«L'accord de 1968, c'est le président». Macron recadre Bayrou et Retailleau

Enfin le président français, Emmanuel Macron, rompt le silence et se positionne par rapport aux déclarations de ses deux principaux ministres des plus controversés actuellement au sein de son gouvernement. On le disait déjà, Retailleau et Bayrou qui ont fourré leur nez dans ce qui ne les regardait guère, risquent aujourd’hui gros en mettant désormais leur avenir politique sur une véritable poudrière, après les derniers propos «rectifiant le tir» du président français Macron». Le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a tenu à sortir la torche pour corriger le «champ lumineux» des déclarations de ses deux ministres illuminés Bayrou et Retailleau et à se démarquer de son Premier ministre, François Bayrou, et de son ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, sur la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968, rappelant que ce dossier relève de sa compétence, a rapporté, Le Figaro, ce lundi. Ce refus public du président français des aplombs mal choisis et déplacés par ses Premier ministre et ministre de l’Intérieur qui ont dénigré et critiqué l’Accord sur l’immigration de 1968, signé par les deux Etats algériens et français, renseigne si besoin est sur la profondeur de la crise politique dans le gouvernement français. Incontestablement, Macron vient de remettre Bayrou et Retailleau à leur place. En effet, le chef de l'État dit s'opposer à une dénonciation de l'accord de 1968 avec l'Algérie, affichant son désaccord avec son Premier ministre et son ministre de l'Intérieur. “Chacun est dans ses compétences. L’accord de 1968, c’est le président de la République”, a en effet assené Macron au Figaro, à bord de l’avion présidentiel, lors de son déplacement au Sommet de Londres sur l’Ukraine, dimanche. La semaine dernière, François Bayrou avait lancé un ultimatum sur ce texte qui donne aux Algériens des facilités de circulation en France. Macron s’est dit favorable à «renégocier» après la tension avec Alger. Pour le président français, ses deux ministres ont dépassé leurs prérogatives, l’un lançant à Alger un «ultimatum» sur la reprise par l’Algérie de ses immigrés clandestins et le second menaçant l’Algérie davantage de sanctions.

Et pourtant, cet accord sur l’immigration n’a jamais été un cadeau de la France à l’Algérie. "L'accord de 1968, c'est le président de la République", a rappelé Emmanuel Macron dans les pages du Figaro. Un véritable rappel à l'ordre. Dans des propos rapportés par Le Figaro, Emmanuel Macron recadre son Premier ministre et son ministre de l'Intérieur sur l'Algérie. Les deux hommes ont durci le ton ces dernières semaines concernant les relations entre Paris et Alger et notamment sur le sujet des immigrés illégaux, dans la foulée de l'attentat de Mulhouse. Alors que Bruno Retailleau réclame d'établir un "rapport de force" avec l'Algérie, François Bayrou a donné entre quatre et six semaines à Alger pour se montrer plus coopératif dans la reprise de ses ressortissants clandestins. Le chef du gouvernement a également avancé que si l'accord de 1968 qui donne aux Algériens des facilités de circulation en France, n'était "pas respecté" alors, il serait "dénoncé". Ce que refuse Emmanuel Macron. Auprès du Figaro, le chef de l'État met les choses au point: "L'accord de 1968, c'est le président de la République". Et Emmanuel Macron de poursuivre: "ce qu'on a acté avec le président Tebboune en 2022, c'est sa modernisation. Je suis totalement favorable, non pas à le dénoncer, mais à le renégocier". Le dirigeant français rappelle également que "la sécurité des Français est au-dessus de tout. Je veux protéger les Français et je pense que le gouvernement a la même priorité". Mais plutôt que l'affrontement, il souhaite "engager un dialogue exigeant et respectueux", rappelant que "c'est ensemble que l'on peut faire des choses intelligentes des deux côtés". Il a toutefois appelé à “engager un dialogue exigeant et respectueux”. “C’est ensemble que l’on peut faire des choses intelligentes pour les deux côtés”, a-t-il noté. Selon Le Figaro, Emmanuel Macron considère aussi que les chiffres des laissez-passer consulaires délivrés par Alger “ne sont pas si mauvais ces derniers temps” (3.000 selon Beauvau, en 2024), “surtout lorsqu’on les compare à ceux d’autres pays d’Afrique du Nord”. Que contient cet accord que souhaite revoir François Bayrou ? Ce document historique signé entre les deux pays procure de facilité de circulation aux ressortissants algériens du moment qu’il ne les astreint aux visas. Il avait été révisé par trois fois en 1985, 1994 et 2001. Macron ne veut pas une dénonciation de cet accord, mais sa renégociation…


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