Le Carrefour de Mostaganem

Les autres jeunes dont on ne parle jamais

Par Charef Kassous

A l’instar des autres régions du pays, à Mostaganem, la frange de la population jeune est importante non seulement par le nombre mais aussi par ses diverses catégories. On peut les distinguer aussi par leur appartenance car il y a une jeunesse citadine, il y a une jeunesse rurale, il y a une jeunesse universitaire et il y a l’autre jeunesse que l’on a tendance à oublier dans les diverses approches de promotion. Il s’agit de toute cette frange de jeunes qui, pour de multiples raisons, ne figurent sur aucun plan d’action ni de programmes de promotion. Ce sont ces jeunes qui n’ont jamais été scolarisés, ou déscolarisés pour des circonstances et ceux accidentés de la vie et par conséquent n’ont ni formation, ni profil intéressant mais ils font partie du pourcentage des jeunes. Ce qui est impensable, chez nous, c’est que de cette frange personne n’en parle. Néanmoins, il est essentiel de rappeler que l’État a mis à la disposition de tous ceux qui le veulent des mécanismes pour que toutes et tous puissent avoir des métiers et adhérer à l’emploi, la possibilité de se promouvoir. C’est aussi certain que l’État a mis des mécanismes pour résorber le chômage par la formation et l’allocation chômage, d’autres pour la réinsertion. Cependant dans cette même catégorie, il y a bon nombre de jeunes qui endurent l’oisiveté rongés par le chômage, par l’oisiveté qui les a sombré dans l’asphyxie avec des conséquences préjudiciables. Les Offices de jeunesse (ODEJ) sont à bout de souffle et ne proposent quasi aucune perspective ni aux jeunes des villes ni à ceux des zones rurales. Le Haut Conseil de la Jeunesse (HCJ), instauré par le Président de la République, est alors un mécanisme prometteur, un instrument louable de la promotion de la jeunesse. Toutefois, beaucoup de jeunes de cette franche, hors environnement universitaire, ne le connaissent même pas. A Mostaganem, les 04 membres représentants du HCJ ne se sont jamais intéressés aux jeunes ruraux, ni aux jeunes des quartiers, ni ils les ont approchés, ni ils se sont inquiétés de leurs préoccupations au quotidien. Approchés par notre correspondant dans des zones rurales, certains de ces derniers affirment qu’ils ne connaissent pas ces représentants. Un jeune éleveur nous assure qu’il a entendu parler du HCJ mais il ne sait rien de ses représentants. Une jeune fille, femme de charge, dans un hôtel, dit qu’elle les aperçoit sur les réseaux sociaux mais toujours avec des responsables mais jamais en contact avec les jeunes. Un gardien de parking, moins de la trentaine déclare avoir le niveau de terminal mais il ne voit rien dans son entourage, ni ne connaît ces interlocuteurs des jeunes. Un jeune marin, à l’Est de la wilaya, parle plutôt de ses problèmes pour dire que normalement ces représentants, doivent aussi s’en occuper ne serait-ce que pour nous écouter et prendre en charge nos doléances. Un jeune, ancien détenu, parle du haut pourcentage de jeunes dans le centre pénitencier et il a souhaité les voir se rapprocher des maisons d’arrêt pour s’informer tout au moins. Pour dire, enfin, que cette catégorie doit aussi interpeller les membres du HCJ. Tout compte fait, cela se résume au fait que les représentants du HCJ à Mostaganem ont du pain sur la planche. Tous ceux et celles jeunes, disons les autres abordés sur ce sujet, espèrent un jour voir ces représentants s’occuper de toutes les catégories de jeunes sans distinction …mais à défaut de feuille de route cette représentation est déjà épuisée.

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Siège de Mazagran. (II partie)

