Ses déclarations sur Ghaza ont soulevé des réactions en chaîne dans le monde. Trump a-t-il toute sa tête?

Le monde est resté abasourdi après les dernières déclarations du président américain, Donald Trump. Son agressivité concernant le commerce, notamment en s'attaquant au Canada, la Chine et l'Union Européenne mais surtout en abordant la question palestinienne et la bande de Ghaza. Son soi-disant projet de «contrôler Ghaza et déplacer ses habitants» a soulevé hier une multitude de réactions et de condamnations, chez les Palestiniens bien sûr mais aussi à travers le monde alors que de délicates négociations devaient reprendre entre le Hamas et l'entité sioniste dont le premier ministre était à la maison blanche mardi. Pour le Hamas, le président américain veut «jeter de l'huile sur le feu» ajoutant que ses déclarations ne «contribueront pas à la stabilité» au Moyen-Orient. Pour sa part, le président palestinien, Mahmoud Abbas, ainsi que l'Egypte et plusieurs capitales occidentales ont dénoncé les déclarations américaines, jugées «dangereuses pour la stabilité» et «le processus de paix». Abbas a affirmé en réponse aux appels américains au déplacement des Palestiniens de Ghaza, «nous ne permettrons pas que soient bafoués les droits de notre peuple». Donald Trump a encore répété mardi que les habitants de Ghaza, en ruines après 15 mois de guerre, pourraient aller vivre en Jordanie ou en Egypte, malgré l'opposition de ces pays et des Palestiniens eux-mêmes. "Les Etats-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Ghaza", a-t-il dit au côté de M. Netanyahu, parlant du territoire palestinien comme d'un "chantier de démolition". Le président américain a affirmé que les Etats-Unis allaient "aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits", afin de développer économiquement le territoire. Il a parlé d'un projet "à long terme" et dit avoir parlé à d'autres pays dans la région qui ont "adoré" l'idée, répétant son vœu de faire de Ghaza la "Côte d'Azur du Moyen-Orient". Donald Trump avait déjà suscité l'indignation internationale en proposant de faire "tout simplement le ménage" dans la bande de Ghaza et de transférer ses habitants dans des lieux "plus sûrs" comme l'Egypte ou la Jordanie. Il doit recevoir dans la semaine le roi de Jordanie et s'est déjà entretenu au téléphone avec le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. L'Egypte, frontalière de Ghaza, a appelé mercredi l'Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, à reprendre le contrôle du territoire, d'où elle avait été chassée en 2007 quand le Hamas y a pris le pouvoir. Le Caire a également plaidé pour une reconstruction rapide, "sans que les Palestiniens quittent la bande de Ghaza". La Turquie a elle aussi jugé "inacceptable" le projet de déplacer la population de Ghaza. L'Arabie saoudite a affirmé qu'elle "poursuivra sans répit ses efforts pour un Etat palestinien" soulignant qu'elle "n'établira pas de relations diplomatiques avec Israël sans cela". Pour la France, l'avenir de Ghaza passe par "un futur Etat palestinien" et non par le contrôle "d'un pays tiers". Pour Londres, les Palestiniens doivent pouvoir "vivre et prospérer" à Ghaza et en Cisjordanie. Ghaza "appartient aux Palestiniens", a pour sa part répondu Berlin aux propos de Donald Trump.

Synthèse de B. L.


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