Pourquoi les viandes coûtent de plus en plus cher en Algérie autant que les bananes dont les barons sont dans le collimateur? Il est certain que les viandes et les bananes sont en train de détenir le hit parade tellement leurs prix sont excessifs. Ainsi donc, autant on importerait les viandes et les bananes dont les prix sont pourtant censés être fixes mais qui restent otages de spéculation. Comment se fait-il que le marché abonde en quantités disponibles et que les prix dépassent les seuils légaux fixés? A cette sempiternelle question, le ministère de Commerce intérieur a ordonné des enquêtes approfondies. Une certitude de dire que les viandes importées sont en train de subir une vraie fluctuation des prix pour le moins insensée durant ce Ramadhan. Proposée à 1.200 DA, prix officiel de l’Etat, les viandes bovines importées s’arrachent entre les mains des consommateurs et au prix fort s’il vous plait. A l’évidence, il semble que tous les moyens semblent, de nos jours, bons pour les commerçants indélicats pour se faire illégalement de l’argent facile, au détriment du pouvoir d’achat. Ce qui a contraint le ministère du Commerce à annoncer des « enquêtes approfondies». Les viandes rouges importées, dont les prix de vente sont «fixes», sont malgré tout la proie d’une spéculation qui ne dit pas son nom. C’est néanmoins le cas de la viande bovine importée de 1.200 DA qui s’est affichée à 1.300 ou 1.400 DA le kilo dans certaines boucheries qui ont justifié cette hausse de prix par sa rareté et celui de la viande d’agneau importée dont les prix ont plafonné les 1.800 DA le kilo alors que son prix fixe ne dépasse pas les 1.700 DA le kilo. Dans ce registre, le ministre du Commerce intérieur et de la régulation du marché national, Tayeb Zitouni, a ordonné l’ouverture d’enquêtes approfondies concernant la hausse injustifiée des prix de la viande importée, observée durant le mois de Ramadhan dans certains points de vente. Il semble évident que l’Algérien simple n’arrive plus à s’assurer sa marmite du Ramadhan avec quelques boulettes de viande ni à se passer des prix dictés par des commerçants sans foi ni loi. La raison en est que ces augmentations ont dépassé le plafond légal fixé à une marge bénéficiaire ne dépassant pas 8%, lors de la distribution au détail. Cette flambée des prix, susceptible d’affecter le pouvoir d’achat des citoyens, a poussé le ministère à agir pour identifier les responsables de ces manipulations du marché d’autant plus que les quantités disponibles dépassent les besoins des Algériens. En effet, 17.000 tonnes de viande en provenance d’Espagne, du Brésil et de Roumanie ont été recensées pour le mois de Ramadhan. Les hausses de prix concernent principalement la viande espagnole, très demandée par les acheteurs. Les investigations préliminaires, depuis jeudi, ont ciblé plusieurs boucheries d’Aïn Benian et ceux des Eucalyptus à Alger. Trois opérateurs ont été mis en cause et soumis à une enquête, tandis que les domiciliations bancaires d’importation de viandes sont en examen. Même refrain pour les factures ainsi que les prix de vente appliqués aux détaillants qui sont au cœur de vérifications des inspecteurs de commerce. Malgré l’arrivée de quantités de viandes importées, excédant largement la demande locale, les prix ont continué à rebondir suscitant des suspicions de pratiques monopolistiques et de spéculation illégale. Ce qui a poussé les enquêteurs à durcir le tir flairant une supercherie et une spéculation dans la filière des viandes rouges importées. Conformément à la loi de lutte contre la spéculation illégale, adoptée pour contrer les monopoles et les manipulations des prix des produits de base, le ministère du Commerce a intensifié ses actions. Cette loi prévoit des sanctions sévères, pouvant aller jusqu’à 30 ans de prison dans les cas les plus graves, notamment lorsque la hausse des prix est intentionnelle et concerne des produits à large consommation. Les peines encourues varient en fonction de la gravité des infractions: de 5 à 10 ans de prison et de lourdes amendes pour les spéculateurs impliqués dans la manipulation des produits de base. De 10 à 20 ans de prison si le délit est commis en période de crise, de catastrophe ou s’il provoque des perturbations sur le marché. De 20 à 30 ans de prison si les contrevenants font partie d’un réseau organisé visant à créer une pénurie artificielle ou à augmenter les prix de manière illicite. Le ministère travaille en coordination avec les services de sécurité et judiciaires pour identifier les contrevenants qui seront traduits en justice sans aucune tolérance. Entre autres tarifs officiels de la viande importée qui sont cités: viande ovine espagnole: 2.050 dinars/kg; viande bovine espagnole: 1.350 dinars/kg; viande brésilienne sous vide: 1.200 dinars/kg. Toutefois des dépassements flagrants ont eu lieu dans certains marchés. La banane aussi a vu ses prix s’enflammer ces temps-ci. L’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) s’en défend et a publié un communiqué disant que «les grossistes et les détaillants ne sont pas responsables de la flambée des prix de la banane». L’Organisation pointe plutôt du doigt certains importateurs qu’elle accuse de spéculer sur les prix à travers des pratiques opaques. Selon l’Union, certains importateurs vendent les bananes à des prix élevés, tout en imposant aux commerçants des facturations à des tarifs bien inférieurs, ce qui entraîne une hausse injustifiée des prix. L’UGCAA rappelle que ces pratiques trompeuses avaient déjà été dénoncées il y a plus d’un an, sans qu’aucune mesure concrète n’ait été prise pour y remédier.
Grosse spéculation sur la viande importée et les bananes. Des prix, des questions et des enquêtes
- par B. Habib
- Le 09 Mars 2025
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