Comment agir en périodes des pics de consommation et de décalage entre l’offre et la demande? Quels mécanismes compte introduire l’Etat pour garantir l’équité et la transparence sur le marché? L’action primordiale prise consiste à remonter jusqu’à la source de l’activité des commerçants, c’est-à-dire l’importation. Du nouveau en effet pour les importations et l’activité de la revente en l’état en Algérie. De nouvelles mesures sont en effet instituées à l’endroit des importateurs et autres opérateurs économiques versant dans l’activité de la revente en l’état. En plus du fait que ces opérateurs soient habituellement et en de telle circonstance, tenus de se conformer au cahier de charges, ils doivent également respecter les délais de communication de leurs ventes et de leurs stocks en produits pour garantir la stabilité du marché de la consommation et éventuellement éviter des perturbations en matière de disponibilité des produits sur les marchés. Le nouveau plan «Zitouni» va-t-il donner ses fruits? Tout porte à le croire si l’on en juge par les succès notables des expériences précédentes, particulièrement concernant la lutte contre les spéculations. Il est admis que le Ramadhan est le mois de l’année où le risque de prix anormaux et les excès de zèle des commerçants qui recourent aux pratiques illicites, deviennent palpables et pas évidents. C’est le mois de l’année où le consommateur lambda espère encore davantage une clémence des prix et une disponibilité permanente sur les marchés des produits alimentaires. Force est de reconnaître que le phénomène a connu des proportions inquiétantes ces dernières années au point où l’Etat a été obligé de durcir le ton et prendre des mesures draconiennes pour réguler les prix sur les marchés et par là même, prendre des mesures sévères contre les spéculateurs et les fraudeurs, conformément à la législation qui interdit les pratiques commerciales illicites et frauduleuses. Le Département du Commerce vient d’agir une nouvelle fois à travers des mécanismes de régulation des pratiques des opérateurs économiques, spécialisés dans l’importation. Tout compte fait et à la veille de chaque mois de Ramadhan, des opérateurs économiques et des commerçants se frottent les mains, cherchant à sous-déclarer leurs ventes et leurs stocks en produits de nécessité. Certains de ces opérateurs rechignent parfois à déclarer leurs états de vente et de stock, ce qui constitue une infraction à la réglementation en vigueur. Dorénavant, ils devraient plutôt prendre leurs dispositions afin de communiquer périodiquement et dans la transparence totale, leurs statistiques sur leurs ventes et leurs stocks au risque de s’exposer au retrait de l’attestation de conformité, pour ce qui est notamment des importateurs qui font la revente en l’état. Le ministère du Commerce intérieur a annoncé de nouvelles mesures strictes visant les opérateurs économiques n’ayant pas déclaré leurs statistiques sur l’état des ventes et des stocks pour le premier semestre 2024. Cette initiative s’inscrit dans les efforts du ministère pour garantir la transparence et maintenir la stabilité du marché national, notamment à l’approche du mois de Ramadhan. Selon un communiqué du ministère, le ministre du Commerce, Tayeb Zitouni, a ordonné le retrait de l’attestation de conformité aux opérateurs économiques actifs dans l’importation pour revente en l’état, qui n’ont pas respecté l’obligation de dépôt des rapports sur les ventes et les stocks dans les délais impartis, étant donné que cette attestation est une condition essentielle pour exercer des activités d’importation. Le Département du Commerce veut ainsi asséner une «main de fer» à l’activité de la revente en l’état, de manière à réduire certaines importations qui sont parfois inutiles et coûteuses pour le Trésor de l’Etat. Les autorités supérieures du commerce signalent ainsi un durcissement des contrôles à l’égard des contrevenants. Cependant, des exceptions ont été prévues pour les opérateurs ayant respecté les délais de dépôt des données requises. Ces mesures d’exclusion concernent également les importateurs de produits de première nécessité tels que les bananes, la viande, le lait infantile, le café, la levure, les fruits secs et les épices. Le ministère a précisé que ces exceptions visent à préserver l’approvisionnement du marché national, en particulier durant le mois de Ramadhan, période marquée par une forte demande sur les produits de base. L’application de ces exceptions sera soumise à l’évaluation de l’administration centrale, témoignant de la volonté des autorités de concilier rigueur envers les contrevenants et continuité de l’approvisionnement. Ces nouvelles mesures visent à assurer un équilibre entre l’offre et la demande, surtout en période de pic comme le mois de Ramadhan. Elles devraient contribuer à renforcer la transparence, à lutter contre les pratiques monopolistiques et à garantir aux citoyens un accès régulier aux produits essentiels, à des prix raisonnables et de qualité. Le ministère a également insisté sur l’importance de la coopération des opérateurs économiques avec les autorités compétentes. Il a rappelé que la déclaration régulière des statistiques est à la fois une obligation légale et une responsabilité morale qui contribuent à la protection du consommateur et à la stabilité du marché. Avec ces nouvelles mesures, le ministère du Commerce réaffirme sa détermination à appliquer des sanctions fermes aux opérateurs non conformes. Le retrait de l’attestation de conformité constitue un avertissement pour les opérateurs négligents, tout en renforçant les efforts du gouvernement pour réguler le marché et instaurer une concurrence équitable entre les différents acteurs. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie globale visant à protéger l’économie nationale et à garantir un environnement économique stable où les consommateurs restent au cœur des préoccupations des politiques publiques.
Des mesures strictes pour la stabilité du marché. Le plan «Zitouni» pour le Ramadhan
- par B. Habib
- Le 22 Décembre 2024
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