Les œufs connaissent une nouvelle hausse des prix. Rien à voir avec l'offre et la demande!

Réputé être un «aliment anticrise» en Algérie et qui suscite un engouement certain chez les ménages, ce produit a bel et bien fini par flamber! C’est marron de le dire puisque que cela n’arrive aujourd’hui que dans la filière avicole, ce qui fait augmenter les suspicions. Le prix unitaire des œufs connaît un ascendant alarmant. Passé de 20, 22, à 25 DA, l’œuf inquiète les consommateurs. Conséquence: les éleveurs accusent aujourd’hui, les éleveurs. Depuis trois semaines déjà, le prix de l’œuf ne cesse de défrayer la chronique de consommation, tant sa flambée des prix n’aurait, semble-t-il, rien à voir avec l’offre et la demande. A ce prix, les ménages au pouvoir d’achat limité en sont indéniablement les gros perdants. Alors que les prix de produits essentiels commencent à baisser de jour en jour, celui de l’œuf a paradoxalement pris un envol inédit et pour le moins vertigineux. Aliment réputé pour ses protéines, l’œuf se fait désormais cher et se rend pratiquement inaccessible aux bourses moyennes. C’est dire combien fut la surprise de ménages sur les marchés du pays à la vue des prix de ce produit avicole, hautement vitaminé et nécessaire aux menus quotidiens. Du coup, le marché algérien des produits de base prend un sérieux revers puisqu’il enregistre, contre toute attente, une hausse préoccupante du prix des œufs. Cette marge de prix de quelques dinars, bien qu’elle soit insignifiante en l’état, a fait que le plateau d’œufs se vend désormais entre 600 et 650 DA au lieu de 370 DA auparavant, ce qui est en soi alarmant car en décalage du point de vue des achats en grande quantité. Cela même si dans certains cas, le prix du plateau de 30 œufs peut coûter entre 540 et 560 DA au détail au lieu de 300 dinars au début du mois. Sur un constat amer: sur les marchés de gros, les prix dépassent désormais 500 DA, mettant ainsi à genoux les consommateurs déjà suffisamment esseulées par une inflation persistante des prix des viandes rouges et des poissons entre autres. Interrogé à Bouira, un gérant de supérette explique que cette hausse coïncide avec une période de forte demande: «Chaque événement festif, comme les fêtes religieuses où les résultats du Baccalauréat, provoque une flambée des prix». En effet, les familles organisent des réceptions, confectionnent des gâteaux et consomment en masse des œufs pour les préparatifs, accentuant ainsi la pression sur le marché. Un autre facteur structurel vient aggraver la situation: la reprise des exportations d’œufs par les producteurs algériens. Depuis une réunion tenue le 23 juin au ministère du Commerce extérieur, les autorités ont donné leur accord de principe pour autoriser les exportations, dans le but de réguler un marché local déséquilibré par une production excédentaire. En effet, l’Algérie a produit 10 milliards d’œufs en 2025, alors que la consommation nationale annuelle varie entre 06 et 07 milliards. Selon la Fédération nationale des éleveurs de volailles, cette décision vise à préserver les producteurs, menacés de faillite à cause de la chute des prix en début d’année. À titre d’exemple, la plaque de 30 œufs s’est vendue à seulement 300 DA, il y a quelques semaines. Face à cet effondrement des marges, l’exportation apparaît comme une soupape de sécurité pour maintenir l’activité des aviculteurs. Si les autorités assurent que les capacités de production permettent à la fois de satisfaire le marché local et de répondre à la demande étrangère, cette période transitoire reste délicate. La situation actuelle révèle les tensions latentes entre les impératifs de rentabilité des producteurs, les choix stratégiques de l’État et les attentes des consommateurs. Si l’exportation peut stabiliser un secteur agricole menacé, elle ne doit pas se faire au détriment du citoyen algérien, déjà confronté à la hausse généralisée des prix. Il revient désormais aux pouvoirs publics de trouver un équilibre durable entre soutien à la filière et protection du pouvoir d’achat.


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