Histoire de Mostaganem et de ses environs. Les hauts faits d’armes de Mazagran
Par Y. Benguettat
(1ère partie)
Nous continuons notre visite. Après la ville de Mazagran, cette fois-ci ce sont les Hauts Faits d’Armes de Mazagran qui est le sujet de notre série hebdomadaire sur l’histoire de Mostaganem et de ses environs. Pourquoi avoir choisi ce sujet précisément ? Tout simplement parce que ce site est stratégique pour Mostaganem, et a vécu des périodes de guerres très intenses à différentes époques. Donc nous allons plonger dans le temps et retracer ce qui s’est passé. Mais avant tout il faut reprendre dans l’ordre chronologique historique de ce qui s’est passé et corriger les entorses faites à l’histoire. Nous sommes vers la fin des années 1400. Pour éclairer notre lecteur voici quelques repères historiques : Le premier c’est à partir de l’an 1465 la première vague de Maures et juifs Andalous persécutés par les Espagnols se sont réfugiés en Afrique du nord en Oranie (pour ce qui concerne notre sujet) dont Mostaganem et Mazagran. Vers la fin des années 1400, les Méhals établirent solidement leur autorité autour de Hammid-el-Abid. Il est vrai que quelques villes, Mostaganem, Mazagran, Mazouna, Ténès, qu’ils possédaient, leur obéissaient mais toutes les tribus Arabes et Berbères du Sahel, depuis Mostaganem jusqu’en dessous de Miliana, dans la Mitidja reconnaissaient leurs lois. Les progrès toujours croissants des successeurs de ce chef qui menaçaient d’anéantir entièrement la puissance des Beni-Zian, lorsqu’une grande et nouvelle révolution éclata dans le pays, et vint engloutir à la fois, et la puissance nouvelle des Mehals, et l’autorité chancelante des Beni-Zian. Après 8 siècles de présence, le royaume de grenade venait de tomber sous les coups d’Isabelle et de Ferdinand le dernier roi de grenade Abou-Abd-Allah s’était réfugié en Afrique du Nord. Un grand nombre de Maures, expulsés par des décrets de Ferdinand, avaient passé le détroit de Gibraltar (1499, 1e décret d’expulsion suivi du 2e décret en 1500). Plus de cent mille personnes ont fui vers les côtes de l’Afrique du nord et un bon nombre d’entre eux subirent les pires exactions: pillage et massacre. La deuxième et la troisième vague occupèrent le nord de l’Afrique y compris Mostaganem et Mazagran. Ces Andalous qui ont été expulsés se sont vengés en armant des bateaux et commencèrent à écumer les côtes espagnoles. Dont voici un extrait de HAMED TOUFIK EL MADANI (1492-1792).
La Guerre de Trois cent ans entre l’Algérie et l’Espagne
Voici un extrait : Saviez-vous que Mostaganem avait à cette époque une force navale ? «Les Mostaganémois étaient avant cela possesseur d’une force navale, ils avaient en 1505 une escadre composée de 12 bateaux corsaires montés par les émigrés Andalous des côtes, qui ont attaqué par vengeance contre les Espagnols, les villes de Valence, Elché, Alicante et les ont razzié». Le deuxième est d’E.Vernaz, le Vieux Mostaganem pages 7, 8, 9, 10, 11,12. C’est la capitulation de Mostaganem par les Espagnols en date du 26 Mai 1511. Et Mazagran est citée aussi comme partie contractante. Extrait : Elie de la Primaudaie. De l’histoire de l’occupation espagnole en Afrique (1506-1574) Documents officiels. Capitulation de Mostaganem «26 Mai 1511». (arch. De Simancas. Capitulaciones con Moros Légaho». Les Kaïd, marabout et cheikhs de Mostaganem et de Mazagran, ainsi que tous les habitants. Maures et Juifs, s’obligent à servir le roi et la reine, etc... Voilà comment les Espagnols ont voulu soumettre Mostaganem et Mazagran. Ce que nous pouvons dire à ce sujet, c’est le fait qu’à cette époque, il n’y avait pas de force militaire qui s’est opposée à l’armée espagnole et il n’y a pas eu de combat. Donc, le mot capitulation doit être corrigé. Cette page de l’histoire qui glorifie la prise de Mostaganem par les Espagnols en lui donnant le nom de capitulation répond à non point en douter, beaucoup plus à de la propagande militaire qu’autre chose.
