Un réseau criminel spécialisé en trafic illégal d’or à la barre. 135 milliards de centimes gelés par la justice

Une affaire de vaste trafic illicite et de falsification dans laquelle sont impliqués des bijouteries et plus de 50 individus dont 22 sont actuellement en détention, a fini devant la barre. Il s’agit incontestablement du plus gros scandale de l’or en Algérie, révélé par les éléments de la section anticriminelle de la Sûreté nationale, avec probablement des milliers de centaines blanchis et la saisie entre autres de 41 milliards, selon certaines sources dignes de foi. Une grosse affaire de blanchiment, d’argent sale, fraude fiscale et de corruption dont les ramifications pourraient faire tomber d’autres masques de personnes, au vu de l’étendue du trafic, de l’importance et de la gravité des crimes et délits commis. Des faits reconnus d’actes de sabotage et d’atteintes à l’économie nationale, ont pu être ainsi démasqués après une minutieuse enquête des services de sécurité. Dans ce cadre, la première Chambre pénale près la Cour d’Alger a ouvert un dossier lourd qui concerne un réseau criminel, spécialisé en trafic illégal d’or. 50 accusés sont impliqués dans cette affaire dont 22 actuellement détenus à l’établissement pénitentiaire d’El Harrach et 13 autres placés sous contrôle judiciaire par le juge d’instruction. Ils vont tous comparaître au cours de la journée prévue du 26 mars prochain. Parmi les accusés, figurent également trois sociétés, opérant dans le secteur de l’or, notamment la bijouterie «Wissam». Le principal suspect, son propriétaire, âgé de 59 ans et résidant à Ben Aknoun (Alger), est actuellement en détention. Il est accusé d’avoir importé d’importantes quantités d’or de l’étranger. Il a utilisé le registre de commerce de son entreprise et profité des facilités accordées par la loi sur le change, pour l’acquisition de devises au taux bancaire. Les accusés sont poursuivis pour corruption, liée à la contrebande d’or, fraude fiscale, blanchiment d’argent dans le cadre d’une organisation criminelle, faux et usage de faux, ainsi que pour exercice d’activités commerciales frauduleuses et violation de la législation sur le change. Alors que le 17 mai 2023 et suite à un signalement concernant des activités commerciales frauduleuses portant atteinte à l’économie nationale, une enquête préliminaire a été ouverte. Les faits concernaient un trafic illégal de métaux précieux et de fraude fiscale. L’enquête a également révélé des dépôts en espèces de montants très importants dont l’origine était dissimulée par des transferts bancaires complexes. Ces opérations impliquaient la complicité de fonctionnaires publics pour justifier de faux paiements de factures liées à des activités commerciales fictives. Début mai 2023, les services de sécurité nationale ont réussi à démanteler ce réseau criminel et à saisir des biens et des fonds d’une valeur dépassant les 330 milliards de centimes. Les saisies comprennent plus de 135 kg d’or, plus de 180 kg d’argent dont 140 kg de matière première, 05 milliards de centimes algériens, 32.000 euros et enfin des comptes bancaires gelés totalisant plus de 135 milliards de centimes. L’enquête approfondie, soutenue par des procédures d’extension de compétence et des mandats de perquisition, a permis d’identifier les membres du réseau, originaires des wilayas de Batna, Constantine, Biskra et Alger. Selon l’enquête, le principal suspect, à savoir le propriétaire de la bijouterie «Wissam», revendait l’or importé sur le marché noir et déposait les revenus sur son compte bancaire personnel. Il utilisait des registres de commerce établis au nom des membres du réseau pour des activités fictives, avec la complicité d’employés d’une banque nationale. Les enquêteurs ont découvert que le volume des transactions financières sur le compte du principal suspect dépassait les 1.100 milliards de centimes.


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