Les Collectivités locales, un trait d'union entre l'Etat et le citoyen. «Le socle de l'Etat»

Une nouvelle vision sur la gestion par les collectivités locales, des principales aspirations des citoyens, est en vue. Le président algérien insiste pour dire que «nous sommes au service du peuple, du président au simple fonctionnaire à l’échelle locale». Dans ce sillage et joignant les décisions par les actes, le président de la République, Abdelmajid Tebboune, a ordonné de nouvelles mesures afin de conforter et renforcer les missions stratégiques des collectivités locales, en leur renforçant les prérogatives pour mieux répondre et améliorer la prise en charge des besoins et des préoccupations majeures des populations aussi bien dans les communes que dans les wilayas du pays. La première mesure est qu’il sera désormais d’équité et d’égalité entre toutes les communes sans exception. Il n’y aura plus de commune riche ou de commune pauvre ou moins favorisée. La décision a été prise afin de mettre toutes les communes sur le même pied d’égalité concernant notamment la distribution et l’accès aux financements nécessaires aux projets du développement local, le partage de la richesse et la dynamique du développement qui s’y fait régulièrement. Mais, il s’agit de réviser les codes, communal et de wilaya, et conférer plus de prérogatives aux responsables locaux et aux élus particulièrement. Ce n’est pas tout puisque cette révision tant attendue des codes est « en profondeur » selon le président algérien. Mieux, les nouveaux codes permettront de décharger les communes de la gestion de certaines opérations ou infrastructures. Tout compte fait, plusieurs communes du pays souffraient, dans un passé récent, de financements adéquats pour lancer et concrétiser certaines opérations comme les cantines scolaires. C’est dans l’optique de soulager des communes présentées comme étant moins nanties financièrement qu’il a été décidé de leur réduire les charges leur permettant de souffler, en adéquation avec les budgets qui leur sont périodiquement alloués comme les PCD, d’une manière aussi de  leur assurer une certaine autonomie et une stabilité sans qu’elles en aient à faire appel à outrance et à répétition aux autres financements comme les FCCL ou les budgets de wilaya. L’autre décision concerne la proposition de doter le P.APW de la qualité d’« Ordonnateur ». Cette qualité est attribuée jusqu’ici au P.APC. Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a affirmé, mardi à Alger, que les collectivités locales constituaient le socle de l'Etat. Dans une allocution prononcée à l'ouverture des travaux de la rencontre Gouvernement-walis, tenue au Palais des Nations (Club des Pins) sous le thème "Collectivités locales: locomotive du développement national", le président de la République a précisé que les collectivités locales constituaient "le trait d'union entre l'Etat et le citoyen" et "le socle de l'Etat". Le président de la République a souligné qu'"il est temps, plusieurs décennies après l'indépendance, de réviser les codes, communal et de wilaya, pour qu'ils puissent concrétiser la volonté du peuple au niveau local". "Il y a une révision en profondeur du code en termes de prérogatives, de moyens alloués et de classifications des communes" qui a pour objectif d'"instaurer un équilibre financier et économique entre les communes riches et celles moins favorisées", a-t-il fait savoir, précisant que "la gestion de certaines infrastructures sera confiée à l'Etat au lieu des communes, pour ne pas les accabler financièrement". "Il n'y a pas d'inconvénient à ce que les communes délèguent à des entreprises locales certains services publics comme le domaine de l'hygiène, en trouvant des mécanismes juridiques pour demander des comptes sur les performances", a affirmé le président de la République. Et d'ajouter: "Nous avons proposé dans la nouvelle version du code de conférer au président de l'Assemblée populaire de wilaya (APW), la qualité d'ordonnateur afin que l'élu local soit un responsable investi des pleines prérogatives". Il a, par ailleurs, rappelé que "plus de 6,5 millions d'Algériens ont été touchés par les réformes dans les zones d'ombre", soulignant que "certains responsables que nous avons démis, estimaient que le développement des zones d'ombre ne relevait pas de leurs prérogatives". "Il faut que vous sachiez que nous sommes au service du peuple, du président au plus simple fonctionnaire public", a insisté le président de la République. "Nous protégerons ce pays dont le peuple a le sang des Chouhada dans les veines. Il se leurre celui qui croit que l'Algérie est une proie dont on peut s'emparer avec un +hashtag+", a-t-il averti. Le président de la République a également insisté sur l'impératif de "parachever les travaux des façades des constructions inachevées" et de "trouver des formules juridiques pour financer le parachèvement des constructions des citoyens", préconisant de "trouver des formules pour l'octroi de foncier aux artisans dans des zones dédiées pour la création de petites activités professionnelles". Le président de la République a aussi appelé tous les responsables locaux à "respecter le système administratif de réception des citoyens, notamment les jeunes, pour écouter leurs préoccupations". A cette occasion, le président de la République a réaffirmé que "les walis sont protégés, tout en tenant compte des erreurs administratives qu'ils peuvent commettre tant qu'il ne s'agit pas de corruption". "Nous sommes au courant des résidus de la Issaba qui menacent les walis et les responsables locaux, en utilisant des relais pour les dissuader d'accomplir leurs missions", a-t-il dit.


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