Le Carrefour de Mostaganem

Stidia. Le projet du Méridien de Greenwich tarde à venir

Par L. Abdelmadjid

Des atouts touristiques à Mostaganem, il y en a quelques-uns qui ont toujours servi à valoriser l’image de la wilaya. Ce potentiel naturel et extranaturel devra compter sur les guides touristiques. Cependant, le tourisme ne doit pas se cloîtrer uniquement sur le balnéaire. Les ambitions touristiques de la wilaya doivent être nourries d’autres atouts. C’est ainsi que le tourisme culturel, religieux, rural et écologique doit aussi être mis en avant pour les objectifs attendus. Aujourd’hui, on revient sur le projet du Méridien Greenwich dont le projet tarde à venir. Son passage sur la côte Ouest de Mostaganem a toujours fait l’objet de d’intérêt avéré de plusieurs walis qui se sont succédé à la tête de la wilaya. De ce fait, le Méridien de Greenwich est un premier méridien, c’est-à-dire un méridien où la longitude est définie comme étant égale à 0°. Il passe à travers l’Observatoire Royal de Greenwich, à Greenwich (banlieue de Londres), au Royaume-Uni, ce qui lui confère, géographiquement, une importance. Le Méridien de Greenwich fut adopté comme standard international, en octobre 1884, à la conférence internationale du méridien de Washington. Ce méridien est une ligne imaginaire qui divise le monde en hémisphères oriental et occidental. Cette ligne imaginaire qui traverse plusieurs pays passe, en Algérie à Stidia (ex-Georges Clemenceau), soit à 15 km à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Mostaganem. Pour revenir sur cet intérêt de le valoriser, il faut rappeler qu’en fin juillet 2014, le Premier Ministre en poste à l’époque, lors de sa dernière visite de travail dans la wilaya de Mostaganem, avait octroyé des crédits à la wilaya pour la construction d’un observatoire astronomique au niveau de la commune de Stidia, soit juste sur le passage du méridien. Cet observatoire disposera d’un télescope, d’espaces pédagogiques et de vulgarisation de l’astronomie et des phénomènes planétaires, d’un aquarium géant contenant les différentes variétés de poissons de la Méditerranée ainsi que d’autres espaces et équipements. Depuis, ce projet, vraisemblablement, avec des atouts, n’a pas avancé d’un iota. Depuis, on a entendu plusieurs sons de cloche par rapport à des inscriptions d’études, à des concours d’idées, etc… mais jusqu’à aujourd’hui, le projet de valorisation du passage de ce méridien qui définit les hémisphères Est et Ouest, n’est, peut-être, pas une priorité sur la feuille de route des autorités de la wilaya. Toutefois, il y a lieu de souligner que plusieurs pays exploitent ce passage astronomique comme atout touristique. Le cas de la ville de Castellón (Espagne) qui, en 1988, s’est intéressée à construire tout un parc avec un monument, hôtel, cafétérias, restaurants, musée astrologique et espaces pédagogiques sur le passage de ce point zéro pour lequel les touristes s’arrêtent. Même chose à Villers Sur Mer, en Normandie (France), où a été créée une salle de Paléospace qui est une odyssée consacrée au Méridien de Greenwich. En revanche, à Mostaganem, la plaque qui indique son passage à Stidia n’honore pas du tout les aspirations modernistes de la wilaya. Aujourd’hui, il y a lieu de faire appel aux compétences de l’Université «Abdelhamid Ibn Badis» afin de porter, par le biais de ses laboratoires, des réflexions sur les modalités de valorisation scientifique du Méridien de Greenwich. Sur le plan touristique, il est sans doute un des plus grands atouts exploitables touristiquement. Un investissement pareil promouvrait inéluctablement la destination Mostaganem.

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Fort de l’Est. Plaidoyer pour le patrimoine historique de la ville

