Excès de consommation et gaspillage durant le Ramadhan. Des milliards dans les poubelles !

On a beau le dire et redire, le gaspillage des denrées alimentaires risque durant le prochain mois de Ramadhan d’atteindre des pics inquiétants si jamais une solution n’était pas apportée ou une vaste campagne de sensibilisation ne serait pas lancée. Connus pour être de grands gaspilleurs, les ménages algériens devront toutefois se montrer vigilants eu égard notamment aux prix chers de certains produits de consommation, ce serait un peu comme si on jetait notre argent dans les poubelles. Un milliard de repas finissent dans les poubelles durant le ramadhan. Sans aucun doute, le gaspillage alimentaire a pris de l’ampleur. Comment se débarrasser des produits alimentaires non consommés ou utilisés ? Quels sont les aliments les plus jetés par les ménages ? D’après une enquête menée par le CRRED, près d’un tiers (30%) de la nourriture consommée par les algériens finit dans les décharges sauvages et les poubelles. Faute d’une récupération à bon escient, les aliments achetés abusivement et non consommés durant le ramadhan trouvent directement leur droit chemin vers les trottoirs quand ce ne sont pas les poubelles. Excès de consommation, achats alambiqués et irréfléchis, frénésie, gaspillage… les ménages en sont devenus presque fous et accros même parfois. Le Ramadhan qui pointe est une opportunité offerte sur un plateau en or pour les organisations de protection des consommateurs de réitérer leurs appels à normaliser et optimiser la consommation journalière. Elles ont lancé une série de campagnes de sensibilisation à travers plusieurs wilayas du pays. Il s’agit d’une démarche renouvelée chaque année et qui aspire à encourager une consommation plus rationnelle des aliments les plus convoités comme le café, le pain, le lait, les fruits et les légumes, pour ne citer que ces produits achetés quotidiennement avec des quantités qui dépassent souvent tout entendement. Son objectif n’est autre que lutter contre le gaspillage excessif qui a connu une hausse significative ces dernières années se chiffrant à des milliards. Le gaspillage alimentaire connaît un pic alarmant durant le ramadhan a averti pour sa part l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Dans ce cadre, le responsable de la commission médiatique de l’organisation «Himayatec» a révélé au journal que l’organisation a mis en place un programme collaboratif avec le ministère concerné. Les autorités ont organisé plusieurs réunions à l’échelle nationale afin de préparer le marché pour le mois de Ramadhan. Parmi les mesures adoptées, l’ouverture de marchés de proximité vise à garantir un approvisionnement suffisant en produits de première nécessité, contribuant ainsi à la lutte contre la spéculation et à la stabilisation des prix. Selon le responsable, ces marchés offrent aux consommateurs des produits à des tarifs compétitifs, réduisant ainsi la pression sur le marché traditionnel et préservant le pouvoir d’achat des citoyens. Au-delà de la régulation des prix et de l’approvisionnement, ces marchés jouent également un rôle pédagogique. À travers des campagnes sur le terrain et via les médias, les organisations de protection des consommateurs incitent les citoyens à adopter un mode de consommation plus responsable. Les autorités mettent l’accent sur l’achat en quantités nécessaires et l’évitement du gaspillage alimentaire. La responsable a souligné que, bien que le Ramadhan soit un mois de spiritualité et de solidarité, il se caractérise aussi par une surconsommation excessive, notamment en produits alimentaires. Cette tendance engendre non seulement des pertes économiques mais aussi des conséquences néfastes sur la santé publique, avec une recrudescence des problèmes tels que l’obésité et les troubles digestifs. Face à ces défis, il appelle à une mobilisation collective impliquant aussi bien les producteurs que les consommateurs afin de soutenir ces initiatives. Adopter une consommation mesurée et éviter les achats impulsifs permettrait de garantir une meilleure distribution des produits sur le marché, d’éviter les pénuries et de réduire le gaspillage. Ainsi, ces campagnes de sensibilisation et ces marchés de proximité s’inscrivent dans une dynamique visant à concilier bien-être économique et responsabilité sociale durant cette période de forte consommation.


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