L’Algérie leader en Afrique en matière d’intelligence artificielle, pourquoi pas ? Après les sciences mathématiques, l’Algérie place la barre très haut et mise dorénavant sur les incubateurs, la robotique, la cybersécurité et l’intelligence artificielle pour développer et moderniser son potentiel économique productif dans un contexte mondial qui demande célérité, qualité et performance. D’aucuns considèrent que l’intelligence artificielle est perçue comme un moteur de croissance de l’économie algérienne. Le gouvernement ambitionne d’ores et déjà sa contribution à hauteur de 7 % sur le PIB national algérien d’ici 2027. Un fonds d’investissement destiné aux Startups de la robotique et la cybersécurité est d’ores et déjà mis en œuvre. Plusieurs entreprises et sociétés algériennes de renom, comme Sonatrach, ont commencé à utiliser les technologies innovantes de l’intelligence artificielle pour développer et moderniser leurs activités, et par là même, fructifier leur rentabilité dans un contexte mondial qui exige la numérisation et la digitalisation des services et des prestations. Le lancement en novembre 2024 par Sonatrach d’un concours national de recrutement de postes dans l’IA, a été considéré comme un pas gigantesque franchi par l’Algérie et un fait inédit dans l’histoire de cette société historique d’hydrocarbures, d’autant plus que l’intelligence artificielle est aujourd’hui utilisée dans d’’autres secteurs clés d’activité économique et pas uniquement dans celui des hydrocarbures. A ce titre, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a affirmé, lundi à Alger, que son secteur ambitionne que l'intelligence artificielle (IA) atteigne une contribution de 7% au PIB de l'Algérie d'ici 2027, révélant que "Algérie Télécom" lancera un fonds d'investissement dédié aux startups spécialisées dans le domaine de l'Intelligence artificielle, de la cybersécurité et de la robotique. A l'ouverture de la 3e édition du Forum des technologies de l'information et de la communication "CTO Forum Algeria", en présence du ministre de l'Economie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, et de la Haut-commissaire à la numérisation avec rang de ministre, Mme Meriem Benmouloud, M. Zerrouki a précisé que la grande transition numérique mondiale impose à l'Algérie d'accélérer l'innovation. Le ministre s’est réjoui des efforts de l'Algérie en vue de renforcer sa position stratégique dans ce domaine, "grâce à la vision claire du président de la République, ayant permis la création de trois grandes universités dans l'intelligence artificielle, la robotique et les mathématiques". Il a également salué le rôle de la Commission nationale d'intelligence artificielle, qui a lancé récemment une stratégie nationale dans ce domaine, ainsi que celui des incubateurs d'affaires présents sur l'ensemble du territoire national. Il est tout à fait démontré que l’intelligence artificielle constitue à juste titre un levier sûr et certain de sécurité et de performance afin d’atteindre les objectifs tracés. Le ministre a évoqué les centres de formation "Scale Centers", qui seront inaugurés la semaine prochaine, visant à "lever toute ambiguïté auprès des jeunes concernant l'intelligence artificielle, la cybersécurité et le cloud computing, en dispensant une formation gratuite, tout au long de l'année, au profit des jeunes n'ayant pas suivi un cursus universitaire". A cette occasion, M. Zerrouki a révélé qu'Algérie Télécom lancera un fonds d'investissement dédié aux startups dans le domaine de l'IA, la cybersécurité et la robotique, pour un montant de 1,5 milliard de dinars, comme première étape. Cette démarche s'inscrit dans le cadre du soutien des startups pour encourager davantage ces initiatives et partant, "atteindre l'objectif de 20.000 startups dans les plus brefs délais". Par ailleurs, le ministre s'est dit fier des "étapes cruciales franchies par l'Algérie sous la conduite du président de la République", notamment avec le déploiement de l'internet par fibre optique sur une distance de 265.000 km, ainsi que la couverture totale en 4G de 1.400 sites, desservant des villages et des zones enclavées désormais dotés d'eau, de gaz, d'électricité et d'internet. Zerrouki a également indiqué que le programme de son secteur prévoyait la mise en place de 7.000 nouvelles stations 4G afin d'assurer une couverture nationale en 2025, ainsi que l'augmentation des débits sur l'ensemble des axes. Le ministre a par ailleurs, déploré que les classements internationaux "ne reflètent pas la position de l'Algérie en matière de vitesse de l'internet", affirmant que ces "classements ne correspondent pas aux investissements considérables consentis par l'Etat dans les infrastructures". Il a attribué cette situation au grand nombre de tests de vitesse réalisés par les Algériens sur diverses plateformes spécialisées, qui sont pris en compte dans ces classements, précisant que les Algériens effectuent près de 1,4 million de tests mensuels, majoritairement dans des zones à faible signal, contre 120.000 tests dans les pays voisins, ce qui entraîne "des données erronées" sur l'état de l'internet en Algérie. De son côté, le ministre de l'Economie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, a indiqué que l'IA, thème de la 3e édition du Forum, est au centre d'enjeux régionaux, de conflits stratégiques et de redéfinition de la carte du monde, dont l'Algérie ne peut rester en marge. Selon le ministre, ce domaine "n'est plus technologique seulement, mais plutôt économique et stratégique", appelant, par là-même, toutes les compétences algériennes, où qu'elles soient, à contribuer à l'économie nationale et ses décisions stratégiques".
Intelligence artificielle, cybersécurité et robotique. Algérie Télécom met la main à la poche
- par B. Habib
- Le 18 Février 2025
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