A près de deux mois du mois de Ramadhan, période faste de grande consommation de volailles, le prix du poulet reste stable sur le marché. «Pourvu que ça dure», confie un consommateur, rencontré dans un marché de la capitale. Force, en effet, est de reconnaître que les prix des viandes blanches suscitent, depuis voilà plusieurs semaines, un engouement sans précédent notamment chez les consommateurs au revenu modeste ou limité. Ce produit qui fait l’objet d’une demande, somme toute, accrue, durant chaque Ramadhan, est disponible et à des prix accessibles. Il s’agit d’une baisse significative des prix, constatée dans toutes les régions du pays. De quoi de fait augurer des lendemains sans risque de flambées insupportables par les ménages. Le poulet est la tête d’affiche dans les marchés puisque le kilogramme, jadis proposé à plus de 520 DA, atteint aujourd’hui en moyenne 300 DA. Ce qui est désormais considéré largement abordable par les consommateurs. Mais, c’est à se demander, cependant, comment son prix en est arrivé à un niveau aussi bas ? Les spécialistes du commerce avouent que la démarche n’a pas été du tout facile. Il y a d’abord l’effet du discours du président de la République, Abdelmajid Tebboune, sur les opérateurs économiques et les fellahs et éleveurs, de faire en sorte de mettre à l’écoute des consommateurs puis la décision prise par l’Etat via son ministère de Commerce de créer des marchés de proximité afin de rapprocher les fournisseurs et autres producteurs aux consommateurs. Cette initiative a énormément séduit les citoyens parce qu’elle a enrayé les obstacles et les intermédiaires, ce qui a contribué à une chute sensible des prix de certains produits assimilés comme stratégiques et a, par la même, réglé les dysfonctionnements entre l’offre et la demande. D’ailleurs, cette nouvelle politique d’abondance de produits sur les marchés aura entraîné une baisse du prix du blanc de poulet qui est passée sous la barre des 500 DA, mardi dernier, dans certaines wilayas. La cuisse, quant à elle, est actuellement vendu à 210 DA le kilogramme. Il s’agit à vrai dire d’un prix « plancher » pour ce produit du reste très convoité par les Algériens durant l’été, le mois de Ramadhan et les fêtes religieuses, notamment souvent considéré comme une alternative plus économique à la viande rouge. Selon les experts du secteur avicole, cette baisse des prix est due à une régulation de la bourse aux volailles dans plusieurs régions, notamment à Oued Seguen dans la wilaya de Mila, un marché national de référence. Les producteurs de la wilaya de Sétif, réputée pour son élevage de volailles, s’alignent sur les prix fixés dans cette bourse. Un expert en élevage de volailles et production d’aliments à Sétif, explique que cette baisse est liée à une augmentation de l’offre et à une production abondante. En effet, le nombre de poules pondeuses a dépassé de loin les besoins du marché algérien. «Théoriquement, le marché algérien a besoin d’environ 06 millions de poules pondeuses, mais aujourd’hui, nous avons dépassé ce chiffre. Par conséquent, il y a une abondance de poussins, ce qui signifie une production nombreuse au moins pendant cet hiver et le printemps prochain», précise-t-il. Un boucher de Sétif confirme, pour sa part, que l’offre détermine les prix. Il souligne que leur marge bénéficiaire est fixe et qu’ils doivent s’adapter aux fluctuations imposées par les éleveurs. Par exemple, si jamais la baisse des prix du blanc de poulet réjouit les consommateurs et les détaillants, la situation est différente pour les éleveurs. Le secteur avicole a, en effet, besoin d’une meilleure organisation et d’un meilleur contrôle de la production. Par ailleurs, il faudrait mettre en place des mécanismes d’exportation pour écouler les surplus et éviter de pénaliser les producteurs, souligne l’expert. Si les prix sont actuellement bas, la question se pose de savoir si cette tendance se maintiendra pendant le mois de Ramadhan. Le même expert rassure les consommateurs en affirmant que les prix de la volaille ne devraient pas augmenter pendant le mois de Ramadhan car l’offre restera abondante, tout au long de l’année. Les éleveurs se sont bien préparés pour ce mois sacré. Un autre commerçant de la région de Ras El Oued, à Bordj Bou Arreridj, a remarqué que les consommateurs se tournaient de plus en plus vers la viande rouge importée, ce qui a entraîné une baisse de la demande pour la volaille. Un kilogramme de viande fraîche désossée est moins cher qu’une volaille de taille moyenne, ce qui a obligé les bouchers à baisser leurs prix. L’Office national des aliments de bétail (ONAB) a pris toutes les mesures nécessaires pour assurer la commercialisation de la volaille pendant le Ramadhan. Il n’y aura donc pas de pénurie, d’autant plus qu’il y a une abondance de poussins. Les producteurs ont tendance à augmenter leur production pendant le Ramadhan, ce qui devrait stabiliser les prix. Le kilogramme de volaille devrait même être inférieur à 300 DA.
Le poulet ne devrait pas augmenter pendant le Ramadhan. Pourquoi les prix ont baissé ?
- par B.kamel
- Le 24 Janvier 2025
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