Prix du pétrole, ça se discute à l’OPEP+

Selon Reuters, l'OPEP+ est actuellement en débat pour décider s'il faut augmenter la production de pétrole en avril comme prévu ou la maintenir au niveau actuel. Cette incertitude est due aux difficultés des membres à évaluer la situation mondiale de l'offre, notamment en raison des nouvelles sanctions américaines contre le Venezuela, l'Iran et la Russie. Huit sources anonymes au sein de l'OPEP+ ont confirmé ces discussions. L'OPEP+ prend généralement ses décisions un mois à l'avance pour permettre une allocation efficace du pétrole brut aux acheteurs. Cependant, pour la production d'avril, aucun consensus n'a encore été trouvé, et le groupe a jusqu'au 5-7 mars pour finaliser sa décision. Les Émirats arabes unis et la Russie sont favorables à une augmentation de la production, tandis que d'autres membres, comme l'Arabie saoudite, préfèrent un report. Le baril de pétrole a atteint des sommets en janvier, dépassant 82 en partie à cause des sanctions de l’administration Biden contre la Russie. Les prix ont depuis baissé à 73, portés par les espoirs d'un accord de paix entre la Russie et l'Ukraine sous l'administration Trump, qui pourrait relancer les exportations russes. Cependant, les projets de Trump visant à bloquer les exportations iraniennes et l'annulation de la licence de Chevron au Venezuela ont limité une baisse plus importante. Des analystes comme Morgan Stanley prévoient une prolongation des réductions, tandis que Helima Croft (RBC Capital Markets) estime que l'OPEP+ pourrait reporter l'augmentation jusqu'à fin 2025, en raison des incertitudes liées aux sanctions et aux tarifs. Les sources restent anonymes en raison de la sensibilité du sujet. Le prix du pétrole a été influencé par les récentes politiques de Donald Trump, notamment l'imposition de nouvelles sanctions sur le pétrole iranien et des droits de douane supplémentaires sur la Chine. En février, les prix ont baissé : le Brent a chuté de 4,25% par rapport à janvier, et le WTI de 4,66%. Malgré une légère hausse en début février, les prix restent sous pression. Les analystes prévoient une volatilité continue, mais estiment que les effets des sanctions et des tarifs seront globalement négatifs pour l'économie mondiale, ce qui pourrait exercer une pression à la baisse sur les prix du pétrole. Certains anticipent même une baisse possible à 60 dollars le baril en 2025, tandis que d'autres, comme Wood Mackenzie, prévoient un prix moyen du Brent autour de 73 dollars. La demande mondiale de pétrole devrait augmenter cette année, en particulier en Chine, mais la reprise lente de son économie pourrait limiter cette hausse.


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