Le prix du gaz européen a chuté à son niveau le plus bas depuis deux mois, atteignant 42,80 euros le mégawattheure, soit une baisse de 3,37%. Cette diminution est attribuée à l'amélioration des réserves de gaz, suite à des températures plus clémentes, et à l'avancée des négociations pour un cessez-le-feu en Ukraine, après un appel entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Les analystes prévoient également une reprise partielle des exportations de gaz russe, ce qui influence les prix. De plus, les entreprises énergétiques allemandes demandent une réduction de l'objectif de stockage de gaz de l'UE, de 90% à 80%, pour éviter une nouvelle crise énergétique. Cependant, la Commission européenne a annoncé dans son Plan d’action pour une énergie abordable, publié mercredi, qu’elle envisageait d’investir dans des projets de gaz naturel liquéfié à l’étranger. Ceci dans le cadre de ses efforts pour réduire les prix records de l’énergie qui menacent la « position mondiale et la compétitivité internationale » de l’Union européenne. «Nos coûts énergétiques restent comparativement élevés, ce qui expose l’Europe à un risque réel de désindustrialisation et constitue une menace critique pour notre économie», a souligné la Commission. Le Plan de la Commission européenne vise à stabiliser le pouvoir d'achat dans l'UE en explorant des contrats à long terme pour les importations de gaz, afin de rendre les prix plus prévisibles. Il propose également des investissements dans les infrastructures d'exportation et des prêts préférentiels pour les importateurs de GNL, tout en soulignant la nécessité de réduire les coûts d'énergie pour les industries, dont les prix de l'électricité ont presque doublé en 2023 par rapport à 2014-2020. Les prix de l'électricité ont fortement augmenté pour les industries, et une partie des entreprises européennes, notamment en Allemagne, envisagent de délocaliser en raison des coûts énergétiques élevés. Parallèlement, l'UE accélère sa transition vers une économie neutre en carbone d'ici 2050, en favorisant les énergies renouvelables et l'énergie nucléaire. Suite à la fin de l'approvisionnement en gaz russe via l'Ukraine, l'Europe se tourne davantage vers les importations de GNL, atteignant des niveaux record en janvier et février 2025, principalement en provenance des États-Unis. La demande mondiale de gaz naturel devrait augmenter de 60% d’ici 2040, selon un rapport de Shell. Cette hausse est portée par la croissance économique en Asie (Chine et Inde en tête) et le rôle du gaz dans la transition énergétique, soutenu par l’intelligence artificielle (IA) pour réduire les émissions. L’Europe aura également besoin de GNL pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables, tandis que les infrastructures gazières pourraient être adaptées pour importer du bioGNL, du GNL synthétique ou de l’hydrogène vert. Cette dynamique mondiale ouvre des opportunités pour l’Algérie, l’un des principaux exportateurs de gaz naturel, qui pourrait renforcer sa position sur le marché international en répondant à cette demande croissante, notamment en Europe et en Asie.