Le Carrefour de Sidi Bel Abbès

Prise en charge des personnes âgées. Le 3ème âge à l'épreuve du changement

En écho à la Journée mondiale de la personne âgée, la ville de Sidi Bel Abbès est devenue l'épicentre d'une réflexion stratégique et multidisciplinaire sur la prise en charge des aînés en Algérie. Orchestrée par la Direction de l’Action Sociale et de la Solidarité de la Wilaya, cette journée d'étude a réuni, jeudi, des universitaires, des médecins spécialistes, des responsables institutionnels et des acteurs de la société civile pour sonder les répercussions des mutations psychologiques et sanitaires qui définissent le grand âge. L'enjeu dépassait la simple commémoration, il s'agissait de consolider le statut des aînés comme baromètre du progrès social et humain de la nation. La rencontre, tenue dans la salle de conférence de la radio locale, a réaffirmé avec force que la protection de la population âgée n'est pas une simple œuvre de charité, mais un devoir humain intrinsèque et une priorité stratégique de l'État. Ce postulat trouve son ancrage législatif dans la Loi n° 12-10 du 29 décembre 2010, un texte fondateur qui a érigé un cadre juridique spécifique pour cette catégorie de citoyens selon la directrice de la direction de l'action sociale (DAS). Les intervenants ont souligné la dualité de cet engagement, il est à la fois l'expression de la solidarité musulmane et culturelle qui irrigue la société algérienne, et une réponse concrète aux défis démographiques. L'approche prônée par le Ministère de la Solidarité Nationale vise, par principe, la réinsertion et le maintien à domicile au sein de la famille et de la communauté, appuyé par un accompagnement social et sanitaire durable. Face à l'augmentation des pourcentages de la population âgée, notamment des bénéficiaires de l'allocation forfaitaire de solidarité, les participants ont unanimement insisté sur l'urgence d'élaborer de nouvelles stratégies nationales d'anticipation. Ces mécanismes doivent être en mesure de répondre à l'accroissement des besoins en matière de santé spécialisée, de logement adapté et de soutien psychologique, en phase avec les principes internationaux relatifs aux droits des personnes âgées. La richesse des débats a mis en exergue l'importance capitale d'une gouvernance multisectorielle. Des exemples de synergie concrète ont été cités, allant au-delà du seul prisme social. Le partenariat avec les secteurs du tourisme et de l'artisanat, qui a permis l'organisation de séjours récréatifs et culturels, illustre parfaitement cette approche novatrice visant l'intégration sociale active et le divertissement des aînés. Un volet essentiel de cette journée a concerné les opportunités d’investissement privé dans le secteur social. Une communication dédiée a décrypté les implications du Décret exécutif n° 19-155 du 30 avril 2019, dont l'objectif est double, développer l'offre de services et alléger la pression sur les structures publiques. Cette démarche s'inscrit dans l'évolution d'un arsenal juridique progressif et complet (Décrets exécutifs de 2012, 2013, 2016) qui, non seulement encadre les modalités d'accueil et d'aide financière, mais encourage également le soutien au maintien à domicile, la médiation familiale et l'accueil familial. Le cadre réglementaire est désormais conçu pour faciliter la création d'établissements spécialisés, témoignant de la volonté de l'État de mobiliser tous les leviers disponibles. La journée d'étude de Sidi Bel Abbès est l'expression d'une vision prospective qui entend transformer le vieillissement, de défi démographique, en une opportunité d'intégration, de dignité et de reconnaissance pour les bâtisseurs de la nation. L'appel à une culture de solidarité participative résonne désormais comme la feuille de route pour les années à venir.

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Journées d'études sur la lutte contre la rage

