôle ophtalmologique ne doit plus être une option dictée par l'inconfort, mais une rigueur calendaire. Inculquer cette «culture du dépistage» est le seul rempart efficace contre une maladie qui ne se manifeste que lorsqu'il est déjà trop tard pour reculer. En investissant l'espace public, le service d’ophtalmologie de Sidi Bel-Abbès ne soigne pas seulement des yeux, il forge une conscience collective face aux défis du vieillissement et de la protection du capital visuel.
Sidi Bel-Abbès. Campagne de sensibilisation contre le Glaucome
- par Mohamed Nouar
- Le 10 Mars 2026
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