Le Carrefour de Mostaganem

Laiterie du Sahel. Pour répondre à la demande du mois de Ramadhan 2025

Par Y. Zahachi

962259-090225A l’approche du mois de Ramadhan 2025, prévu pour début mars, la Laiterie du «Sahel» de Mostaganem annonce une augmentation significative de sa production de lait pour répondre à la demande croissante des consommateurs. Soutenue par l’État, cette initiative vise à garantir une disponibilité optimale de lait et de produits laitiers pendant cette période de forte consommation. Selon M. Mohamed Djilali Fawzi, chef de service des affaires générales et intérimaire du directeur de la laiterie, la production quotidienne de lait reconstitué passera de 122 105 litres à environ 170 000 litres par jour pendant tout le mois de Ramadhan. Cette augmentation de près de 40 % est rendue possible grâce à l’octroi par l’État d’un quota de 50 tonnes de poudre de lait, destiné à soutenir la production et à répondre aux besoins des consommateurs. «Nous sommes pleinement mobilisés pour assurer une disponibilité suffisante de lait pendant le Ramadan, une période où la demande s’explique traditionnellement», a déclaré M. Fawzi. «Grâce au soutien de l’État et à la mobilisation de nos équipes, nous serons en mesure de répondre aux attentes des habitants de Mostaganem et des communes avoisinantes.» Pour accompagner cette hausse de production, la Laiterie du «Sahel» renforce également son dispositif de distribution. L’entreprise dispose déjà de quatre points de vente au détail et s’appuie sur un réseau de distributeurs conventionnés pour acheminer ses produits dans les 32 communes de la wilaya de Mostaganem. Cette organisation permet de garantir une livraison fluide et régulière de lait et de produits laitiers, même dans les zones les plus éloignées. «Notre objectif est de veiller à ce que chaque foyer ait accès à du lait de qualité pendant le Ramadan, quelle que soit sa localisation», a ajouté M. Fawzi. «Nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires pour optimiser la logistique et éviter toute rupture de stock». Cette initiative témoigne de l’engagement de la Laiterie du «Sahel» envers ses consommateurs. En anticipant les besoins liés au Ramadan, l’entreprise démontre sa capacité à s’adapter aux périodes de forte demande tout en maintenant des standards de qualité élevés. Le soutien de l’État, à travers l’octroi de quotas de poudre de lait, souligne par ailleurs l’importance stratégique de cette filière pour répondre aux besoins essentiels de la population. En conclusion, la Laiterie du «Sahel» se positionne comme un acteur clé de la sécurité alimentaire dans la région de Mostaganem. Avec une production renforcée, une distribution optimisée et un engagement sans faille envers ses clients, elle s’apprête à relever avec succès le défi du Ramadan 2025.C’est dire aussi que la Laiterie du «Sahel» est un acteur majeur de la production et de la distribution de lait et de produits laitiers dans la région. Engagée en faveur de la qualité et de la satisfaction des consommateurs, elle joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement local, notamment pendant les périodes de forte demande comme le Ramadhan.

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En 1961, en pleine guerre d’Algérie. Un certain Ramadhan des potaches au lycée Zerrouki

Par A. Aboub

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Le veilleur de nuit passe dans les dortoirs pour réveiller les élèves qui vont prendre dans quelques instants le repas du soir «Shour». Le cérémonial était bien huilé : tout se passait en silence car il ne fallait surtout pas réveiller les autres camarades qui dormaient à poings fermés. Pas de lumière, seules les veilleuses au plafond nous permettaient de circuler entre les lits. Une petite pression sur le pied suffisait généralement pour réveiller les concernés. Direction réfectoire. Il fallait descendre l’escalier sans raffut en colonnes par 2. Le couscous au lait était servi par des agents "indigènes" dirigés par le maestro «Ammi» Houcine avec son tarbouch légendaire. Du lait, quelques dattes et une tasse de café. Et nous voilà prêts pour une nouvelle journée de jeûne. Le décor est planté. La scène se passe en 1961, en pleine guerre d’Algérie, dans un lycée français où cohabitaient des élèves de 3 religions monothéistes et quelques athées. Nous sommes à Mostaganem au Lycée de garçons "René Basset", implanté en plein quartier européen, coincé entre "Beymouth" et "Saint- Jules. La journée commence à huit heures et se termine à 16 heures ou 17 heures en fonction de l’emploi du temps des classes. Les séances duraient une heure pleine. A midi, les jeûneurs avaient droit à une méridienne d’une heure pendant que nos camarades chrétiens et Israélites déjeunaient. Ça nous permettait de récupérer un peu, car il n’y avait pas d’emploi du temps aménagé. L’après-midi, après les cours, nous attendions le «Ftour» dans la cour ou en étude selon les jours. Pour passer le temps, on lisait beaucoup, tout y passait : de l’essai philosophique au polar ou aux BD, mais gare à l’œil vigilant des pions qui confisquaient certains bouquins. La sirène qui se trouvait au-dessus de l’établissement annonçait l’heure de la rupture du jeûne. Un coup de canon, tiré sur les hauteurs de la ville, résonnait également au loin. Au réfectoire, un bon repas nous attendait, avec dattes, lait et «hrira». Comme boisson, pas de limonade mais de «l’antésite» «ou coco mani» boisson à base de réglisse. Il faut dire que pour beaucoup d’entre nous qui venions des villages voisins ou de la campagne, les repas étaient plus que copieux. Pour ma part, c’était mon premier Ramadhan hors de chez moi. A 11 ans à peine, je me retrouvais potache, dans un univers cosmopolite au milieu de français que d’habitude on côtoyait de loin dans la rue. Mis à part les camarades de classe à l’école, quelques pieds noirs qui partageaient nos jeux et notre langue et quelques Israélites parmi les plus pauvres dont les parents étaient souvent artisans, notre horizon était limité. L’univers de l’internat gommait un peu ces différences car nous étions habillés de la même façon : blouse grise, souliers cirés et cravate de mise. Mais Le Ramadhan accentuait cette différence sans pour autant créer de tension entre les différents groupes. Laïcité oblige, pas de signes ostentatoires ni aucun lieu de culte dans l’enceinte de l’établissement. Quelques élèves se débrouillaient comme ils pouvaient pour faire leur prière, sans plus. On cohabitait jusque-là en toute harmonie jusqu’ à un certain 19 mars 1962. Mais cela est une autre histoire que l’Histoire se chargera de raconter.

