Walid Benmansour, un Algérien lambda vivait en France. Il a été tué à coups de couteau. Un énième meurtre, une énième victime, une énième histoire d'assassinat. Walid n'était ni influenceur, ni provocateur, ni délinquant. Un jeune de 28 ans, marié et père de famille. Un père de famille quelconque, inconnu des médias et des plateaux TV, il n'était personne. Un simple agent de sécurité que ses amis regrettent, «lui qui aimait les gens». Un autre Algérien que le destin a envoyé en France où il pensait, où il espérait pouvoir vivre et nourrir sa famille. Mais hélas, la France n'est plus aussi sûre. L'insécurité n'est pas le souci des seuls Français, elle concerne tout le monde même les plus anonymes. Walid, désormais, fait partie d'une longue liste macabre d'Algériens tués et peu importe les raisons. Souvent, le racisme est le mobile. Wali a eu droit à une marche blanche, lui qu'on a trouvé gisant dans une mare rouge. Quelque 200 personnes, entre famille, amis et collègues, lui ont rendu un dernier hommage avant de renvoyer sa dépouille à Oran pour y être enterrée. Deux voisins, deux fêtards refusaient de faire moins de tapage, ont décidé d'en finir avec lui. Que c'est facile de tuer un Algérien en France, que c'est simple. On n'a même pas besoin de réfléchir, d'établir un plan, de préparer un guet-apens. L'impunité a permis tous les abus, tous les excès, tous les dépassements jusqu'à ne plus se ressaisir. On peut tuer et on est même pas puni. Voilà pourquoi, on passe à l'acte aussi facilement dès lors que la proie est un Algérien. Que la victime soit un étranger. Qu'il soit quelqu'un de bien, importe peu. Qu'il soit père de famille, encore moins. Son seul tort est d'avoir demander à des fêtards de faire moins de bruit. Il était 04 heures du matin. Il retourne chez lui confiant, loin de lui toute idée d'agression. Il avait tort. Deux jeunes alors lui assènent plusieurs coups dont un lui a été fatal. Une histoire banale comme on en connaît des centaines en France et qui vite sera oubliée, elle ne fera même pas la Une des journaux, ni polémique sur BFM TV ou Cnews, ni déclaration de Retailleau, ni débat au Parlement. Elle passera inaperçue comme un vulgaire fait divers.