Par H. Med Krelifa

Le Fort de l’Est, sentinelle d’El Arsa, et la muraille de Tabana attendent de sortir de l'ombre pour révéler leur splendeur. Si l'objectif de l'été 2025 n'a malheureusement pas été atteint, ce "ratage" doit nous servir de tremplin pour faire de la saison estivale 2026 une réussite totale. Pour cela, un élément majeur renforce l'urgence de ce projet: le tracé du tramway. Ce dernier, qui fonctionne très tard durant les nuits estivales, longe le Fort de l'Est. Actuellement, les passagers traversent une zone d'ombre là où ils devraient admirer un monument historique. Illuminer le Fort, c'est offrir un spectacle panoramique permanent aux milliers de voyageurs, locaux et touristes, qui empruntent ce moyen de transport moderne.
L'APC a déjà prouvé son efficacité en illuminant avec brio le centre-ville (Ficus, poteaux, banderoles), au grand plaisir de la population. Mais sans la mise en lumière du Fort, l'esthétique urbaine reste tronquée. L’émulation par l'exemple: Oran a magnifié son Murdjadjo et sa Basilique, créant une identité nocturne forte. Mostaganem possède tous les atouts pour rivaliser avec sa voisine, d'autant que notre ville enregistre des flux record: 11 millions de visiteurs au chef-lieu (Services de la Wilaya). 200 000 estivants supplémentaires (PAW). Le Fort surplombe un véritable complexe de loisirs: le Jardin du 20 Août, le Théâtre de Verdure et maintenant la ligne du tramway. Illuminer ce site, c'est créer une harmonie entre le patrimoine séculaire et les infrastructures modernes de la ville. Appel à l'action: Nous réitérons notre demande auprès de Monsieur le Président de l’APC. Ne laissons pas le Fort de l'Est dans l'obscurité alors que tout brille autour de lui. En 2026, faisons en sorte que le patrimoine de Mostaganem rayonne enfin pour tous les regards.

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La ville aux 40 marabouts. Le Culte des Marabouts (Ziyara) Aujourd'hui

(Suite et fin)

Par Hadj Med Soltane

Les mausolées et les tombes des marabouts restent des lieux de vie et de spiritualité intenses.
Les Ziyarat (Visites): Les gens se rendent régulièrement sur place pour la Ziyarat (visite pieuse), afin de se recueillir, de chercher la bénédiction (baraka), de faire des vœux, ou de demander l'intercession du saint.
Les Fêtes Annuelles (Wa'ada): L'animation atteint son paroxysme lors des fêtes annuelles (Wa'adate ou Maoussem), organisées en l'honneur du saint. Ces événements sont de grandes fêtes populaires qui incluent des chants religieux et des récitations soufies (dhikr), des repas communautaires (Ta'am), des manifestations culturelles (comme des fantasias ou des danses) et des rassemblements d'érudits et de disciples des confréries soufies.
Ces pratiques témoignent de la persistance d'une culture populaire où la piété soufie et la vénération des saints sont intimement liées à l'identité de la ville. Une excellente question, car elle permet de distinguer les différents types de figures spirituelles vénérées à Mostaganem ! Il y a une distinction importante à faire entre ces deux figures. Sidi Saïd: Reconnu traditionnellement comme l'un des patrons de la ville (ou de la Médina). Sidi Hamou Cheikh (ou Sidi Hamou El Bouzidi): Le père spirituel d'une des plus importantes figures du soufisme moderne, le Cheikh Al-Alawi. Voici un aperçu de ces deux figures.
Sidi Saïd (Patron de la Médina)
Sidi Saïd est une figure spirituelle très ancienne, souvent associée à la protection de la Médina de Mostaganem (le quartier historique de Tijdit).
Période: On le situe généralement à l'époque médiévale ou juste après l'expulsion des Banu Hilal.
Emplacement: Son mausolée se trouve au cœur de la ville actuelle, souvent dans des zones très animées (près du marché ou de la mairie, selon les sources, mais historiquement dans la vieille ville). Statut: Il est considéré comme l'un des quarante marabouts qui protègent la ville. Les habitants lui rendent visite pour les bénédictions (baraka), notamment pour les nouveau-nés et les mariages.
Le Culte: La visite (Ziy?ra) à son mausolée est l'une des plus fréquentes pour les Mostaganemois. Bien qu'il soit un saint vénéré, il n'est pas le fondateur d'une grande confrérie (tariqa) célèbre, mais un saint tutélaire local.
Sidi Hamou Cheikh (Le Maître spirituel fondateur)
-Sidi Hamou Cheikh (ou Sidi Hamou El Bouzidi qui renvoie à sa famille issue de la région de Mascara) est une figure clé du soufisme algérien moderne. Rôle: Il fut le Cheikh (Maître spirituel) du jeune Ahmed Ben Mustapha al-Alawi (futur Cheikh al-Alawi). Confrérie (Tariqa): Il était lui-même le Cheikh de la branche algérienne de la TariqaDarqawiyya (une branche de la Shadhiliyya) qui a précédé la TariqaAlaouiya. Héritage Spirituel: L'importance de Sidi Hamou réside dans le fait qu'il a initié, éduqué et préparé le Cheikh al-Alawi. C'est après la mort de Sidi Hamou que Cheikh al-Alawi a reçu la permission spirituelle d'établir sa propre branche, la célèbre Tariqa Alawiya qui a essaimé dans le monde entier.
Mostaganem et l'Alaouiya: Bien que Sidi Hamou soit enterré à Tidjdit, son influence spirituelle est cruciale pour Mostaganem, car la ville est, sans contexte un foyer historique.


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