Béjaïa. La ménagère à rude épreuve durant le Ramadhan

Plus d’une semaine après le début du Ramadhan à Bejaïa, le moins que l’on puisse dire est que ce sont les mêmes images qui reviennent. C’est le même décor planté, et au menu, chaînes interminables, étalage sur trottoirs, solidarité et restos du cœur. Comme à l’accoutumée l’étalage sur les trottoirs des produits et même ceux classés sensibles refait surface en pareil période, où l’on vend tout sur la voie publique dans certaines régions. Ce phénomène refait surface à chaque mois sacré, et ce malgré les efforts des services de sécurité pour l’éradiquer.

Des services de sécurité ont mis en place un plan spécial Ramadhan pour la sécurisation des lieux publics. Pour ce qui est des prix des produits à large consommation, il est relevé pour cette première décade une hausse pour ce qui est des fruits et légumes et surtout la banane dont le prix a dépassé tout entendement. En se rendant dans certains marchés de détails que ce soit à Bejaia ou des autres régions de la wilaya, les commerçants de fruits et légumes renvoient la balle aux mandataires grossistes qui sont derrière les augmentations du prix de ce produit et les mandataires, à leur tour, accusent les importateurs «de stocker la banane pour qu’ensuite augmenter son prix durant le mois de Ramadhan». Qui croire ? C’est la question pertinente qui se pose avec acuité en pareille circonstances. Pour cette question des prix, au niveau de la direction du commerce de la wilaya on nous informe que «même si les prix sont libres avec l’économie de marché, cela ne nous empêche pas de veiller à leur stabilisation par une présence permanente de nos agents». Pour ce faire, des brigades de contrôle sont opérationnelles avec une soixantaine d’agents contrôleurs et les actions de contrôle, nous précise-t-on, «s’intensifient surtout dans les marchés et autres lieux de commerce en accentuant le contrôle sur la pratique commerciale et la qualité des produits proposés en vente». Les personnes interrogées et/ou accostées au niveau des marchés sont unanimes à relever la hausse des prix à large consommation. La bourse ménagère est soumise à rude épreuve, où il faut faire face aux dépenses du Ramadhan et puis bientôt de l’Aïd aussi. Ramadhan se distingue à Bejaïa par les chaînes devant les Boulangerie, les guichets de postes. Des chaînes parfois interminables et lassantes. Les chaînes interminables pour acquérir le lait en sachet réapparaissent et la tension sur ce produit est toujours de mise. Même si les unités produisent toujours et ont même augmenté les quantités de lait, après augmentation aussi des quotas de la poudre subventionnée par l’Etat, que distribue l’office interprofessionnel du lait (ONIL), l’on constate toujours que l’approvisionnement reste toujours perturbé. Au niveau de la poste principale de Bejaia on nous informe que "cette année il n’y a pas de manque de liquidité et pour réduire l’affluence devant les guichets de retrait CCP, les distributeurs automatiques sont régulièrement alimentés de billets de banques".
Concernant la solidarité durant ce mois de Ramadhan, plusieurs restaurants «Rahma» sont ouverts, à travers le territoire de la wilaya de Béjaïa, qui sont gérés par le Croissant Rouge Algérien (CRA), les associations caritatives, les bienfaiteurs et les communes. Des couffins alimentaires sont aussi distribués à des familles nécessiteuses, préalablement recensées. «Ces colis alimentaires ont été acquis grâce aux aides des particuliers et des dons des bienfaiteurs», apprend-on des responsables du Croissant rouge de la wilaya de Bejaïa. La direction des affaires religieuses est venue aussi en aide aux nécessiteux de la wilaya en distribuant des aides financières, issues de l’argent de la Zakat. A cela, il faut ajouter la contribution des communes en procédant au versement des aides aux comptes des familles concernées, mettant fin au fameux couffin distribué dans le passé qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. La particularité du Ramadhan de cette année est la disponibilité des produits de large consommation, et ce grâce aux dispositions prises par l’Etat en ce qui concerne la lutte contre la spéculation. Les infractions commerciales durant le Ramadhan, mois où les taux de consommation grimpent, sont devenues légion. C’est ce qu’on peut dire en se référant aux bilans partiels fournis par la direction du commerce dont les agents ont multiplié les descentes durant ce mois pour contrôler le commerce et protéger le consommateur. Ainsi, la direction du commerce de la wilaya de Bejaïa a effectué, durant la première décade du Ramadhan, plus de 1000 contrôles de commerçants de la wilaya, en déployant sur le terrain plusieurs brigades pour le contrôle des pratiques commerciales et de la qualité.
Durant ces interventions, un grand nombre d’infractions aux règles du commerce ont été constatées par les agents contrôleurs qui sont liées au manque d’hygiène, à la vente de produits avariés, défaut d’étiquetage et l’exercice d’une activité commerciale sans registre de commerce. Des produits alimentaires avariés ont été également saisis qui sont dans la majeure partie des viandes blanches et rouges et des produits de pâtisserie orientale dont Kalb Elouz et Zlabia, qui sont fabriqués dans des conditions lamentables. Selon la direction du Commerce de la wilaya de Bejaïa, «les brigades de contrôle du commerce sont mobilisés pour intensifier les contrôles durant ce mois de Ramadhan en continuant les visites sur le terrain en ciblant principalement les commerces, les marchés hebdomadaires et unités de fabrications de produits alimentaires».


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