On prétend qu’il y a une crise de l’immigration en France mais rien n’est plus faux, car pour la seule année 2022 plus de 5 millions de migrants sont entrés en Europe et en France à partir d’un pays hors l’Union européenne. On n’imagine pas moins aussi le conflit Russie Ukraine et ce qu’il avait provoqué d’immigration en Europe. La question de l’immigration en France est utilisée par une certaine classe politique de droite et de l’extrême droite à des formes de dérivatifs, une carte qui a tendance à semer la haine et les craintes dans la mesure où il ne s’agit plus d’un débat constructif, vrai avec les spécialistes, les ONG par exemple. Pourquoi alors la France s’en prend-elle à l’Algérie la rendant responsable de tous les «maux» de l’immigration alors que plus de 15 millions de français ont des nationalités étrangères, c’est-à- dire ne sont pas nés forcément en France? L’acharnement outre mesure de la France de l’extrême droite contre l’Algérie et relayé par certains médias de l’hexagone qui ont pris fait et cause pour cette mouvance ségrégative est vivement dénoncé en France et constitue un «sujet de division» au sein du gouvernement, et non seulement au sein de la société française dès lors que des voix s’élèvent pour appeler à engager un dialogue sérieux et serein de manière à dépasser les divergences pour l’intérêt des deux Nations. Le président français Emmanuel Macron a-t-il vraiment l’intention d’apaiser ce climat délétère ? Le président français a en effet appelé, ce vendredi, l’Algérie à «réengager un travail de fond» avec la France sur les accords d’immigration liant les deux pays. Lors d’une conférence de presse à Porto, dans le cadre d’une visite d’État au Portugal, le chef de l’État a également mis en garde contre les «jeux politiques» qui enveniment le débat sur l’immigration, un sujet sensible qui continue de fragiliser les relations franco-algériennes. «Nous n’avancerons pas s’il n’y a pas un travail. On ne peut pas se parler par voie de presse, c’est ridicule, ça ne marche jamais comme cela», a déclaré Emmanuel Macron, insistant sur la nécessité d’un dialogue constructif entre les deux nations. Il a également souligné que les «millions de Français nés de parents algériens» ne devraient pas être «pris dans ces débats», appelant à préserver les liens humains et historiques qui unissent les deux pays. Les observateurs retiennent que par ses déclarations, le président français espèrerait probablement que l’Algérie en vienne à «engager le premier pas» alors qu’il est diplomatiquement légal que c’est la France qui doit le faire en premier suite aux déclarations incendiaires de certains de ses ministres de «poche», Retailleau et Barrot, sur l’Algérie et les restrictions de circulation entre les deux pays et d’octroi de visas, aggravées il y a quatre jours par l’annonce par Paris de menaces de sanctions supplémentaires. Les tensions entre Paris et Alger se sont intensifiées ces derniers mois, notamment après le refus de l’Algérie d’accepter des ressortissants en situation irrégulière renvoyés par la France. Emmanuel Macron a insisté sur le fait que les accords de 1994, qui prévoient la reprise automatique des ressortissants algériens en situation irrégulière, doivent être «pleinement respectés». «Rien ne peut prévaloir sur la sécurité de nos compatriotes», a-t-il affirmé, tout en saluant la «coopération qui existe» entre les deux pays sur ce sujet. Le président français a par ailleurs tenu à clarifier la position de la France concernant les accords de 1968, qui confèrent un statut particulier aux Algériens pour leur séjour et leur emploi en France. «On ne va pas les dénoncer de manière unilatérale, ça n’a aucun sens», a-t-il affirmé, mettant ainsi fin aux spéculations qui ont agité le débat public en France ces dernières semaines. Cette déclaration intervient après que le Premier ministre François Bayrou a évoqué, mercredi, la possibilité d’une «dénonciation» des accords bilatéraux s’ils n’étaient pas réexaminés dans un délai d’«un mois, six semaines». Les tensions entre la France et l’Algérie ont été alimentées par des échanges virulents entre responsables des deux pays, notamment par le biais des médias. Le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau, en première ligne sur ce dossier, a multiplié les attaques verbales contre Alger, contribuant à une escalade des tensions. Emmanuel Macron a appelé à éviter ces «jeux politiques», soulignant l’importance de préserver une relation apaisée et constructive.
Alors que Retailleau et sa «bande» continuent d'attiser le feu de la haine. Macron veut-il l’apaisement?
- par B. Habib
- Le 01 Mars 2025
- 190 visites
