Les importateurs algériens soumis à une nouvelle procédure. Objectifs: Transparence et efficacité

Que doivent présenter dorénavant les demandeurs de l’autorisation d’importation de biens ou d’équipements entrant dans un usage particulier ou dans le fonctionnement d’une entreprise ? Accélérer les délais de traitement des dépôts des autorisations d’import, évaluer les besoins exacts du marché de consommation et des entreprises est devenu quasi nécessaire pour parer au surapprovisionnement ou dysfonctionnement avec préjudice causé à la production nationale. Le ministère de commerce extérieur apporte de nouveaux éclairages. Un nouveau document appelé «Programme prévisionnel d’importation pour le second semestre 2025» est désormais exigé des importateurs. Cela sert à mieux gérer, réguler et prévoir les importations ultérieures dans un souci légitime de maîtrise des coûts des fluctuations du marché intérieur et de transparence, mais aussi pour protéger la production nationale des surplus ou d’inondation en produit de marchés ce qui est déconseillé pour une économie algérienne en pleine mutation, qui se restructure progressivement et qui lutte contre les importations excessives ou inutiles.
Tout compte fait, dans un souci de transparence, d’efficacité et de coordination intersectorielle, le Ministère du Commerce Extérieur et de la Promotion des Exportations a dévoilé, jeudi, une note explicative encadrant les procédures de dépôt du programme prévisionnel d’importation (PPI) pour le second semestre de l’année en cours. Cette note est destinée à tous les opérateurs économiques sans exception, qu’ils soient personnes physiques ou morales. Il s’agit d’une nouvelle procédure liée aux importations de fonctionnement et/ou à l’équipement des entreprises. Le ministère a, ce faisant, mis en place un processus structuré, articulé autour de six étapes principales: Téléchargement du formulaire: Le modèle du PPI est disponible exclusivement sur le site officiel du ministère : www.mcepe.gov.dz; Remplissage et authentification: L’entreprise doit compléter le tableau du programme prévisionnel, le signer et le tamponner; Visa ministériel obligatoire: Avant dépôt, le document doit être validé par le ministère de tutelle correspondant au secteur d’activité de l’entreprise (énergie, industrie, agriculture, etc...); Dépôt électronique: Le tableau visé doit être envoyé uniquement à l’adresse e-mail suivante: ppfonctionnement@mcepe.gov.dz. Aucun autre mode d’envoi ne sera accepté ; Réponse sous 7 jours : Le ministère s’engage à retourner le tableau validé à l’adresse e-mail de l’opérateur dans un délai maximal de sept (07) jours ; Début des opérations : Une fois le tableau validé reçu, l’entreprise peut engager ses opérations d’importation. Il s’agit en clair d’un document inédit qui est soumis à l’importateur et dans lequel ce dernier s’astreint de répondre et de notifier toutes les informations d’usage nécessaires à l’accomplissement de la formalité d’importation avant de bénéficier de la fameuse autorisation d’importation. Cette procédure vise, selon le communiqué officiel, à renforcer la transparence, à mieux réguler les flux d’importations et à protéger le tissu productif national. Elle s’inscrit pleinement dans les priorités économiques du gouvernement algérien, notamment dans un contexte où l’optimisation des ressources et la réduction de la facture d’importation sont devenues stratégiques. Par ailleurs, cette démarche permet une meilleure coordination entre les différents ministères de tutelle et facilite la traçabilité des opérations d’importation dans des secteurs jugés sensibles ou stratégiques tels que l’énergie, l’industrie pharmaceutique, ou l’agriculture. Dans le prolongement de sa stratégie de régulation des flux financiers et des importations, le gouvernement algérien a introduit une nouvelle exigence dans le domaine des services importés. L’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF) a informé, le 9 juillet 2025, l’ensemble des établissements bancaires qu’une autorisation préalable du ministère du Commerce extérieur est désormais obligatoire pour toute domiciliation bancaire liée à l’importation de services. Une mesure immédiate et impérative. La note officielle précise que cette disposition est d’application immédiate. Ainsi, les banques ne peuvent plus effectuer de domiciliation ou de transfert de fonds pour ce type d’opération sans avoir reçu le feu vert officiel du ministère concerné. Cela inclut les prestations telles que la maintenance technique, la formation, le conseil, les services numériques ou encore l’ingénierie. Cette décision s’inscrit dans un contexte de contrôle renforcé des sorties de devises, dans le but de réduire la dépendance du pays aux importations de services et de mieux aligner ces flux avec les priorités économiques nationales. Cette mesure aura sans doute des répercussions concrètes sur les délais de traitement des opérations pour les entreprises algériennes, en particulier les PME qui font appel à des prestataires étrangers. Elles devront désormais intégrer ce nouveau paramètre administratif dans leur organisation et leurs prévisions financières. En 2023, l’Algérie avait importé près de 8,5 milliards de dollars de services, ce qui montre l’enjeu stratégique d’un encadrement strict de ces opérations. Ce contrôle accru pourrait, à moyen terme, encourager le développement de solutions locales, en particulier dans des secteurs comme la formation, l’expertise technique ou les services digitaux.


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