Intervenant à la veille du prochain mois de ramadhan, le 2ème recensement économique du produit national promet beaucoup. Quels objectifs de ce deuxième recensement ? Il permet de redéfinir la carte des produits de producteurs exerçant sur les circuits commerciaux et les marchés d’approvisionnement comme il contribue à l’émergence d’une banque de données nationale précise et exhaustive. Il s’agit à l’évidence d’un recensement de quantification des unités et entreprises de production nationales des secteurs privé et public mais aussi une délimitation et une corrélation des données du secteur de commerce intérieur qui ne néglige pas, bien entendu, les importateurs et les exportateurs. Dans ce cadre, le ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Tayeb Zitouni, a présidé, lundi à Sétif, le lancement officiel de la 2ème phase de l’opération de recensement économique du produit national.
Cette opération, placée sous le slogan "Recensement complet pour construire une économie nationale intégrée", intervient dans le cadre d’une vaste démarche dont l’objectif est l’élaboration d’une base de données nationale précise et exhaustive de toutes les activités économiques. L’objectif de ce recensement, dont la première phase avait été lancée le 7 mai 2023, consiste à définir avec exactitude les capacités nationales de production et d’élaborer un fichier national des différentes unités de production pour permettre, à la faveur de la numérisation, aux pouvoirs publics d'encadrer les importations, d'orienter les investissements et de les répartir judicieusement sur le territoire national dans l’optique, notamment, de créer des pôles industriels spécialisés. Tout compte fait et alors que l’Algérie enregistre des mutations profondes en matière de promotion des investissements et d’encouragement de la production locale et de la promotion du produit local, l’intérêt suscité par un tel recensement porte désormais sur l’exploration et l’exploitations de capacités de production nationale à travers notamment la collecte d’un fichier de données fiables et précises sur les différentes activités des créneaux diversifiés du secteur économique.
Il s’agirait éventuellement selon les experts d’identifier les contraintes auxquelles font face les opérateurs et les investisseurs, selon une approche dite inclusive et participative de manière à leur permettre d’activer dans un environnement plutôt sain et serein, qui prend en compte les préoccupations quotidiennes des citoyens et des consommateurs sur le premier plan. En marge de la cérémonie de lancement de l’opération, organisée au siège de la wilaya de Sétif, le ministre a rappelé, d’emblée, au cours d’un point de presse, qu’il s’agit en fait de la 3ème phase du recensement après celle de 2011 et de 2018, suivies de celle, expérimentale, lancée en mai 2023. "Nous ne pouvons pas, aujourd’hui, parler de régulation du marché, de détermination de notre production nationale brute ou de nos besoins nationaux sans l’élaboration, en exécution des directives du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, d’un plan de conduite de l’opération axé sur notre production nationale, sur la couverture de nos besoins en produits de large consommation et de produits manufacturés’’, a souligné M. Zitouni. Pour le ministre, l’Algérie dispose aujourd’hui d’un "tissu économique très important constitué de 186.000 entreprises nationales productrices, industrielles et de transformation parmi lesquelles 120.000 ont été dûment recensées, constituant une précieuse banque de données quant aux besoins et aux produits que nous consommons et ce, avec précision". "Si le président de la République a insisté sur l’élaboration d’un recensement économique des produits nationaux, qu’il s’agisse des produits agricoles dont le recensement a été effectué par le ministère concerné, ou des produits industriels et de transformation, c’est dans le but de déterminer avec précision les indices liés à notre consommation et de constituer une banque de données exhaustive’’, a encore indiqué M. Zitouni. Soulignant que le choix de la wilaya de Sétif pour le lancement de cette importante opération n’est pas fortuit, mais "s’explique par le fait qu’il s’agit de la seconde wilaya en termes économiques, après celle d’Alger, au plan de l’importance du tissu industriel, avec plus de 8.000 entreprises de production industrielle et de transformation rayonnant sur l’ensemble du territoire national".