Coup d'envoi de la 14ème édition du Festival du Rai. L'odyssée du Raï : entre héritage et modernité, une identité musicale en pleine effervescence

La ville de Sidi Bel-Abbès, berceau de nombreuses expressions artistiques algériennes, a de nouveau vibré au rythme envoûtant du Raï. Le coup d'envoi du 14ème Festival Culturel National de la Chanson Raï a été donné au théâtre en plein air «Saïm Lakhdar», scellant un retour aux sources et une célébration de l'identité musicale algérienne.

Plus qu'un simple rendez-vous festif, cet événement se positionne comme un laboratoire de réflexion, un point de convergence entre la tradition séculaire et les dynamiques contemporaines. La cérémonie d'ouverture, à laquelle a assisté une pléiade de figures politiques et culturelles, a mis en lumière la dimension institutionnelle de l'événement.
La présence du représentant du responsable de l'exécutif, accompagné de M. Samir Makhloufi, représentant du ministère de la Culture, et d'autres dignitaires, témoigne de la reconnaissance officielle du Raï comme un pan essentiel du patrimoine national. Cet engagement est d'autant plus significatif que le Raï a été récemment inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO sous le nom de l'Algérie. Cette consécration mondiale n'est pas une finalité, mais bien un nouveau point de départ, une charge symbolique qui confère à tous les acteurs, de l'artiste à l'institution, la responsabilité de sa préservation et de sa transmission.
Le commissaire du festival, M. Harzallah Houssem, n'a pas omis durant son intervention de préciser que cette édition est dédiée à un double objectif, celui de rendre hommage aux pionniers et de révéler les talents émergents. Cette dualité, entre mémoire et prospective, est au cœur de la vitalité du festival. Elle se concrétise à travers une programmation artistique et intellectuelle équilibrée. En parallèle des performances musicales, des ateliers et des rencontres-débats sont prévus. Ces activités visent à faire du festival un forum où l'histoire du Raï, son évolution et sa place dans l'échiquier musical international peuvent être analysées, débattues et transmises. La soirée d'ouverture a été une illustration vivante de cette ambition. Le mythique groupe Raïna Raï, icône indémodable du genre, a offert une performance magistrale, rappelant l'ancrage profond de cette musique dans la culture populaire.
D'autres artistes comme Cheikh Neâam, Gouider Sghir, Cheikh Belmou et Mohamed Belahbib ont également enchanté le public, créant un pont sonore entre les différentes époques du Raï. La communion du public, reprenant en chœur les mélodies, était le signe d'une alchimie réussie entre les artistes et leur auditoire, un dialogue constant entre la scène et la foule. Un hommage poignant a également été rendu à la famille de feu Mohamed Bousmaha, ancien commissaire du festival, soulignant ainsi la dette de l'événement envers ses bâtisseurs.
Le Festival Culturel National de la Chanson Raï dépasse la simple dimension récréative. Il s'affirme comme un espace de réflexion et d'échange, un événement où la musique se fait porte-parole d'une identité plurielle et en constante évolution. L'inscription à l'UNESCO, comme l'a rappelé Harzallah, est une reconnaissance, mais également une impulsion à "le préserver, le valoriser et le transmettre aux générations futures. Cet événement annuel est devenu un rendez-vous incontournable. Il contribue non seulement à la pérennité du Raï en tant que genre musical ancestral, mais il enrichit le paysage culturel national en offrant une plateforme de diffusion et de dialogue pour les artistes, les intellectuels et le public.


ads