L’urgence épidémiologique que constitue la rage a été placée au centre d’un colloque scientifique de haute tenue, organisé les 12 et 13 du mois en cours à Sidi Bel Abbès. À l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre la rage, la Direction de la Santé et de la Population de la wilaya a orchestré deux journées d’études réunissant une élite d’experts, incluant des membres éminents du Comité National de Lutte contre la Rage, des praticiens de la santé publique et des vétérinaires venus des 10 wilayas de l'Ouest du pays. Présidée par le Docteur Hammadi, Directrice de la Prévention au Ministère de la Santé en présence des autorités locales, la rencontre, tenue à l'Hôtel Eden, a posé un diagnostic sans concession sur la situation épidémiologique. Dès l’ouverture, le Docteur Hammadi a souligné l'impératif d'inscrire cet événement dans le cadre d'une sensibilisation continue et structurée à l'endiguement des zoonoses, insistant sur la nécessité de renforcer la coordination intersectorielle pour vulgariser le plan national en vigueur. Le Docteur MAHIOUT, figure de proue du Département de Médecine Préventive et d’Analyses Médicales et Chef du Centre Antirabique, a dressé un tableau des plus préoccupants lors de sa conférence intitulée «La situation de la rage humaine en Algérie». Les données compilées pour l'année 2024, qualifiées d'alarmantes, font état de 214 000 cas de morsures et d’une létalité annuelle se situant entre 15 et 20 décès imputables à des expositions canines ou félines enragées. Face à cette morbidité persistante, la professionnelle de la santé publique a mis l'accent sur la prévention primaire. Elle a notamment plaidé pour une sensibilisation pédagogique des enfants en milieu scolaire et familial, visant à ancrer les réflexes d’évitement de tout contact avec les animaux de rue et les animaux domestiques non vaccinés. Le Docteur MAHIOUT a ensuite exposé les piliers d'une stratégie de lutte consolidée, insistant sur l'urgence de mettre en œuvre des campagnes de vaccination de masse pour les chiens dans les zones à haut risque, de garantir l'accessibilité universelle aux vaccins antirabiques destinés à l'être humain et assurer une prise en charge thérapeutique rapide (prophylaxie post-exposition) pour les personnes mordues. Elle a également martelé l'importance d'une synergie interministérielle (approche «Une Seule Santé») pour réaliser l'objectif d’élimination de la rage canine, condition sine qua non à l’éradication de la rage humaine. Malgré l'investissement de ressources considérables par l'État pour circonscrire ce fléau, la rage continue de sévir, décimant une vingtaine de vies annuellement. La session s’est clôturée par une réaffirmation de la puissance de l’Information, de l’Éducation et de la Communication (IEC) comme vecteur de prévention et d'optimisation de la prise en charge immédiate après exposition. Du côté de la santé animale, le Docteur Bouhana Mokhtar, responsable de l’Inspection Vétérinaire de Sidi Bel Abbès, a souligné la nécessité d’établir un programme de sensibilisation rigoureux à destination des propriétaires d'animaux, afin de les informer sur la criticité de la vaccination et les répercussions de la rage sur la santé publique. Il a également préconisé l'implication de tous les partenaires dans les actions collectives et la création de fourrières pour la capture et le contrôle des chiens errants. Le bilan de l’inspection vétérinaire pour l’année 2025 révèle l'identification de 87 foyers de suspicions de rage animale, dont une prépondérance chez les chiens (48 foyers), mais aussi des cas impliquant des chats (7), des ovins/caprins (14) et des bovins (8). Une campagne proactive, lancée le 28 septembre, a déjà permis de vacciner 600 chiens domestiques. Les experts en santé publique ont pour leur part réitéré le rôle central des communes dans la maîtrise des populations animales errantes, plaidant pour l’intensification des campagnes d'abattage ou de stérilisation, en étroite collaboration avec les services vétérinaires.

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Projets d'infrastructure pour la wilaya. Vers une modernisation agressive du réseau routier 

La wilaya de Sidi Bel-Abbès s'apprête à connaître une transformation majeure de ses infrastructures de transport. Le ministère des Travaux Publics et de l'Infrastructure a récemment donné son feu vert à une série de projets structurants visant à décongestionner le trafic urbain, améliorer la connectivité intercommunale et renforcer significativement la sécurité routière. Ces initiatives, inscrites dans une démarche de soutien au développement local et de modernisation des réseaux, ont été confirmées à la suite d'une rencontre jugée "fructueuse" entre le député Mir Mohamed et le ministre des Travaux Public et de l'Infrastructure: Jellaoui Abdelkader. Au cœur des préoccupations, la fluidité du trafic au sein du chef-lieu de la wilaya est adressée par un projet d'envergure, à savoir la réalisation d'une route de contournement de 10 kilomètres pour la ville de Sidi Bel-Abbès, conçue pour désengorger le centre urbain, en particulier les grands boulevards soumis à une forte fréquentation, de réduire les nuisances liées au passage du trafic lourd et de contribuer à une baisse des risques d’accidents, en éloignant une partie significative du flux routier des zones densément peuplées. L'amélioration des liaisons entre les différentes communes constitue un autre pilier de ce programme. Le ministère a, selon notre source, approuvé le dédoublement de la route nationale n°13. Cette opération concerne le tronçon reliant le village Louza et la commune de Tighalimet jusqu'à la commune de Telagh, sur une distance substantielle de 22 kilomètres. Ce dédoublement est capital pour améliorer la connectivité avec les communes du sud de la wilaya, faciliter le transport des marchandises et des produits agricoles jugé comme point essentiel pour cette région, reconnue comme un pôle agricole et industriel de l'ouest du pays. Dans le même registre, la réhabilitation de la route nationale n°101 sur 12,5 kilomètres a été entérinée, dans l'objectif de renforcer la sécurité routière et d'optimiser la circulation des biens. Au-delà des infrastructures routières, selon le même responsable, le programme intègre une dimension multimodale. Le projet de la gare ferroviaire dans la commune de Mérine va être relancé, après validation de l’étude technique. L'investissement dans le rail est perçu comme un levier pour renforcer la connexion de la wilaya avec d’autres régions, alléger la pression sur le réseau routier, en offrant une alternative de transport et promouvoir un mode de transport généralement plus économique et écologique. Le député Mir Mohamed a également souligné l'engagement du ministère à programmer des opérations d'entretien et de maintenance des routes nationales et de wilayas dès le programme 2026. Cette approche préventive est cruciale pour la pérennité des investissements et pour garantir la qualité du service des transports publics. Ces projets s'inscrivent dans une vision globale de développement qui vise non seulement à améliorer les conditions de vie des citoyens mais aussi à renforcer l'attractivité des investissements dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès, en lui offrant un réseau de transport moderne et performant.


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