4ème session ordinaire de l'APW de Sidi Bel-Abbès. Au chevet d’un système de santé en quête de résilience

Sous l’égide de la mémoire du chahid Moualide Bakhlifa dit Tahar Moustache, commandant de la cinquième région, la quatrième session ordinaire de l’Assemblée Populaire de Wilaya (APW) de Sidi Bel-Abbès s'est ouverte ce lundi. Au-delà du formalisme institutionnel, les débats ont révélé une volonté de diagnostic sans concession, plaçant l’urgence sanitaire au cœur des impératifs de développement local. L’hémicycle de Sidi Bel-Abbès a été le théâtre d’une session charnière où l’examen des dossiers de gestion courante s'est effacé devant l’acuité d’une problématique majeure, à savoir l’offre de soins. Si la lutte contre la désertification et la régularisation urbanistique (loi 15- 08) ont figuré à l’ordre du jour, c’est le rapport de la commission de la santé, de l’hygiène et de la protection de l’environnement qui a cristallisé les tensions et les espérances. Le constat dressé par les élus est sans appel, le secteur de la santé dans la wilaya souffre d’une asymétrie profonde entre les ambitions de service public et la réalité du terrain. L’analyse a mis en exergue une « désertification médicale » paradoxale, touchant des spécialités vitales. L’absence de gynécologues, de réanimateurs et d’ophtalmologistes, couplée à l’inexistence prolongée de services de dermatologie au CHU «Abdelkader Hassani», dessine le portrait d’un système en souffrance. Cette pénurie de capital humain spécialisé est aggravée par une dégradation physique des infrastructures. Le cas de la polyclinique de Ras El Ma est à cet égard emblématique, vétusté des locaux, pannes récurrentes de l’imagerie médicale et indigence des laboratoires de biologie. Cette défaillance de proximité entraîne, par un effet de vases communicants, une saturation critique de l’EPH de Télagh, contraint d’absorber le flux de onze communes limitrophes. Les élus n’ont pas manqué de pointer du doigt une problématique de gouvernance technique, la qualité des travaux de réhabilitation. Des critiques acerbes ont visé l'incompétence de certaines entreprises de réalisation, responsables de malfaçons dans des services hospitaliers essentiels. L’obsolescence du centre de chirurgie infantile et du service de neurologie impose, aujourd'hui, une révision structurelle des méthodes de passation de marchés et de suivi de chantier. À l’hôpital «Dahmani Slimane», la pression sur la maternité et la pédiatrie, exacerbée par des fermetures temporaires pour extension, illustre le défi logistique permanent auquel font face les gestionnaires. Face à ce réquisitoire, l’exécutif a tenté de rassurer par le chiffre et la méthode. Le directeur de la Santé Publique (DSP) a annoncé une enveloppe budgétaire de 90 milliards de centimes pour le biennal 2024-2025. Ce plan de sauvetage vise la mise aux normes de 65 polycliniques d’ici fin 2026, une réponse par l’investissement, pour pallier le déficit d’entretien accumulé. Toutefois, pour le président de l’APW, l’enjeu est autant organisationnel que financier. Il préconise une rupture avec la gestion centralisée traditionnelle via Le partenariat public-privé à travers la signature de conventions pour combler les vacances de postes de spécialistes, l'ouverture de postes de résidanat en dermatologie sous l’égide de la faculté de médecine locale, le déploiement des chirurgiens-dentistes vers les zones rurales. Le responsable de l'Exécutif, Kamel Hadji, a rappelé la dimension régionale de la wilaya dont le CHU dessert une population issue de quatre wilayas de l’Ouest. L’annonce majeure reste l’acquisition d’un nouveau projet de CHU de 500 lits, infrastructure salvatrice pour décongestionner le centre actuel. Cependant, l’autorité de wilaya a assorti ses promesses d’une exigence de rigueur. Les clauses des cahiers des charges deviennent, selon ses termes, sacrées. Ainsi, tout entrepreneur défaillant se verra désormais notifier une résiliation immédiate. Le message est clair, le développement n’est plus seulement une question de crédits alloués, mais de probité et d’efficacité dans l’exécution.


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