Une eau d’un camion-citerne vendue à 20 da le bidon en plastique peut-elle représenter un risque? Qu’en encourt le consommateur qui la boit? Et quelle est la réglementation à suivre par les camions-citernes pour éviter le risque d’intoxication de diarrhées et autres vomissements? L’été venu avec ce qu’il charrie comme demande croissante voire exponentielle en matière d’approvisionnement en eau saine et consommable, les Algériens déploient des trésors d’imagination afin d’acquérir le liquide précieux en quantités abondantes. Seulement voilà, est-il toujours facile de se prémunir contre une rupture d’eau ou une restriction dans certaines régions du pays où il est constaté un manque d’approvisionnement ou un déficit dû au remplissage d’un barrage, une absence d’un dessalement ou d’épuration? La problématique de l’eau potable en Algérie est telle qu’au fur et à mesure de la multiplication des infrastructures et des équipements hydrauliques dédiés afin de satisfaire la population, il n’empêche pas moins que la demande reste constante et parfois significative. D’abord parce que durant l’été, cette dernière s'accroît avec le retour des binationaux, des touristes et le fort taux d’occupation des établissements touristiques, mais aussi suite à l’usage prédominant ces dernières années par les citoyens de bâches d’eau et des citernes dans les apparts et les villas afin d’assurer le stock et se mettre ainsi à l’abris d’une quelconque pénurie. De quoi au fait se poser des questions sur l’utilité de rationnements d’eau potable et le recours de plus en plus envisagé aux camions-citernes plus proprement appelés les colporteurs. Avec les fortes chaleurs des mois de juillet et Août de chaque année, les citoyens sont plus enclins à faire appel aux camions-citernes pour peu que ceux-ci soient au top c’est-à -dire aux normes requises en matière de salubrité. La demande en eau potable, certes, a l’air d’exploser dans plusieurs régions d’Algérie mais que faire quand l’entretien des camions ou la qualité de l’eau qu’il transporte en pâtit? Les camions-citernes qui sont considérés comme une «alternative bon marché» pour les particuliers réputés grands consommateurs ne sont pas parfois sans danger sur la santé humaine. Qu’en serait-il effectivement de l’eau vendue par les camions-citernes? Il s’agit assurément d’une solution d’approvisionnement de fortune qui peut à première vue sembler évidente et pratique, mais qui n’en cache pas moins au demeurant certaines déconvenues. L’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE) a tiré dans ce contexte la sonnette d’alarme sur ce phénomène. Elle a appelé à opter la plus grande vigilance. En effet, l’APOCE a lancé un avertissement sévère contre la consommation de l’eau vendue par des camions-citernes. Souvent proposée à des prix dérisoires, cette eau de source non contrôlée pose un risque grave pour la santé publique. L’APOCE dénonce un circuit de distribution informel où la qualité de l’eau n’est soumise à aucune analyse en laboratoire. La situation est d’autant plus alarmante que les conditions de stockage sont jugées particulièrement insalubres. L’eau est conservée dans des citernes en plastique, la plupart du temps non désinfectées. L’organisation souligne que certaines de ces cuves pourraient même avoir été utilisées auparavant pour transporter des produits chimiques. L’exposition directe des citernes au soleil crée un environnement idéal pour la prolifération de germes et de bactéries, rendant l’eau impropre à la consommation. Les conséquences de la consommation de cette eau non conforme sont déjà visibles. Des cas d’intoxications alimentaires et de maladies graves comme la fièvre typhoïde et diverses infections bactériennes ont été rapportés. Les populations les plus vulnérables, telles que les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées, sont les plus exposées à ces risques. Face à ce danger, l’APOCE exhorte les citoyens à faire preuve d’une grande vigilance et à ne pas se laisser tenter par le faible coût de cette eau. L’organisation insiste: «la santé n’a pas de prix» et interpelle les autorités pour un renforcement des contrôles sur ces activités illégales. Des mesures urgentes sont demandées afin de protéger la population et d’endiguer ce commerce potentiellement mortel.
La demande en eau potable durant l'été en nette hausse. Attention aux camions-citernes !
- par B. Habib
- Le 09 Août 2025
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