Crise humanitaire à Ghaza. Les preuves de la famine s'accumulent

La crise humanitaire qui sévit gravement et d'une manière inédite à Ghaza, a mis à nu l'hypocrisie occidentale en matière des Droits de l'Homme et cette fausse vérité que l'Occident est au summum du modernisme et de l'humanisme. Quand des enfants sont obligés de mourir de faim, quand ils ne peuvent même pas accéder à une boite de lait en poudre ou à un morceau de pain, toutes les idées fabriquées par ce même Occident tombent à l'eau et ce ne sont pas les petites phrases de quelques responsables qui pourront changer la réalité. Car cette réalité est cruelle, elle est crue, elle est macabre. Toutes les agences onusiennes et toutes les ONG ne cessent de lancer des appels d'urgence pour que le monde bouge en faveur de la population de Ghaza, en vain.

La crise humanitaire à Ghaza, ravagée par près de vingt-deux mois d’offensive israélienne, «a atteint un tournant alarmant et mortel», ont alerté, mardi, des agences des Nations Unies, relevant que les indicateurs de consommation alimentaire et de nutrition ont atteint «leurs pires niveaux depuis le début du conflit» dans l'enclave palestinienne. Selon le rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), le «pire scénario de famine est en cours dans la bande de Ghaza», en raison de l’intensification des combats, des déplacements massifs de populations et des restrictions à l’aide humanitaire. «Les dernières données indiquent que deux des trois seuils de famine ont désormais été franchis dans certaines parties du territoire», soulignent le Programme alimentaire mondial, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), avertissant que le temps presse pour mettre en place une réponse humanitaire à grande échelle. En mai dernier, le consortium qui détermine le niveau d’insécurité alimentaire selon cinq niveaux, avait classé 1,95 million d’habitants de la bande de Ghaza (93% du total) en situation de «crise» (niveau 3) dont 925.000 en urgence (niveau 4) et 244.000 en situation de catastrophe (niveau 5). Une nouvelle analyse chiffrée de la situation est en cours. Près de trois mois plus tard, plus d’une personne sur trois (39 %) passe désormais plusieurs jours sans manger. Plus de 500.000 personnes, soit près d’un quart de la population de Ghaza, vivent dans des conditions proches de la famine, tandis que le reste de la population est confronté à une situation d’urgence alimentaire.
«Les souffrances insupportables du peuple de Ghaza sont déjà évidentes aux yeux du monde entier. Il est inadmissible d’attendre la confirmation officielle de la famine pour fournir l’aide alimentaire vitale dont ils ont désespérément besoin», a déclaré dans un communiqué, Cindy McCain, directrice exécutive du PAM. «Cela ne ressemble à rien de ce que nous avons vu au cours de ce siècle. Cela nous rappelle les catastrophes survenues en Ethiopie ou au Biafra au siècle dernier», a ajouté, de Rome, Ross Smith, directeur des urgences du PAM, à des journalistes à Genève, insistant sur la nécessité d’«une action urgente». Pour l’agence onusienne basée à Rome, c’est clairement une catastrophe qui se déroule sous nos yeux, devant nos écrans de télévision. «Ce n’est pas un avertissement. C’est un appel à l’action». Dans un communiqué publié mardi sur les réseaux sociaux, l'UNICEF assure que vingt-huit enfants en moyenne sont tués chaque jour dans la bande de Ghaza, soit la taille d’une classe. Des morts liées aux bombardements, à la faim et à la malnutrition, au manque de services vitaux, précise l’organisation onusienne. Au total, plus de 18.000 enfants ont été tués dans l’enclave palestinienne assiégée et dévastée au cours des vingt-deux derniers mois, selon l’organisation.
«Les enfants de Ghaza ont besoin de nourriture, d’eau, de médicaments et de protection. Plus que tout, ils ont besoin d’un cessez-le-feu, MAINTENANT», exhorte l’UNICEF. Israël a longtemps profité de la culpabilité européenne quant à sa souffrance durant la deuxième guerre mondiale ; elle continue de le faire encore aujourd'hui même si de nombreux pays et de nombreuses populations savent que cette entité n'est ni humaine, ni pacifique, encore moins moderne. La cruauté d'Israël n'a d'égal que la sauvagerie animale dans une jungle où seule compte la loi du plus fort. Et encore, les animaux jouent leur survie, pas Israël qui concocte depuis longtemps des plans diaboliques.

Synthèse de B. L.


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