Depuis le début de la guerre en Ukraine, le prix du gaz en Europe est trois à cinq fois plus élevé qu’aux États-Unis, affectant gravement le secteur industriel. La Russie, autrefois principal fournisseur avec 35 % du marché européen, a vu ses parts diminuer, cédant la place à la Norvège, aux États-Unis et au Qatar. Vladimir Poutine a annoncé qu’aucun nouvel accord de transit gazier avec l’Ukraine ne serait conclu, mettant fin aux livraisons de gaz russe via ce pays. «Il n'y aura pas de contrat, c'est clair», a-t-il déclaré, affirmant que la Russie et Gazprom «se débrouilleront malgré cette perte ». De son côté, Volodymyr Zelenskiy a réitéré son opposition à tout renouvellement du transit de gaz russe via l’Ukraine, tout en proposant une exception: fournir du gaz à condition qu’il ne soit pas remboursé à la Russie avant la fin de la guerre. Il a également suggéré d’utiliser les infrastructures ukrainiennes pour transporter du gaz non russe vers l’Europe, à condition d’avoir des garanties contre le transit de gaz ré-étiqueté. La Commission européenne assure, quant à elle, que les pays concernés par l’expiration du contrat auront accès à d’autres sources d’approvisionnement. Dans ce contexte, les stocks de gaz aux États-Unis ont diminué de 3,54 milliards de mètres cubes la semaine dernière, une baisse légèrement au-dessus des 3,48 milliards attendus, mais inférieure à la réduction de 5,38 milliards enregistrée la semaine précédente. Malgré cette baisse, les stocks restent à 566 millions de mètres cubes au-dessus du niveau de l’année précédente et 3,74 milliards au-dessus de la moyenne quinquennale. Parallèlement, l’Algérie est devenue le principal fournisseur de gaz de l’Union européenne en octobre 2023, couvrant 21,6% des importations, devant la Russie. Grâce à ses gazoducs Medgaz et Transmed, les exportations algériennes ont atteint 1,3 milliard d’euros, notamment avec une part de 46% des importations espagnoles en novembre. Pour répondre à la demande croissante de l’Europe et réduire sa dépendance au gaz russe, l’Algérie prévoit d’investir 50 milliards de dollars d’ici 2028, visant une production annuelle de 200 milliards de mètres cubes grâce à des projets tels que Boosting Hassi R’Mel.