Cours particuliers. Entre réalités et vides juridiques

La présidente de la Fédération nationale des parents d’élèves, Mme Djamila Khiar, a dénoncé énergiquement, après l'avalanche de critiques acerbes contre les ministères de l'Education et du Commerce, sur l'impérative urgence de l'arrêt des cours de rattrapage pour les élèves de différents cycles, même ceux du primaire. En effet, la Fédération propose à la tutelle et pour parer au vide juridique, l'ouverture des établissements scolaires après leurs fermetures, la journée après les cours ou les samedis ou mardis après-midi pour permettre aux enseignants qualifiés de donner des cours de soutien. La Fédération propose en outre que ces établissements soient gérés par des responsables administratifs en place, en concertation avec la Fédération nationale de parents d'élèves pour la fixation des prix des cours fixés pour les élèves désireux s'inscrire à ces cours de rattrapage ou carrément les cours particuliers. L'annulation des cours particuliers est devenue, hélas, une pratique courante dans les annales du secteur de l'éducation, en proie aux débrayages et aux années blanches et qui a suscité de l'indignation et du refus catégorique par les enseignants d'abord, les élèves et les parents d'élèves. Mme Djamila Khiar, dans son communiqué qu'elle nous a transmis, a dénoncé les appels à la grève et aux débrayages lancés via les réseaux sociaux par des parties hostiles, pour manipuler les élèves. Selon elle, la décision de mettre un cadre juridique à cette ancienne pratique est dictée par l'impératif de rendre à l'Ecole Algérienne, son statut et son plein pouvoir, loin des intrus mus par le gain facile, lit-on sur ce communiqué. En effet et dans cet avis qui nous a été transmis, Mme Djamila Khiar, présidente de la Fédération nationale des Associations de parents d'élèves, a énuméré les paramètres d'un arrêt de cette activité. Elle déplore cette tradition ancrée dans les annales du système éducatif, depuis une vingtaine d'années, suite à la prise d'otage de ce secteur par les différents syndicats autonomes. Pour la Fédération, ces cours se tiennent dans des endroits peu propices, en parfaite violation des lois en vigueur et ne répondent nullement aux normes et à cela, s'ajoutent la surcharge et l'exiguïté des lieux et surtout l'absence de conditions sanitaires pour les élèves. Le ministre de l'Education est resté ferme car, selon lui, "les recours en masse aux cours particuliers renseignent sur un mal au sein de l’école algérienne. La progression de ce «fléau» met en avant des lacunes dans l’enseignement distillé en classe", dit-il devant les élus, lors des questions-réponses. Par rapport au cadre juridique mais surtout au vide juridique, régissant cette activité des cours particuliers aux élèves de différents cycles, le ministère du Commerce vient de mettre un terme à ces dérapages. Le ministre du Commerce réitère la position de son Département. "Nous ne sommes pas contre les cours particuliers mais les établissements qui proposent ces cours, doivent en informer les services compétents et obtenir un code d’activité". Cependant, M. Tayeb Zitouni a précisé que " l’exercice d’une activité non déclarée est contraire à la loi". «Nous avons instruit ces établissements à se conformer à ce que stipule leur registre du commerce et à ce que prévoit la loi dans ce sens», précise-t-il. L’objectif de son Département n’est nullement d’interdire les cours particuliers, mais plutôt de s’assurer que toutes les activités des écoles soient conformes à la réglementation. Il poursuit concernant cette problématique qui a soulevé un tollé chez les élèves que «Nous avons pour prérogatives de contrôler ces entités et le contrôle de ces écoles privées qui enseignent les langues étrangères et visons à les maintenir dans un cadre légal». La Direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce intérieur vient d'exhorter les établissements d’enseignement de langues inscrits au registre du commerce sous le code 014-607 de se conformer strictement aux activités qui leur sont définies et de se limiter exclusivement à ces dernières. La Direction rappelle que «dans le cadre de la régulation des activités économiques et commerciales et pour garantir le respect des activités commerciales définies à chaque entreprise, toutes les écoles de langues inscrites au registre du commerce sont tenues de se conformer à l’activité définie dans leur registre du commerce, relative aux cours de langues, en s’y limitant exclusivement», note l’instruction des services de la répression des fraudes au ministère du Commerce. M. Tayeb Zitouni, ministre du Commerce, connait très bien cette problématique et il vient d'ordonner aux établissements «au strict respect des activités inscrites dans leurs registres du commerce». Pour le ministère, cette action vise à contrôler les conditions que «chaque entreprise doit remplir». Néanmoins, cette note a suscité de l’incompréhension chez les parents et une avalanche de critiques via la toile et les réseaux sociaux. Cette activité doit être ajoutée au registre du commerce et doit être déclarée pour être dans un cadre légal». Il y a lieu de rappeler que le phénomène des cours particulier a pris, ces dernières années, des proportions alarmantes d'où l'urgence d'y remédier surtout que certains ménages algériens sont dans l'incapacité de puiser dans leurs poches pour offrir des cours à leurs progénitures. Après le lycée et le collège, ce fléau s'est propagé pour atteindre, toute honte bue, le secteur primaire où des enfants de bas âge encore frais et innocents, tous fiers de rejoindre les bancs de l'école, sont manipulés pour recevoir des cours de soutien.


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