Une équipe de chercheurs chinois, dirigée par la virologue Shi Zhengli, a découvert un nouveau coronavirus, nommé HKU5-CoV-2, chez des chauves-souris. Ce virus présente une caractéristique inquiétante : il pourrait potentiellement se transmettre à l'humain, rappelant les mécanismes du Sars-CoV-2, responsable de la pandémie de Covid-19. Le HKU5-CoV-2 appartient au sous-genre Merbecovirus, qui inclut également le virus responsable du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Mers-CoV) qui, lui, se transmet notamment des chameaux à l'humain par contact physique et à un taux de mortalité de 35 %, selon l'OMS. L'étude, publiée le 18 février dans la revue scientifique Cell, a été menée par plusieurs instituts chinois, dont le laboratoire de Guangzhou, l’académie des sciences de Guangzhou et l’Institut de virologie de Wuhan. Ce dernier est au cœur des débats depuis le début de la pandémie de Covid-19 en raison de son lien présumé avec les origines du virus. Cette découverte relance les craintes d'une possible nouvelle pandémie, bien que le risque de transmission à l'humain nécessite des recherches supplémentaires pour être confirmé. Shi Zhengli, surnommée la "femme chauve-souris" pour ses travaux sur les virus issus de ces animaux, continue d'étudier les risques liés aux coronavirus zoonotiques. Bien que la découverte du HKU5-CoV-2 chez les chauves-souris soulève des questions sur les risques de transmission à l'humain, il n'y a pas de raison immédiate de s'inquiéter. Aucun cas de transmission humaine n'a été signalé, et la capacité de ce virus à infecter les humains semble limitée pour l'instant. Cependant, cette découverte met en lumière l'importance de la surveillance des virus chez les animaux sauvages, en particulier les chauves-souris, qui hébergent une grande diversité de virus grâce à leur système immunitaire unique. Leur métabolisme élevé et leur température corporelle élevée due au vol créent un environnement qui force les virus à s'adapter, les rendant parfois plus résistants lorsqu'ils infectent d'autres espèces, y compris l'homme. Les régions comme l'Asie, l'Afrique et l'Amérique du Sud, où les contacts entre humains et faune sauvage sont fréquents, sont particulièrement surveillées. La pandémie de Covid-19 a démontré l'impact dévastateur qu'un virus animal peut avoir lorsqu'il franchit la barrière des espèces. Ainsi, une vigilance constante et des recherches approfondies sont essentielles pour anticiper et prévenir de futures pandémies.