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Histoire. Mazagran, toute une histoire
Par Y. Benguettat

Nous continuons notre visite. Après le Fort de Mazagran, cette fois-ci, c’est la ville de Mazagran qui est le sujet de notre série hebdomadaire sur l’histoire de Mostaganem et de ses environs. Pourquoi avoir choisi ce sujet précisément ? Parce qu’une partie de son histoire réelle a été oubliée, les traces et les éléments qui se trouvent sur le site nous permettent de retracer dans son ordre chronologique l'histoire de cette petite ville.
Nous nous sommes focalisés, cette fois-ci, sur l’histoire de Mazagran qui est intimement liée à celle de Mostaganem. Tout d’abord une question qui se pose d’elle-même : Le nom de Mazagran ? Pour cela, nous allons remonter le temps avec un des géographes qui est El Bakri, dans son livre intitulé «Livre des routes et royaumes» (Mu'jam ma ista'jam). Le livre est écrit en 1067- 8 à Cordoue, en Al-Andalousie. Manuscrit traduit, sur les écrits descriptifs sur la ville de Mostaganem et Mazagran qui remontent à Al-Bakri Géographe Abu Ubayd AbdAllah ibn Abd al-Aziz ibn Mu?ammad al-Bakri ou Abu Ubayd al-Bakri, géographe et historien arabe de l'Hispanie musulmane, est né en 1014 à Huelva. Fils de l'émir de la taïfa de Huelva et Saltes, al-Bakri a passé la majeure partie de sa vie à Cordoue où il est décédé en 1094.Voici le texte intégrale. Voyons ce qu’il dit : La ville de Mostaghanem, située dans le voisinage de la mer et à deux journées de Calâ Deloul, est entourée d’une muraille et possède plusieurs sources, jardins et moulins à eau. Le coton que l’on sème dans le territoire de cette ville fournit de beaux produits. L’embouchure du Chelif n’est pas loin de Mostaghanem. A l’occident de cette ville, à une distance d’environ trois milles se trouve Tamazaghran (Mazagran), ville murée, qui possède une mosquée djamê.
C’est ce texte qui a été modifié et diffusé officiellement par la collection des guides Joanne et repris jusqu’à ce jour par d’autres auteurs. Donc, en prenant en compte cet écrit, nous pouvons dire que le nom réel de Mazagran est Tamazaghran qui est un nom berbère. Nous avons un autre document qui nous renseigne sur un fait qui a complètement changé le nom de cette localité. Nous l’avons retrouvé dans la Revue Africaine publiée par la Société Historique Algérienne dans sa publication de sa soixante cinquième années LXV n°319 du 2e trimestre 1924. Voici un extrait : Une tribu appelée Krichtel du nom de son ancêtre Krichtel ben Mohammed ben Rached ben Mohammed ben Tabet ben Mndil ben Abderrahmane el Meghraoui, se trouve réduite au dernier degré de l’affaiblissement et forme une agglomération d’environ 90 huttes. Un autre extrait : Les Krichtel qui s'adonnent à la culture maraîchère et au commerce sont forts et redoutables en dépit de leur petit nombre. Ils habitaient originairement l'endroit où le Chelif se jette dans la Méditerranée (Sidi Belattar Pont du Chelif). Plus tard, ils se transportèrent à Tamzaghran (Mazagran) à l'ouest de Mostaganem et y restèrent un long espace de temps. Ce n’est que pendant la colonisation française avec la création d’un nouveau village en 1848 que le nom de Mazagran, appellation modifiée française, apparu en tant que commune rattachée à Mostaganem, située en contre bas de l’ancien site au nom de Tamazaghran, puis devenu Krichtel. Aujourd’hui, toute cette région avec ses nouvelles infrastructures modernes et son développement social lui permet de se hisser comme un atout du point de vue touristique avec ses Hôtels, ses plages, qui n’ont rien à envier aux autres communes de la Wilaya de Mostaganem, au niveau de la région Ouest, nationale et même à l’étranger.  

 

 


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