Institutions judiciaires. Lotfi Boudjemaa plaide pour l'amélioration de l'accueil

«Les plaintes récurrentes des administrés sont le signe d’un dysfonctionnement auquel il est impératif d'y remédier», vient de reconnaître officiellement le ministre de la justice Lotfi Boudjemaa depuis Médéa. L'amélioration de l’accueil des justiciables au sein des tribunaux algériens est une condition sine qua non pour répondre de manière plus efficace à leurs besoins. Voilà, en somme, l'appel lancé par le garde des Sceaux et ministre de la justice. E il renchérit : «tant que les citoyens continuent de se plaindre, cela signifie qu’il reste des efforts à fournir. Il faut les écouter, les orienter. Peut-être sont-ils dans l’erreur, ou ont-ils été mal conseillés. Quoi qu’il en soit, c’est à nous de résoudre le problème». Partant de ce constat sans complaisance, le ministre a été interpellé à maintes reprises sur le fonctionnement de la justice, des dysfonctionnements et des lacunes. Lotfi Boudjemaa, faut le dire, est débordé par un agenda bien ficelé de par la multitude de projets de lois exposés au niveau des deux chambres parlementaires, ce qui ne lui laisse guère le temps de faire des visites inopinées, selon des sources judiciaires. Néanmoins, cette sortie à Médéa a été une aubaine pour voir de près la gestion de nos institutions judiciaires. Selon lui, les citoyens ne devraient plus avoir à se déplacer avec des dossiers volumineux: «Une carte d’identité biométrique devrait suffire pour prouver sa nationalité, obtenir un extrait de casier judiciaire ou procéder à une rectification à l’état civil». Il précise dans ce sens que l’administration judiciaire doit aujourd’hui tirer parti des outils numériques pour simplifier les procédures et alléger les démarches des usagers. Le ministre a insisté sur le lien direct entre la qualité du service rendu et la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire: «Si nous parvenons à corriger ces dysfonctionnements, nous pourrons restaurer la confiance des citoyens. Dans le cas contraire, les plaintes continueront de se multiplier ici, auprès du procureur général, du ministère, du wali… et nous continuerons de tourner en rond». Enfin, le ministre a reconnu que les statistiques, aussi positives soient-elles, ne suffisent pas à refléter la réalité sur le terrain. Rappelons que le garde des Sceaux et de par son statut d'ex-Procureur de la Cour d'Alger avait déjà dénoncé dans ses sorties sur le terrain les lenteurs administratives qui entravent les bons services au niveau des juridictions car pour lui, il n’y aura «aucune tolérance» envers les responsables de ces atermoiements et entraves. Il avait déjà exprimé son ras le bol et partant son mécontentement face aux retards dans l’exécution des jugements, soulignant l’importance de réduire ces délais. Il est important de préciser que la rentrée judiciaire promet d'être plus active où il est attendu un vaste mouvement de changements des magistrats, de mutations et de fin de fonctions de certains, devant la complexité des dossiers qui pourront être traités au niveau des juridictions, eu égard au contexte de mutation avec l'apparition de nouveaux dossiers surtout ceux des kidnappings d’enfants, des meurtres et crimes punis et réprimés par le code pénal et le code de procédure pénale qui vient d'être amendé encore une fois par les deux Chambres parlementaires.


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