Salons, centres ou instituts de beauté. Quand le rêve devient cauchemar!

Chez la femme, vouloir changer de look, transformer ses lèvres et le physique n’est pas exempt de risques. Des affaires récurrentes d’atteinte au bien-être ont fini par réveiller la conscience des acteurs et des professionnels de la beauté et des salons de coiffure. Il s’agit d’une activité en plein essor et en prolifération mais qui doit rester, tout de même, sous haut contrôle, au vu des dépassements, recommandent des experts.
Ce métier, dédié en premier lieu à la femme, a certes connu une expansion terrible et frénétique dans les grandes villes, devant la demande alléchante des clients sauf que ces derniers ne semblent pas souvent se soucier des règles à suivre, ni des risques multiples de recours exagérés et abusifs vers certains salons ou établissements improvisés en lieux de beauté. Voulant tirer la sonnette d’alarme sur une pratique monnaie courante «à risques », des associations de protection des consommateurs et des professionnels ont récemment mis en garde contre ce retour en force des salons de soins corporels et des centres de beauté dont les activités engendrent des incidents graves. En effet, des établissements sont souvent improvisés dans des logements et locaux non agréés, transformés en salons de coiffure ou de beauté ou souvent les deux à la fois, une manière de diversifier leurs activités et par là même, fructifier leur revenu. Il est vrai que de tels établissements captent aujourd’hui une clientèle majoritairement féminine, rêvant d’exploits de transformations esthétiques du visage, des mains, de la peau etc…, mais en réalité, ce travail s’effectue sans les précautions nécessaires comme les analyses préalables ou un bilan qui est partie intégrante de la prestation. Ce que veut cette clientèle, c’est un traitement rapide et accéléré souvent au prix fort déboursé, pourvu qu’elle réapparaisse belle et métamorphosée, peu importe le produit chimique qui leur est inculqué. Il s’agit parfois d’un rêve qui se transforme vite en un vrai cauchemar avec des dégâts, contusions ou brûlures irréparables.
La cadence avec laquelle évolue aujourd’hui ce nouveau filon d’or, serait aidée et favorisée par la myriade des vidéos et autres spots publicitaires sur les réseaux sociaux. Ce qui n’est pas sans attirer des femmes et des curieuses, espérant changer de look. Ce qu’on ne sait pas, c’est que certains de ces centres opèrent dans la clandestinité et en toute impunité en cas d’utilisation de produits chimiques non homologués et non analysés à des techniques dangereuses. Les responsables importent souvent illégalement d’Europe des substances telles que des crèmes, des médicaments ou même des injections, sans contrôle de qualité ni autorisation. De plus, les praticiens n’ont généralement que des formations sommaires et non approfondies, augmentant les risques pour leurs clientes. Un des cas les plus choquants rapportés à l’Association concerne une femme d’une trentaine d’années qui a fréquenté un salon à Plateau, Oran. Ce centre proposait une technique extrême utilisant du feu: un chiffon imbibé d’alcool était enflammé pour éliminer les graisses et les poils. L’opération s’est soldée par des brûlures au troisième degré, plongeant la victime dans une grande détresse physique et psychologique. Une plainte a été déposée contre la propriétaire du salon et l’affaire est en cours d’instruction. Les pratiques de ces salons violent clairement le cadre légal en vigueur. L’article 5 du décret exécutif n° 12-203 du 6 mai 2012 interdit formellement les activités médicales et pharmaceutiques dans les salons de beauté et de coiffure. Ces établissements ne peuvent en aucun cas effectuer des diagnostics, utiliser des produits médicaux ou encore réaliser des interventions chirurgicales. Les contrevenants s’exposent à des sanctions lourdes. L’Association de protection des consommateurs appelle les autorités à renforcer les contrôles sur ces établissements et incite les consommateurs à être extrêmement vigilants. Pour les victimes, la dénonciation reste une étape cruciale pour faire valoir leurs droits et prévenir de nouveaux drames. Face à cette situation, il devient urgent de sensibiliser les clients aux dangers que représentent ces pratiques illicites.


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