***************************************************************
Invention improvisée vers 1840. Histoire du Café «Mazagran»
Par Charef Kassous
Le café Mazagran tient son nom de la forteresse de Mazagran, située près de Mostaganem en Algérie. Durant la conquête coloniale française de l'Algérie (débutée en 1830), les soldats français stationnés dans cette région d'Afrique du Nord durent s'adapter aux conditions locales. Confrontés à la chaleur et à la pénurie de lait, ils modifièrent leur habitude de café au lait en le remplaçant par du café fort mélangé à de l'eau froide, sucré et parfois agrémenté d'une touche de rhum ou de citron pour le rafraîchir. Cette invention improvisée, née vers 1840 lors de la bataille de Mazagran, devint rapidement populaire parmi les troupes. À leur retour en France, les soldats rapportèrent cette recette. Le café Mazagran se transforma alors en une boisson prisée dans les cafés parisiens dès la fin du XIXe siècle. Servi dans un verre haut (appelé "mazagran"), il était souvent accompagné d'un morceau de sucre, de citron ou de sirop. En Autriche, notamment à Vienne, il fut adapté avec de la glace et du citron, tandis qu'au Portugal, on y ajouta de l'«aguardente» (eau-de-vie locale). Cette variante portugaise, parfois nommée "mazagrão", témoigne de l'évolution régionale de la boisson. Le Mazagran original se compose de Café noir fort et chaud, refroidi à température ambiante ; Eau froide ou glaçons (pour dilution et fraîcheur ; Sucre, citron, ou alcool (rhum, cognac, ou aguardente selon les versions). Considéré comme l'un des ancêtres du café glacé, le Mazagran a inspiré des variations contemporaines, bien qu'il reste moins répandu que d'autres boissons caféinées. Aujourd'hui, il est revisité par les baristas, intégrant parfois des sirops, des zestes d'agrumes ou des spiritueux artisanaux. Son histoire reflète à la fois l'ingéniosité des soldats en milieu hostile et les échanges culturels issus de la colonisation, tout en marquant une étape clé dans la diversification des modes de consommation du café. Le café Mazagran incarne une fusion entre nécessité pratique et innovation culinaire, traversant les frontières et les époques pour s'imposer comme une curiosité historique et gastronomique. Son nom rappelle encore aujourd'hui un chapitre méconnu des échanges entre l'Algérie et l'Europe.
***************************************************************
C'est l'une des tribus qui se sont installées en Algérie. La tribu des Hashem, histoire et origines
Par Med Soltane
La tribu des Hashem est l'une des tribus ara-bes qui se sont installées en Algérie, notamment dans la région d'Oran et ses environs. Ses origines remontent aux Hilaliens ou aux Maqil, qui sont entrés en Afrique du Nord pendant la conquête islamique et les grandes migrations arabes, notamment au XIe siècle. Les origines de la tribu des Hashem se rattachent aux tribus des Banu Hilal ou des Banu Maqil, qui sont des Arabes venus de la péninsule arabique et qui se sont installés au Maghreb après l'appel des Fatimides à migrer pour affronter la dynastie ziride. La tribu des Hashem était connue pour son caractère bédouin et son activité pastorale et nomade avant de s'installer dans des régions agricoles plus tard. Rôle de la tribu dans l'histoire de l'Algérie Pendant la période ottomane, la tribu des Hashem était alliée aux beys d'Oran et a joué un rôle dans la défense de la région contre les Espagnols au XVIe siècle. Pendant la période de colonisation française, la tribu des Hashem était connue pour sa résistance précoce, et de nombreux membres de la tribu ont participé à la révolution algérienne pour l'indépendance. La tribu des Hashem s'est installée dans les régions d'Oran, de Mostaganem, de Mascara et de Relizane, où elle s'est engagée dans l'agriculture et le commerce. Malgré son intégration dans la société urbaine, certaines familles ont conservé leurs traditions anciennes. Rôle de la tribu dans l'histoire de l'Algérie pendant la période ottomane - La tribu des Hashem était alliée aux beys d'Oran, ce qui signifie qu'elle formait une alliance politique et militaire avec les gouverneurs ottomans d'Oran. - La tribu des Hashem a joué un rôle important dans la défense de la région contre les attaques espagnoles au XVIe siècle, ce qui reflète la force et la solidarité de la tribu face aux dangers extérieurs. Rôle de la tribu pendant la période de colonisation française - La tribu des Hashem était connue pour sa résistance précoce à la colonisation française, ce qui signifie qu'elle était parmi les premiers à résister à l'occupation française. - De nombreux membres de la tribu des Hashem ont participé à la révolution algérienne pour l'indépendance, ce qui reflète leur engagement pour obtenir l'indépendance et la liberté pour l'Algérie. En résumé, la tribu des Hashem a joué un rôle important dans l'histoire de l'Algérie, tant pendant la période othomane que pendant la période de colonisation française