Par Y.Benguettat

Siège de Mazagran du 03 au 06 Février 1840. Période française. Les Combats de Mazagran (février 1840 Légende et Réalité titre que nous avons choisi : Ce n’est pas une simple publication sur ce sujet, c’est tout un livre qu’il faut et c’est un travail de recherche de documents qui prend beaucoup de temps. Donc voici un aperçu récolté de différents ouvrages pour avoir une idée sur cette affaire. Maintenant, qui sont ces 123 soldats qui occupaient le fort de Mazagran ? A cette question, nous avons retrouvé un document daté de 1843 en page 12 qui cite en exemple ceci : ces remplaçants, frappés de peines disciplinaires, ont été envoyés en Algérie. Ils composaient en grande partie la garnison de Mazagran. La petite garnison des héroïques défenseurs de Mazagran comptait les trois cinquièmes de son effectif dans la classe des remplaçants. C’est le genre d’énergumènes qu’il n’est pas bon de rencontrer. S’adonnant à des beuveries, le jeu de cartes, et la pipe tel était leur quotidien. Lelievre, un voyou de la pire espèce qui devint Le fameux capitaine Lelievre, un ignare n’ayant aucune morale. Traduit devant un conseil de guerre, était devenu après ce siège un héros hors du commun. Lelièvre termina hors cadre et mourut le 25 Mai 1851. Une autre information de taille va nous permettre de conclure cette histoire. Nous sommes le 1er Avril 1878 en séance devant les députés. Monsieur Briere député de pithiviers demandait à Monsieur Lepère, sous-secrétaire d’état à l’intérieur, si le gouvernement allait tolérer la destruction du monument élevé par souscription nationale dans la municipalité de Malesherbes en l’honneur des héroïques soldats de Mazagran. Monsieur Charpentier, député d'Etampes, répliqua tout de suite à la stupéfaction de ses collègues. Il leur dit ceci : l’histoire de la défense de Mazagran n’avait aucune authenticité. C’est une fausse nouvelle, conclut-il catégoriquement. Hilaire Etienne Lelièvre est né en 1800 à Malesherbes (emplacement de l’Hôtel du lion d’Or, dans la rue de la République appelée à l'époque Rue Neuve). Ses parents étaient Étienne Lelièvre et Eleanor Dupeu. Capitaine de la 10è compagnie du 1er bataillon d’Afrique, avec le lieutenant Magnien, le sous-lieutenant Durand et 123 soldats (des «Zéphirs») qu’on appellera les "lapins du capitaine Lelièvre", il défendit le fort de Mazagran, près de Mostaganem (Algérie) les 3, 4, 5 et 6 février 1840 contre les attaques de 12000 Arabes commandés par Mustapha Ben Thami, lieutenant d’Abdelkader. Quand le colonel Dubarail arriva à leur secours avec la garnison de Mostaganem, il leur demanda ce qu’ils voulaient et ils répondirent "Du biscuit, des cartouches et l’ennemi" (le biscuit, ce n'est pas du gâteau mais du pain cuit deux fois) Après la bataille, Lelièvre fut nommé chef de bataillon, Mazagran est la victoire emblématique de la conquête de l’Algérie et eut un retentissement national (de nombreuses villes possèdent une place ou une rue Mazagran), des récits, des poèmes, des chansons, tous dithyrambiques, furent écrits. Dans "L'enfant" Jules Vallès raconte qu'avec ses camarades, il jouait à "Mazagran". Dans "La débâcle", un vieux soldat se souvient de Mazagran. De retour à Malesherbes, il fut nommé commandant de la garde nationale de Malesherbes. Il mourut à Malesherbes en 1851. Les soldats du capitaine étaient des "têtes brûlées", qui s'étaient retrouvés dans les "Bat' d'af" après une peine de prison (à la suite de bagarres, injures à supérieur...). Trois monuments commémoratifs furent élevés à Malesherbes (ils ont été tous démolis): Une colonne érigée en 1843 (souscription nationale) sur la place du Martroi et démolie en 1878 car elle tombait en ruine et gênait la circulation. Un monument sur la place Mazagran : boulets et canons, érigé en 1880 et remplacé au même endroit en 1898 par une statue en bronze. Le dernier des «lapins», Fleuret, assista à l’inauguration de cette statue. Il mourut en 1900 à Commentry (Allier) et son corps fut enterré à Malesherbes aux côtés du Capitaine Lelièvre. Cette statue fut déposée pour être fondue en 1942. En Algérie, sur les lieux mêmes de la bataille, une colonne érigée en 1853 existe encore ainsi qu'une église portant une plaque commémorative. Ainsi se termine cet aperçu de cette histoire sur le siège de Mazagran en Février 1840.

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Rupture du jeûne à coups de canon.

Par Med Soltane

249674-020425Cette approche reste intéressante car elle reflète l'histoire complexe et les influences culturelles qui ont marqué l'Algérie pendant la période coloniale. En effet, pendant la colonisation française, les autorités coloniales ont souvent imposé leurs propres traditions et pratiques culturelles sur les populations locales. Dans le cas de la rupture du jeûne pendant le Ramadan, l'utilisation de tirs de canon pour signaler la fin du jeûne était une pratique courante. C’était pratiqué dans certaines régions d'Algérie, notamment à Mostaganem. Le fort turc de Mostaganem, qui date du XVIe siècle, était un symbole de la présence coloniale française dans la région. L'utilisation de ce fort pour tirer des coups de canon pour signaler la rupture du jeûne était probablement une manière pour les autorités coloniales de marquer leur présence et leur influence sur les traditions locales. Cependant, il est important de noter que cette pratique n'était pas universellement acceptée par les populations locales, qui ont souvent résisté à l'imposition de traditions et de pratiques culturelles étrangères. Aujourd'hui, la rupture du jeûne pendant le Ramadan est célébrée de manière plus traditionnelle et authentique en Algérie, sans l'utilisation de tirs de canon. Une précision historique ! C'est fascinant de voir comment les traditions et les pratiques culturelles peuvent se diffuser et évoluer au fil du temps et des empires. En effet, l'utilisation de tirs de canon pour signaler la rupture du jeûne pendant le Ramadan a des racines historiques profondes. Comme vous l'avez mentionné, cette pratique remonte à l'Égypte, où elle a été utilisée pour la première fois sous les Fatimides au Xe siècle. Les Ottomans, qui ont conquis l'Égypte au XVIe siècle, ont repris cette tradition et l'ont étendue à d'autres régions de leur empire, y compris les Balkans et le Moyen-Orient. La France coloniale, qui a occupé l'Algérie au XIXe siècle, a également adopté cette pratique pour signaler la rupture du jeûne pendant le Ramadan. Cependant, comme je vous l'avais souligné, cette décision était probablement motivée par des intérêts politiques et diplomatiques, notamment pour montrer du respect pour les règles musulmanes et maintenir de bonnes relations avec les populations locales. Il est intéressant de noter que cette pratique a été abandonnée après l'indépendance de l'Algérie en 1962, et que la rupture du jeûne pendant le Ramadan est maintenant célébrée de manière plus traditionnelle et authentique.


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