Café à 30 DA. Quand les hausses cachées contournent la décison de l’Etat

Alors que l’État a fixé le prix de la tasse de café à 30 dinars grâce à une subvention destinée à protéger le consommateur, certains propriétaires de cafés ont trouvé le moyen de contourner cette mesure. Augmentations abusives sur les gâteaux, les jus, le lait ou l’eau minérale transforment une simple pause-café en dépense imprévue, privant le citoyen des bénéfices de la subvention et exposant l’absence flagrante de contrôles sur le terrain. Avant la pandémie de Covid-19, la tasse de café était généralement vendue autour de 40 dinars, un prix déjà considéré comme élevé par de nombreux consommateurs. Avec l’arrivée de la crise sanitaire, certains propriétaires de cafés ont profité de la situation exceptionnelle, marquée par les fermetures, les restrictions et les difficultés économiques, pour augmenter le prix de la tasse jusqu’à 60 dinars. Une hausse imposée sans réelle justification, qui s’est installée durablement même après le retour progressif à la normale. Face à ces dérives et à la grogne des consommateurs, l’État est intervenu en fixant le prix de la tasse de café à 30 dinars. Cette décision a été rendue possible grâce à la subvention du café, une mesure à caractère social visant à protéger le pouvoir d’achat et à mettre fin aux abus observés dans le secteur. Sur le papier, l’objectif était clair: faire bénéficier directement le citoyen de l’aide de l’État. Dans la pratique, cependant, certains exploitants de cafés ont cherché à contourner cette réglementation. Ne pouvant plus vendre le café à 60 dinars comme durant la période du Covid, ils ont reporté la différence sur les produits qui accompagnent la consommation. Gâteaux, lait, sucre et surtout eau minérale ont vu leurs prix augmenter de manière parfois excessive. Dans plusieurs établissements, la petite bouteille d’eau est aujourd’hui proposée à 40 dinars, annulant ainsi l’effet recherché par la fixation du prix du café. Cette situation soulève une nouvelle fois la question des contrôles. Où sont les services chargés de veiller au respect des prix réglementés et à l’affichage obligatoire? L’absence de contrôles rigoureux et visibles sur le terrain favorise ces pratiques détournées et affaiblit l’impact des décisions publiques. En l’absence de sanctions dissuasives, certains commerçants continuent d’agir en toute impunité. À Oran comme ailleurs, le consommateur se retrouve une fois de plus pénalisé. La subvention de l’État, financée par l’argent public, ne produit pas pleinement ses effets lorsque les abus persistent. Il devient donc urgent que les autorités compétentes intensifient les opérations de contrôle, protègent réellement le consommateur et veillent à ce que l’esprit de la subvention soit respecté. Sans cela, la pause-café restera un symbole d’un déséquilibre persistant entre réglementation et réalité du terrain.  


ads