L'exposition "Innovation en action" retrace le chemin parcouru au musée de la FIFA. La VAR, l'histoire d'une révolution

C'est l'essence même du sport et la fragrance originelle du football qui en commandaient l'existence : une technologie de pointe au service de l'équité et de la méritocratie. La FIFA l'a fait, l'a assumé et peut en être fière tant cette révolution numérique a rendu les résultats plus justes et le jeu plus audacieux sans pour autant en altérer la folie, l'audace et l'incertitude. C'est, dans cette optique, que se tient, jusqu'au 31 mars 2026 l’exposition spéciale «L'innovation en action: les technologies du football sur et en dehors du terrain» au FIFA Museum de Zurich.
Cet étalage de savoir-faire révolutionnaire montre, en effet, comment les avancées technologiques ont enrichi la perception du football sans jamais transformer le sport lui-même. Le football reste ce qu’il a toujours été, notera la FIFA, passionné, émotionnel, guidé par les mêmes règles et la même essence.
A ce propos, il y a lieu de rappeler que la première utilisation officielle de la VAR (Assistance Vidéo à l'Arbitrage) a eu lieu lors de la demi-finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA le 14 décembre 2016, entre l'Atlético Nacional et les Kashima Antlers. Cette utilisation a débouché sur un penalty accordé après consultation, confirmant la viabilité du système pour la FIFA, qui l'a ensuite intégré dans des compétitions majeures comme la Coupe des Confédérations 2017 et la Coupe du Monde 2018.

                                          Quand technologie rime avec équité

Et c'est au Pays des Tsars justement, où la magie de la Coupe du Monde a épousé la perfection de l'organisation, que le VAR a été utilisée pour la toute première fois à ce niveau. La France entamait son Mondial par un bras de fer avec l'Australie sans réussir une heure durant à trouver la moindre faille.
Or, sur une action dans la surface qui a vu Antoine Griezmann se faire déséquilibrer d'une bien irrégulière façon, le football est entré dans l'ère de l'innovation et de la recherche absolue de la perfection en matière de jugement arbitral rendu. L'arbitre uruguayen Andrés Cunha a, ainsi, laissé le jeu se poursuivre quelques secondes avant de l'interrompre et de se diriger vers la touche. Après avoir consulté l'écran du VAR, il a tracé un carré inédit dans les airs avec ses mains et a désigné le point de penalty: la vidéo lui avait permis de constater que l'Australien Josh Risdon avait commis une faute dans la surface sur l'attaquant français. L'Histoire était en marche.
Dans l'exposition spéciale « L'innovation en action », la FIFA présente, d'ailleurs, un des maillots préparé pour Griezmann lors de cette Coupe du monde, qui commémore donc symboliquement la première fois qu'une décision arbitrale a été revue et modifiée grâce à l'intervention du VAR lors d'une Coupe du monde de la FIFA. La FIFA avait toutefois déjà commencé à tester ce système plusieurs années auparavant. Tout d'abord, lors d'un match amical international entre l'Italie et la France en septembre 2016, puis, quelques mois plus tard, lors de la Coupe du monde des clubs au Japon.

                                          Russie-2018, Griezmann en guest star
Aujourd'hui, le constat s'impose de lui-même : La VAR est l’un des outils technologiques les plus visibles de l’histoire du football. Dans l’exposition du FIFA Museum à Zurich, il occupe une place centrale. Les visiteurs peuvent découvrir le processus qui a conduit à son introduction et même prendre la place des arbitres dans la salle VAR pour analyser des situations controversées. Ils constateront que la technologie peut accompagner les décisions, mais ne transforme pas l’essence du jeu. Experts en la matière, une quarantaine d'arbitres d'élite et leurs assistants ont, en ce sens, visité le Musée de la FIFA après avoir suivi une formation organisée par leur association.
Parmi eux figuraient les arbitres FIFA Sandro Schärer et Urs Schnyder, ainsi que l'arbitre assistante FIFA Susanne Küng. Après une journée intensive de formation, la visite du Musée de la FIFA a permis de découvrir l'histoire du football de près. Sans surprise, l'exposition actuelle au sujet de cette "Innovation en action" a particulièrement intéressé les arbitres, car elle présente les évolutions technologiques qui les assistent aujourd'hui dans leur travail quotidien. De nombreux participants se sont remémorés l'époque où la VAR ou la technologie sur la ligne de but (GLT) relevaient encore de la science-fiction. Si la GLT n'est pas encore utilisée en Super League suisse, la VAR fait partie intégrante du championnat de première division depuis la saison 2019/2020. A ce propos, l'arbitre FIFA Sandro Schärer a été "très impressionné par l'exposition". "J'ai beaucoup apprécié l'exposition. Toutes mes félicitations à l'équipe qui a réalisé ce projet. Nous avons découvert des informations très intéressantes et c'est formidable que les visiteurs puissent voir les choses du point de vue de l'arbitre et pas seulement de celui des joueurs.
Cela les aide certainement à mieux comprendre les exigences de notre métier sur le terrain" soulignera le referee helvète, comme un clin d'oeil et un hommage appuyé à l'instance planétaire.


ads