Pêche à Mostaganem. Des «Assises» pour redresser la barre du secteur

De nos jours, le secteur de la pêche et de l’aquaculture à Mostaganem bat de l’aile et ce, pour bien des raisons. Cela fait plus de vingt années que le secteur vit des situations très exaspérantes. La pêche et l’aquaculture devraient constituer pour la wilaya un levier assurément avantageux pour l’économie. Nonobstant, ce domaine avance à reculons et à Mostaganem les consommateurs ont déjà oublié la saveur du poisson pour être hors de prix. A l’occasion de la dernière session de l’APW, le wali, Mr Ahmed Boudouh, aborda la question de la pêche, mettant en exergue ses incohérences mais pointant à l’horizon des Assises sur le secteur avec l’intention de redresser sa barre et en faire un instrument pour une réelle contribution à la dynamique économique de la wilaya. Cent vingt-cinq kilomètres de côte, des zones de pêche des plantureuses, un stock pêchable, une flottille de plus de cinquante embarcations, des professionnels aguerris, un Institut de formation, une Chambre de la pêche et de l’aquaculture, deux ports de pêche maritimes et deux administrations…, en somme, des instruments notablement avantageux pour faire redorer au secteur son blason d’antan. Sauf que ce secteur à Mostaganem a été ébréché, des années durant, pour des raisons de gestion inappropriée, due carrément à l’incompétence des gestionnaires qui se sont succédé. Ces dernières années, on a tenté de rehausser le secteur avec d’autres approches plus professionnelles mais le secteur était, malheureusement, très perverti. Aujourd’hui, la pêche est accrochée dans ses propres filets et les bassins de l’aquaculture semblent avoir disparus du décor. Les Assises préconisées par le wali devraient faire toute la lumière sur la léthargie du secteur avec, peut- être, des perspectives salvatrices. C’est, justement, ce que les citoyens de cette wilaya côtière espèrent bien.
Le constat est amer car dans la wilaya de Mostaganem, même une production halieutique mitigée, on achète plus cher qu’en dehors de la wilaya et c’est une mystérieuse énigme. Le wali a alors chargé l’Assemblée Populaire de la wilaya afin d’organiser des «Assises» afin de lancer un vrai débat sur les tenants et les aboutissants du secteur avec à la clé des solutions visant à sauvegarder les richesses halieutiques et protéger les zones de pêche et enfin, permettre aux consommateurs d’avoir du poisson dans leurs plats. Toutefois, faut-il le rappeler, la pêche a ses lois mais elle a aussi ses péchés. Il ne faut pas chercher ailleurs, le secteur se noie dans un verre d’eau pour plusieurs facteurs. Sa gestion administrative est une fiche à revoir car sa promotion en dépend. D’un autre côté, le non-respect des arrêts biologiques, le non-respect des zones de pêche selon l’armement, le non-respect des tailles marchandes, le manque de professionnalisme, l’absence d’études prospectives, la non mutualisation des marins pêcheurs, le récurrent problème de la maintenance des embarcations, la pièce détachée des moteurs marins, l’aspect spéculatif du produit pêché et enfin les comportements malveillants de certains patrons de pêche en mer. Tous ces facteurs réunis ont décontenancé la pêche et ont fait que l’économie nommée "bleue", à Mostaganem, ne ressemble à rien. Quant à l’aquaculture, ce domaine à Mostaganem est une imposture caractérisée. C’est ainsi que les prochaines Assises annoncées par le wali apporteront, sans nul doute, des remèdes à un secteur malade.


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